
Le 20 avril 2026, le régime théocratique iranien exécute deux membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) à la prison centrale de Karaj : Hamed Validi, ingénieur civil de 45 ans, et Mohammad (Nima) Masoum Shahi, technicien de 38 ans. L’agence de presse officielle du pouvoir judiciaire, Mizan News Agency, annonce les pendaisons et décrit les hommes comme des « membres d’un réseau d’espionnage » condamnés pour moharebeh (guerre contre Dieu), ainsi que pour « coopération avec des groupes hostiles », « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et appartenance à une organisation criminelle. L’agence de presse Tasnim, proche des Gardiens de la révolution, a repris ces accusations en des termes quasi identiques, affirmant que les deux individus avaient maintenu des contacts « via le cyberespace » et reçu une formation à l’étranger avant de planifier des actions en Iran.
Pour une République démocratique en Iran
Le Front « ni chah ni mollahs » est indispensable au renversement du fascisme religieuxNous avons la vision qu'avec le renversement du fascisme religieux par le peuple et sa résistance organisée, l'Iran deviendra un foyer de paix et de… pic.twitter.com/wEtaOl2UIX
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 20 avril 2026
Ces accusations suivent un schéma précis que le régime a appliqué à d’autres membres de l’OMPI. Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a documenté cette même tactique dans sa déclaration du 27 septembre 2025, avertissant que le système judiciaire de la province d’Alborz préparait des condamnations à mort en « associant faussement » des prisonniers à de l’espionnage étranger sur la seule base de leur appartenance connue à l’OMPI. Le CNRI avait transmis les noms de Validi, Masoum Shahi et deux autres personnes aux Nations Unies et aux organisations internationales de défense des droits humains en mai 2025, précisément pour prévenir cette fabrication de toutes pièces.
Une chronologie qui révèle le prétexte
La chronologie à elle seule réfute l’accusation d’espionnage. Validi et Masoum Shahi ont été arrêtés le 13 mai 2025, bien avant tout conflit régional invoqué ultérieurement par le régime. Leurs cas avaient déjà été rendus publics par la Résistance iranienne plusieurs mois auparavant. Le pouvoir judiciaire a attendu septembre 2025 pour prononcer les condamnations à mort et ne les a exécutées qu’en avril 2026, après près d’un an de détention. Cette chronologie est incompatible avec la découverte d’agents étrangers actifs ; elle correspond à la pratique courante du régime consistant à instrumentaliser les affaires politiques sous couvert de sécurité nationale pour justifier l’élimination des dissidents organisés.
À l’aube de ce 20 avril en Iran, les Moudjahidine du peuple Hamed Validi et Nima Massoum Shahi ont été pendus par le régime des mollahs à la prison centrale de Karadj. Ils ont ainsi rejoint les rangs des Moudjahidine du peuple valeureux tombés martyrs ce mois-ci, exécutés par la… pic.twitter.com/HHXwhdamPC
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 20 avril 2026
Dans sa déclaration de septembre 2025, le CNRI a qualifié la procédure de « mascarade et de tribunal d’exception », soulignant que le seul « élément de preuve » avancé était les liens de longue date des prisonniers avec l’OMPI. Aucune vérification indépendante de ces contacts étrangers n’a jamais été présentée, hormis les affirmations des médias du régime.
La réaction sociale manifeste
La peur du régime face à la résistance organisée est devenue indéniable dans les semaines précédant ces exécutions. Entre fin mars et début avril 2026, les autorités ont pendu au moins six autres membres de l’OMPI pour des accusations similaires. Chacun avait enregistré des messages vidéo ou des lettres depuis sa prison, réaffirmant son engagement envers la Résistance et rejetant les demandes d’y renoncer. Ces derniers témoignages ont largement circulé en Iran et au sein de la diaspora, contredisant directement l’affirmation de longue date du régime selon laquelle l’OMPI ne dispose d’« aucune base populaire ».
À plusieurs reprises en 2025, Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a montré des images et annoncé les noms de ces héros. Sensibiliser l’opinion publique et appeler à une action internationale pour sauver leurs vies. La réaction du public à l’intérieur du pays – rassemblements discrets, graffitis de défi des Unités de Résistance et reprise des activités malgré un dispositif de sécurité renforcé – a démontré que chaque exécution amplifiait, au lieu de réduire au silence, l’influence de l’opposition. Le discours du régime, vieux de plusieurs décennies, s’est effondré sous le poids d’une forte résonance nationale.
Des mois de coercition infructueuse
Les archives judiciaires et des sources au sein de la résistance confirment que Validi et Masoum Shahi ont subi des mois de pressions intenses en prison. Leurs interrogateurs exigeaient des repentances publiques, une renonciation télévisée à l’OMPI et des aveux mis en scène pour les dissocier la résistance. Les hommes ont refusé. Ce n’est qu’après leur exécution que les médias d’État ont pleinement adopté la thèse de l’espionnage étranger, inondant les médias d’allégations de contacts cryptés et d’entraînements externes. Ce revirement révèle le but de la propagande : lorsque la coercition physique et psychologique n’a pas permis d’obtenir une capitulation idéologique, la diffamation des morts est devenue le recours.
Briefing au Sénat des Etats-Unis – Iran : vers la paix et la liberté
Aujourd'hui plus que jamais, une question fondamentale se pose à nous : Quelle est la véritable solution à la crise en Iran ? La solution à la crise en Iran réside dans son peuple et sa résistance organisée.… pic.twitter.com/2C5cnua4uM— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 16 avril 2026
Le message vidéo d’Hamed Validi avant son arrestation, diffusé par la chaîne de télévision Simay Azadi, met en lumière la supercherie. Enregistré en mars 2025 – avant que toute allégation d’espionnage ne soit formulée –, il déclarait : « Notre engagement est de maintenir nos frontières infranchissables : nous dresser contre le Shah et le Cheikh.» La date et le contenu contredisent directement toute allégation ultérieure de recrutement étranger.
Double Objectif de la Propagande
Le régime déploie deux mensonges imbriqués. Premièrement, il qualifie les membres engagés de l’OMPI d’espions étrangers afin de présenter les exécutions politiques comme des actes de défense nationale. Deuxièmement, il insiste sur le fait que la Résistance ne bénéficie d’aucun soutien populaire, espérant ainsi l’isoler de la société iranienne. Ces deux affirmations sont contredites par les mêmes preuves : le refus des prisonniers de céder sous la torture, leurs déclarations de loyauté avant leur arrestation et la forte réaction de l’opinion publique aux exécutions précédentes. Lorsque les Iraniens ordinaires réagissent aux images et aux paroles de la propagande… L’affirmation selon laquelle les membres de l’OMPI n’ont pas de base populaire, exécutés avec solidarité plutôt qu’avec indifférence, perd toute crédibilité.
Il ne s’agit pas de spéculations. Ce schéma se répète d’un cas à l’autre. Le comportement même du régime – arrêter des affiliés connus de l’OMPI, les soumettre à des interrogatoires prolongés sans obtenir de rétractation, puis les exécuter et les qualifier a posteriori de traîtres – révèle que la propagande est un outil de gestion des coûts politiques plutôt qu’un reflet de la réalité.
Leçons de l’histoire iranienne
Les journalistes et analystes indépendants ont le devoir d’examiner ces affirmations sans les amplifier. Toutes les dictatures de l’histoire, et particulièrement celles de l’Iran moderne, ont eu recours aux mêmes instruments : la répression et le contrôle du récit. La SAVAK du Shah accusait autrefois ses opposants de collusion avec l’étranger pour justifier la répression, assimilant la monarchie à la « nation » et traitant les patriotes de traîtres. Le régime actuel ne fait que moderniser le discours. En discréditant ses véritables opposants en les présentant comme des agents de puissances hostiles, il tente d’effacer la distinction entre l’État et le peuple qu’il gouverne.
Iran : Exécution du commandant Hamed Validi et de Mohammad (Nima) Massoum Shahi, valeureux membres des unités de résistance des Moudjahidine du peuple https://t.co/JUTKgsLK9X
— Afchine Alavi (@afchine_alavi) 20 avril 2026
Les exécutions de Validi et Masoum Shahi, à l’instar de celles qui les ont précédées, ne relèvent pas du contre-espionnage. Elles découlent de la reconnaissance par le régime de l’existence d’une résistance organisée et idéologiquement cohérente au sein de la société iranienne. Chaque fois que les derniers mots d’un membre de l’OMPI sont rendus publics, la propagande fondatrice – selon laquelle la seule alternative au pouvoir clérical est le chaos ou la trahison – est mise à nu. Le peuple iranien observe, se souvient et refuse d’accepter la version officielle. Le reste du monde devrait en faire autant.

