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Iran – « Les mollahs veulent la bombe »

L’opposante en exil Maryam Radjavi dénonce la politique complaisante de l’Europe vis-à-vis du pouvoir iranien.
 
L’Est Républicain –  Elle est la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), véritable parlement en exil qui englobe l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Maryam Radjavi dirige, depuis la France où elle a trouvé refuge au début des années 80, le principal mouvement d’opposition au régime des mollahs.

L’Est Républicain –  Elle est la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), véritable parlement en exil qui englobe l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Maryam Radjavi dirige, depuis la France où elle a trouvé refuge au début des années 80, le principal mouvement d’opposition au régime des mollahs.Elle répond à nos questions sur fond de crise et d’élections législatives en Iran. Le second tour se tenant vendredi.

Limogeage de deux ministres (Économie et Intérieur), taux de participation plus faible que prévu, le 1er tour des législatives a laissé des traces…
La Résistance, de par ses réseaux, a surveillé 25 des 45.000 bureaux de vote du pays. À nos yeux, 95 % des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes alors que toutes les factions du régime avaient appelé à voter.

Le pouvoir n’a pas encore donné de chiffre officiel, mais il évoque un taux de 35 %… 
Tout cela est fabriqué. L’Union européenne a même reconnu que ces élections n’étaient ni libres, ni équitables.

Que représentent, dès lors, les 209 députés élus ? 
Une farce électorale. 70 % d’entre eux sont des partisans d’Ahmadinejad, qui entend se servir du parlement comme d’un levier pour obtenir la bombe atomique et unifier le front autour du Guide suprême afin d’affronter les défis internationaux.

Téhéran clame que son programme nucléaire est uniquement civil…
Fin février, nous révélions l’implantation, à Téhéran, du principal centre de recherches destiné à la bombe. Puis d’un autre dédié à la fabrication de têtes nucléaires. Les mollahs veulent la bombe en vue d’assurer la survie du régime dans la région (NDLR : la Résistance avait, en 2002, donné l’alerte sur le programme nucléaire mené par Téhéran).

Quand, selon vous, l’Iran pourrait devenir une puissance nucléaire ?
Les services américains évoquent 2013-2015, mais c’est ce que le régime veut faire croire. Je pense qu’il pourra aller beaucoup plus vite. Tout dépend des relations entretenues avec l’Occident. En ce sens, la politique de complaisance menée par l’Union européenne (UE) depuis des années a démontré son échec.

Vous entendez incarner l’alternative démocratique en Iran, mais l’OMPI reste classée terroriste… 
Malheureusement, l’UE la garde sur la liste noire en dépit du jugement rendu par le tribunal de 1ère instance des communautés européennes de Luxembourg. C’est un gage pour la dictature religieuse car la Résistance demeure une force capable d’opérer un changement. 

Les intérêts économiques ne sont-ils pas, aussi, l’assurance de ne pas renverser le régime ? 
Bien sûr, on le voit lorsqu’Ahmadinejad dit que le baril de pétrole n’est pas assez élevé (NDLR : l’Iran est le 4e exportateur d’or noir). C’est un chantage à la communauté internationale pour la faire reculer. 

Qu’attendez-vous de la présidence française de l’UE à partir du 1er juillet ? 
Certains signes montrent que la France, comme d’autres, a adopté une politique plus ferme, notamment sur le dossier du nucléaire. Si elle prend une initiative pour soutenir un changement démocratique en Iran en reconnaissant le CNRI, alors elle pourra contribuer à sortir le monde du blocage actuel.

Le président iranien est un habitué de la provocation. Tout cela ne vous offre-t-il pas du crédit, au final ? 
Chaque fois qu’il parle, il démontre la justesse de l’analyse de la Résistance.

Propos recueillis par Sébastien MICHAUX