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Iran : Intervention de Maryam Radjavi au parlement italien

Rome 29 juillet 2009 : Maryam Radjavi entourée d'une délégation de parlementaires te de personnalités à la chambre des députésCNRI – "Attaquer des personnes sous blocus qui n’ont aucun moyen de se défendre constitue un crime contre l'humanité. Khamenei et [le Premier ministre irakien Nouri] al-Maliki mènent cette attaque à la date anniversaire du massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988 dans les prisons du régime", a déclaré le 29 juillet Maryam Radjavi en évoquant l'attaque sauvage contre la Cité d'Achraf. La Présidente élue de la Résistance iranienne intervenait au Parlement italien où l'avaient invitée de nombreux parlementaires. Voici le texte de son intervention :

 Rome 29 juillet 2009 : Maryam Radjavi entourée d'une délégation de parlementaires te de personnalités à la chambre des députés

CNRI – "Attaquer des personnes sous blocus qui n’ont aucun moyen de se défendre constitue un crime contre l'humanité. Khamenei et [le Premier ministre irakien Nouri] al-Maliki mènent cette attaque à la date anniversaire du massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988 dans les prisons du régime", a déclaré le 29 juillet Maryam Radjavi en évoquant l'attaque sauvage contre la Cité d'AChraf.La Présidente élue de la Résistance iranienne intervenait au Parlement italien où l'avaient invitée de nombreux parlementaires. Voici le texte de son intervention :

Mesdames et Messieurs les Députés,

Je suis heureuse de me trouver parmi vous aujourd'hui.

Je suis venue ici pour parler du soulèvement populaire en Iran pour la liberté, et comment le régime clérical cherche à l’étouffer. Cependant, hier, la Cité d’Achraf en Irak, où résident 3500 membres de l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), a été attaquée par les forces de la police irakienne, après plusieurs mois de blocus.

Je pense qu’il s’agit de l’autre facette de la répression que le peuple iranien subit à l'intérieur de l'Iran. Khamenei [le guide suprême des mollahs] qui n'a pas réussi à éteindre les flammes de la révolte populaire par le biais de la répression, des arrestations et des meurtres, cherche à compenser sa défaite en dictant de nouveaux ordres de répression et de massacre à Achraf. Car Achraf est le cœur des aspirations du peuple iranien ainsi qu’une source d'inspiration pour les mouvements sociaux en Iran.

Au cours de l'attaque contre Achraf, la police a utilisé des balles réelles, des gaz lacrymogènes, des gaz au poivre, des matraques et a frappé des résidents. À la suite de coups de feu, quatre personnes ont jusqu'à présent été tuées. 30 ont été arrêtées ou ont disparu et 300 autres ont été blessés, certains d'entre eux dans un état critique.

Attaquer des personnes sous blocus qui n’ont aucun moyen de se défendre constitue un crime contre l'humanité. Khamenei et [le Premier ministre irakien Nouri] al-Maliki mènent cette attaque à la date anniversaire du massacre de 30.000 prisonniers politiques en 1988 dans les prisons du régime.

Ce matin, en venant ici, j'ai été informée qu’Ali Larijani, le président du parlement des mollahs et un allié de Khamenei, a annoncé une nouvelle vague de répression du soulèvement populaire, et a officiellement fait l'éloge du gouvernement irakien pour les crimes et le massacre des opposants iraniens à Achraf.

Les résidents d’Achraf, ont été reconnus comme «personnes protégées» en vertu de la quatrième Convention de Genève et bénéficient de tous les droits stipulés dans les lois internationales et le droit humanitaire international.

L'action du gouvernement irakien est une violation flagrante du droit international et un signe de soumission aux exigences de la dictature religieuse au pouvoir en Iran. La communauté internationale, et en particulier les Etats-Unis, ont une grave responsabilité dans la prévention de cette catastrophe.

J’appelle instamment les gouvernements des États-Unis et l'Union européenne à condamner vivement les complots du régime clérical et l'action illégale du gouvernement irakien, d'adopter les mesures nécessaires pour mettre immédiatement fin à cette catastrophe, et appeler le gouvernement irakien à se conformer à la Résolution du 24 avril 2009 du Parlement européen.

J'invite le Secrétaire général des Nations Unies et toutes les organisations des droits de l'homme à envoyer immédiatement une délégation à Achraf.

Il n'y a pas de justification à cette attaque. Comme je l'ai dit hier, simultanément avec le soulèvement national du peuple iranien, les résidents d’Achraf ont déclaré aux autorités américaines et irakiennes qu’ils étaient prêts à retourner en Iran sous des conditions précises.

 Ils veulent que le régime iranien envoie une lettre officielle à l'ONU, au Comité international de la Croix-Rouge et aux gouvernements des États-Unis et d'Irak, où il s’engage qu’à leur retour en Iran, les résidents d’Achraf seront protégés contre les arrestations, les poursuites judiciaires, la torture, les pendaisons, et toute forme d'enquête ou de dossier judiciaire, et  bénéficieront de la liberté d'expression. Cet engagement doit être confirmé et contrôlé par les instances susmentionnées.

Dans les circonstances actuelles, le gouvernement américain doit assumer la protection des résidents d'Achraf.

La Résistance iranienne et les familles de ceux qui ont été tués hier par les forces irakiennes, va porter plaintes contre al-Maliki auprès des cours de justices internationales compétentes.

Chers Amis,

Les cris de «Mort à Khamenei » qui retentissent dans tout l'Iran reflètent les exigences du peuple iranien pour un changement fondamental et renversement du régime dans sa totalité.

Le soulèvement du peuple iranien a jusqu'à présent confirmé plusieurs réalités : l'instabilité et la faiblesse du régime, une société iranienne prête pour le changement, un régime sans base sociale, un régime incapable de réforme, et, enfin, une politique occidentale erronée vis-à-vis de l'Iran.

Ce soulèvement a laissé éclater la rage de 80 millions d'Iraniens contre trente années de répression, de terreur, de destruction économique, de pauvreté et de corruption de la dictature religieuse.

Ce qui entraine le dynamisme l'Iran c’est l'antagonisme irréconciliable entre la population et le régime. Le 17 juillet, la population a même utilisé la prière du vendredi pour en faire un mouvement contre le régime. Les gens refusaient de répéter comme des perroquets les slogans officiels contre les États-Unis et l’OMPI, diffusés par haut-parleurs, et scandaient à la place «A bas la Russie ! ».

Les fractures et les scissions au sommet de la hiérarchie du régime reflètent l’antagonisme profond entre les peuples et les gouvernants. Cette brèche a ouvert le terrain à la propagation des protestations, et mis le régime dans une impasse mortelle. Aujourd'hui, la plupart des membres du clergé sont opposés à Khamenei. L’ayatollah Montazeri, l'ancien successeur désigné de Khomeiny, a demandé la destitution de Khamenei. Le 17 juillet, au cours de la prière du vendredi, Rafsandjani a confirmé la crise au sein du régime et que ce dernier ne disposait pas de soutien populaire ni de légitimité.

Le cours des événements est irréversible, parce que :

 Premièrement, les clivages au sein du régime ont atteint les plus hauts niveaux entre Khamenei et Rafsandjani, et les divisions sont devenues irréconciliables. Même la propre faction de Khamenei est profondément divisée.

Deuxièmement, les hostilités internes du régime ont permis de briser le sortilège jeté par le Guide suprême [il ne fait plus peur], ont rendu caduques l’idée de sa stabilité et de son immunité.

Troisièmement, le soulèvement a créé un fossé entre le régime et la jeune génération qui a grandi sous son règne, qui ne peut plus être comblé. Cela a renversé l’équilibre des forces en faveur du peuple et contre le régime.

Toutes les indications pointent sur le fait que, indépendamment des hauts et des bas de l'insurrection, c’est le début de la fin du régime du guide suprême.

Sur la scène internationale, la fausse « stabilité » du régime des mollahs s’est effondrée. Les derniers événements ont démontré l'incapacité du régime clérical à la réforme, tout comme son incapacité à survivre à l'avenir. Par conséquent, la seule option est un changement démocratique par le peuple et la Résistance iranienne. Le soulèvement a montré que cette option est à portée de main.

La politique de complaisance avec le régime lui a fourni l'occasion de réprimer avec vigueur les protestations internes, d'accélérer son projet d'armes nucléaires, et de renforcer le terrorisme et l’intégrisme.

Les matraques frappant les visages et les corps des jeunes, hommes et femmes, dans les rues d’Iran, le gaz lacrymogène et au poivre et d'autres armes utilisées pour réprimer les manifestations, ainsi que les équipements pour écouter et contrôler les téléphones et internet et envoyer des parasites, ont tous été achetés à des pays européens.

Il est grand temps pour l'UE de cesser les négociations avec le régime, de suspendre les relations diplomatiques et économiques avec elle, et de retirer ses ambassadeurs en poste à Téhéran, jusqu’à l’arrêt de la répression, de la torture, des pendaisons, et la libération de tous les prisonniers politiques, et de se plier à une élection libre supervisée par l’ONU dans le cadre de la souveraineté populaire. L'UE devrait également cesser de vendre les produits de base et des services pour le régime qu'il peut utiliser pour la répression.

La position de la Résistance iranienne

Notre objectif est de rejeter l'ensemble du régime avec le moins d'effusion de sang possible. Le rejet de la dictature religieuse et l’établissement d'une république fondée sur la séparation de la religion et de l'État constituent la base de notre coopération avec les autres.

Nous nous réjouissons de voir toute personne renoncer au guide suprême et reconnaître à la place la souveraineté populaire. Nous évaluons même les factions vaincues du régime utilisant ce critère, en dépit de leur collaboration dans les crimes du régime. Sur cette base, [le dirigeant de la Résistance iranienne] Massoud Radjavi a publié un message pour l’Assemblée des experts des mollahs, leur demandant de destituer Khamenei et de mettre provisoirement Montazeri à sa place afin d’ouvrir la voie à une élection libre supervisée par l'ONU et, plus tard, de démanteler l'Assemblée des experts, séparant ainsi ses membres des crimes du régime. Ce fut une sage solution.

En ce qui concerne M. Moussavi, nous avons déclaré que nous lui accordons un accueil positif à la mesure de son éloignement avec le guide suprême. Indépendamment de toutes les divergences, nous avons à défendre leurs droits contre toute agression du régime.

Chers amis,
Mesdames et Messieurs les députés,

Avec la majorité du Parlement italien et 2000 autres parlementaires à travers l'Europe, vous avez soutenu le peuple iranien et la résistance dans leurs heures les plus sombres. Aujourd'hui, c’est la validité de votre position en faveur du changement démocratique qui est confirmée.

Le régime clérical est plus vulnérable que jamais et la communauté internationale peut jouer un rôle plus efficace contre la répression violente de la population innocente et sans défense de l'Iran en adoptant une position de fermeté.

Nous exigeons la fin de la dictature religieuse et poursuivons l’instauration d'un État démocratique, doté d’un pluralisme politique, du respect des droits fondamentaux, la séparation de la religion et de l'État, et les relations avec tous les pays. Nous cherchons également un Iran non-nucléaire, et pour créer un tel pays, nous comptons sur le soutien d'amis comme vous.

 

 

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