mardi, novembre 29, 2022

Iran : Haro sur les pétards

CNRI – À la veille du traditionnel festival de feu – Chahar-chambeh-souri – le 19 mars en Iran, le pouvoir judiciaire a décrété une batterie de mesures  pour limiter la célébration. En effet, cette fête met régulièrement le feu aux poudres et déclenche des manifestations hostiles au pouvoir dans l’ensemble du pays.

Un site officiel, Farda, citait Eskandar Momeni, le vice commandant des Forces de sécurité de l’Etat (FSE) de Téhéran lundi 25 février annonçant que : « ces derniers mois les FSE ont effectué des opérations s’étendant des zones frontalières à des villes loin dans les terres. Elles ont permis de mettre la main sur une grande quantité de  … pétards » !

Les FSE, a-t-il assuré, feront preuve de la plus grande fermeté avec les « fauteurs de troubles » pendant le festival.

Moayedi, son collègue de la province de Fars a déclaré à l’agence du même nom le 27 février que « le volume et la qualité » des pétards montrent qu’ils ont été importés en Iran par « un groupe ayant l’intention de semer le trouble sous prétexte du Festival du Feu ».

Il a ajouté que le régime avait travaillé les mesures de sécurité de cette fête nationale pendant trois mois.

Vali Haji Gholizadeh, le procureur de Khoy dans le nord, a mis en garde dans un communiqué officiel les commerces de la ville de ne pas offrir de pétards à la population, « un acte illégal et puni par la loi ». 

A Kermanchah dans l’ouest, les FSE ont lancé « un plan spécial de répression des fournisseurs de pétards » qui prévoit de mettre le réseau de distribution qui existe depuis plusieurs années sous la surveillance d’une unité spéciale.

Chaque année les célébrations tournent à l’épreuve de force entre les forces de sécurité et la population, notamment les jeunes qui déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver ou fabriquer d’énormes pétards qu’ils lancent sur tout ce qui porte l’uniforme. Il suffit en général qu’un quartier réussisse à briser les mesures de répression pour que toute la ville s’embrase et par delà la province. Les rues deviennent alors un immense terrain de jeu du chat et de la souris, avec dans le rôle de la souris les forces de sécurité. Les déflagrations retentissent toute la nuit et la jeunesse, revigorée, fait feu de tout bois.

Cette année, la fête coïncide avec la farce électorale des législatives, que le principal groupe d’opposition, les Moudjahidine du peuple d’Iran a appelé à boycotter. Les panneaux électoraux vont certainement alimenter les feux de joie par-dessus lesquels saute la population.

L’an dernier, le vaste dispositif de sécurité n’avait pu empêcher de vives protestations. Partout dans les villes avaient résonné des slogans en faveur de Maryam Radjavi, la présidente élue de la résistance, et la population avait consciencieusement brulé toutes les effigies des dirigeants du régime.

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