CNRI – Les dirigeants iraniens qui affichaient un ton hargneux depuis quelques jours face à l’éventualité d’une attaque contre le dictateur syrien, ont mis un bémol avec la concrétisation des menaces de guerre, cherchant maintenant à se préserver.
Hassan Rohani, le nouveau président du régime, a déclaré vendredi : « L’aventurisme dans cette région peut avoir des conséquences irréparables pour la stabilité du monde.» À l’instar de Rohani, la plupart des mollahs se sont contentés de quelques mises en garde, au lieu des habituelles menaces de représailles des jours précédents.
Mercredi, le guide suprême Khamenei a déclaré qu’une attaque américaine serait comme «une étincelle dans un baril de poudre», sans évoquer l’ombre de représailles. Au lieu de cela, il a conseillé à ses interlocuteurs, Rohani et ses ministres lors d’une réunion : « La politique étrangère de la République islamique doit être comprise et appliquée avec honneur, sagesse et discernement. »
« Sagesse et discernement » est une formule connue dans le langage de Khamenei pour parler de prudence et songer à sauver les restes.
Dans son éditorial du 28 aout, Hossein Chariatmadari, le représentant de Khamenei au journal radical Keyhan, a repris ses invectives contre les États-Unis sans toutefois évoquer comme d’habitude une éventuelle riposte. Il s’est contenté de parler de la réaction du « monde musulman » et des « nations musulmanes».
Le quotidien « Djomhouri Eslami », qui formule les positions du régime depuis 1979, explique dans son éditorial du 29 aout : « Outre la nécessité de condamner l’agression imminente de l’Occident contre la Syrie , il faut également prévoir le nécessaire face à la perspective de ce que sera la situation de la république islamique dans la région (…) Car après les frappes aériennes contre la Syrie, la région sera face à un changement de donne fondamentale (…) L’équilibre des forces au Liban sera modifié (…) Le pouvoir syrien sera mis à terre et le Hezbollah libanais fragilisé.»
Politiquement, le régime iranien avait été le premier gagnant des deux guerres des États-Unis en Irak (en 1991 et en 2003). Il semble cette fois qu’il en sera le premier perdant et cela remplit d’effroi la dictature iranienne.

