mercredi, février 8, 2023
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Iran : La fin d’une politique erronée

Marc ReymannPar Marc Reymann, député du Bas-Rhin

Dernières Nouvelles d’Alsace, 22 fév – L’Iran s’efforce de se doter de l’arme nucléaire. Cela suppose depuis de nombreuses années une intense succession de mensonges et de dissimulations : les explications de Marc Reymann (*), député UMP du Bas-Rhin.

La troïka européenne s’est enfin décidée à travailler avec les Américains, les Russes et les Chinois afin de coordonner une politique plus efficace. En dépit des tergiversations russes et chinoises, une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU est justifiée.

D’après les experts et services de renseignements, l’Iran possède les moyens nécessaires pour fabriquer une arme nucléaire. Selon les estimations les plus prudentes, l’Iran possède suffisamment de l’UF6, hexafluorure d’uranium, pour obtenir au moins 30 kg d’uranium enrichi. La bombe qui a détruit Hiroshima en contenait 25 kg. Tout dépend donc de l’efficacité selon laquelle l’usine de Natanz, dont les scellés viennent d’être retirés par l’Iran, va enrichir de l’uranium. Les inspecteurs de l’AIEA estiment qu’une durée de trois ans sera nécessaire à partir du moment où l’usine reprendra son activité.

Une période d’indulgence s’achève 

Les Iraniens ont achevé le cycle de production pendant que l’UE essayait, futilement, de les raisonner pour arrêter leur programme nucléaire. Nous sommes donc à la fin d’une période d’indulgence et d’une politique erronée.

Sans tirer les conséquences de la période qui s’achève, l’efficacité même de la prochaine saisine de l’ONU n’est pas garantie. Non seulement nous avons mis en péril la sécurité régionale et mondiale en sous-estimant les efforts iraniens pour acquérir la bombe mais, de plus, nous leur avons donné un avantage stratégique pour faire taire leurs opposants chez nous. La troïka avait proposé aux négociateurs iraniens de maintenir sur sa liste des organisations « terroristes », les Moudjahidin du peuple (OMPI), mouvement d’opposition qui avait révélé, pour la première fois en août 2002, l’existence d’un programme secret d’armement nucléaire en Iran.

Maintenir la pression internationale

Personne ne pourra nier l’important effet stabilisateur d’un arsenal nucléaire sur la survie d’un régime au pouvoir en Iran. Face à un pouvoir qui viole les droits de l’Homme, il est normal que l’opposition cherche à garder la pression internationale sur cet Etat. En effet, une fois en possession de l’arme nucléaire, l’Iran sera, comme ses homologues nord-coréens et chinois, considérablement moins sensible à de telles pressions (…).

La saisine du Conseil de sécurité doit être suivie par d’autres démarches complémentaires comme le rétablissement d’un contrôle international des violations des droits de l’Homme, la reprise par l’UE de présentation de résolutions dénonçant les abus des droits humains en Iran à la Commission des droits de l’Homme de l’ONU et l’éventuel retrait du nom de l’opposition de la liste européenne des organisations terroristes pour permettre au peuple iranien de s’exprimer en ce moment sensible de son histoire par d’autres voix que celles des mollahs au pouvoir.