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Iran et Syrie: Dans les deux cas, les pressions de la communauté internationale – Nations unies, Europe – se renforcent et les régimes mis en cause tentent de gagner du temps

Syrie et Iran, en attendant la force
Frédéric Pons
valeursactuelles, 31/05/2012 – Même tempo, mêmes schémas, mêmes interlocuteurs : la crise en Syrie et le contentieux nucléaire en Iran présentent de troublantes ressemblances. Les mêmes perspectives de blocage peuvent aussi, à tout moment, déclencher une option de force.

Dans les deux cas, les pressions de la communauté internationale – Nations unies, Europe – se renforcent et les régimes mis en cause tentent de gagner du temps en alternant blocages et négociations, jouant sur l’appui de leurs protecteurs, la Russie et la Chine, menaçant d’un veto au Conseil de sécurité de l’Onu.

En attendant la force, option risquée que de nombreux experts commencent à envisager, l’Iran continue de souffler le chaud et le froid sur sa volonté de coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les Iraniens accélèrent la montée en puissance de leur filière nucléaire et de leur stock d’uranium enrichi, première étape pour la fabrication d’une bombe nucléaire, tout en laissant espérer un début de négociation sur leur programme d’enrichissement d’uranium. Cela dure depuis six ans…

En Syrie, la répression se poursuit (13 000 morts en quatorze mois de crise). Le dernier massacre attribué au régime – qui accuse des “terroristes” – , le 25 mai à Houla (108 morts, dont une trentaine d’enfants, selon l’Onu), a horrifié le monde. Il s’en produira d’autres. Comme souvent, le “massacre de trop” provoquera un jour une intervention autrement plus crédible que le déploiement d’observateurs en casque bleu, aussi décoratifs qu’inefficaces. Ni le régime ni les opposants armés n’ont respecté les promesses de l’accord de cessez-le-feu instauré le 12 avril. On relève plus de 1 800 morts depuis cette “trêve” d’avril. La prochaine conférence des Amis du peuple syrien, à Paris, n’aura que peu d’effets autres que médiatiques. L’inquiétude monte, d’autant que l’opposition syrienne, divisée et infiltrée par les mouvements salafistes, suscite peu d’espoir.

Le principal point de blocage reste la Russie. « Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien mais le plan de Kofi Annan », dit le ministre russe des Affaires étrangères. Mais Moscou n’est pas prêt à lâcher ses clients et amis syriens et iraniens. Ces deux pays sont de solides atouts dans le bras de fer diplomatique et militaire qui oppose la Russie aux États-Unis sur le projet de bouclier antimissile américain. Lâcher la Syrie affaiblirait ipso facto l’Iran et inversement. La Russie ne peut l’accepter car elle jauge la situation à l’aune de ses seuls intérêts stratégiques. Jusqu’à nouvel ordre, leur défense passe par le soutien, balancé mais réel, à Damas et Téhéran.

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