vendredi, décembre 9, 2022
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Iran/journée de la femme : il faut oser le pouvoir (Christine Ockrent)

Iran/journée de la femme : il faut oser le pouvoir (Christine Ockrent)

Christine Ockrent participait à la veille de la Journée Mondiale de la Femme, à une conférence intitulée « Engagement pour la parité : le femmes unies contre l’intégrisme islamiste », en présence de nombreuses personnalités politiques, des intellectuels, figures éminentes et des activistes du mouvement pour l’égalité venus d’Iran et de 26 pays de quatre continents.

Voici le texte de son intervention :

Qui d’autre mieux qu’une petite fille, la voix d’une petite fille, les larmes d’une petite fille (syrienne dont nous venons d’entendre le témoignage) peuvent nous faire partager l’immense désordre du monde. Ce monde où les femmes toujours et partout… et même chez nous dans ce pays, dans ce continent privilégié où les femmes ont acquis des droits depuis si longtemps, même chez nous les femmes sont toujours les premières victimes, les premières exclues, les premières violentées.

Mais rien ne peut nous faire oublier le drame absolu de ces centaines de milliers de réfugiés, de ces centaines de milliers de femmes et d’enfants qui fuient la guerre, qui fuient la misère et qui arrivent chez nous ayant subi au cours de cette épreuve toutes les violences que l’on sait et contre lesquelles la violence des hommes hélas est toujours sans limites.

On se souvient tous… on en a parlé ici souvent, de cette conférence à Pékin en 1995 où a été forgée cette formule : les droits de l’homme sont aussi, sont d’abord les droits des femmes. Et depuis, combien de discours et combien de progrès aussi, car il y a des progrès dans certaines parties du monde. Mais hélas, aujourd’hui au Pakistan un père vient encore d’assassiner sa fille, crime d’honneur, en lui plongeant la tête dans un baquet d’eau bouillante jusqu’à ce qu’elle suffoque. Aujourd’hui encore, en Afghanistan des filles sont privées d’éducation (c’est aussi le cas en Inde, c’est le cas dans beaucoup de pays d’Afrique et d’Asie).

Et bien sûr, l’Iran. Madame Radjavi la première et d’autres ici ont expliqué et raconté – avec beaucoup plus d’informations et de détails que nous ne pouvons en avoir ici à Paris – sur la réalité de la condition des femmes en Iran. Et je voudrais vous exhorter à suivre ce message merveilleux de cette très grande et toute petite dame qui s’appelle Françoise Héritier et qui nous a dit tout à l’heure dans son message enregistré ces quelques mots-clés pour toutes les femmes et d’abord pour les femmes opprimées où que ce soit : « il faut agir » et c’est ce que fait Mariam Radjavi. Il faut oser le pouvoir, il faut la hardiesse et il faut aussi non pas le rêve mais garder le temps du rêve, car c’est par le rêve aussi que l’on trouve la force, l’encouragement, la détermination à agir.

Je suis sûre que cette petite fille qui nous a toutes et tous émus aux larmes il y a quelques instants, cette petite fille agira pour son pays et c’est pour elle et pour elle encore que nous devons tous ensemble applaudir l’action qui est entreprise par l’organisation créée par Maryam Radjavi, les organisations créées un peu partout dans le monde par des femmes courageuses qui bravent l’interdit, qui bravent l’opprobre, qui bravent souvent la honte véhiculée par la propagande de régimes dictatoriaux. Et il y a un instrument pour agir et on sait que même les dignitaires du régime iranien s’en servent aujourd’hui pour communiquer, ça s’appelle Twitter, ça s’appelle Facebook, les réseaux sociaux, tout ce qui nous permet à diffuser les messages pour agir, pour oser et pour rêver pour que le sort des femmes dans le monde continue de s’améliorer et d’abord dans les endroits où elles continuent de souffrir le plus.

 

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