jeudi, février 9, 2023
AccueilActualitésActualités: Droits humainsIran : Décès d'un prisonnier politique, Valiollah Feiz-Mahdavi

Iran : Décès d’un prisonnier politique, Valiollah Feiz-Mahdavi

Iran : Décès d’un prisonnier politique, Valiollah Feiz-MahdaviCNRI – « Au nom de la liberté, nous avons commencé, nous persisterons et nous irons jusqu’au bout », a déclaré Valiollah Feiz-Mahdavi, le 26 août 2006 depuis la prison de Gohardacht, à Karadj. M. Feiz-Mahdavi est né le 25 janvier 1980 à Ahvaz, ville du sud-ouest du pays. En septembre 2001, alors qu’il était en route pour rejoindre l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) en Irak, il a été arrêté par des agents du ministère du Renseignement et de la Sécurité (VEVAK) à Dezfoul, dans le sud.

 

Valiollah a passé 546 jours dans les salles de torture du ministère du Renseignement dans des conditions atroces. Le 16 avril 2006, il a téléphoné de la prison de Gohardacht et a dit : « Pendant tout le temps que j’ai passé en isolement cellulaire dans une pièce de quatre mètres carré, je n’avais pas suffisamment de lumière et le bandeau qui me couvrait les yeux, mes menottes et mes chaînes étaient les seuls objet que j’avais ».

Il a ajouté : « Ces journées étaient les pires de ma vie. Parfois, au milieu de la nuit, des agents du VEVAK venaient me réveiller et me sortaient de la cellule en pointant une arme sur moi et en tirant à bout portant. Ils ont fait semblant de m’exécuter plusieurs fois et ensuite, à chaque fois, ils me ramenaient dans ma cellule ». En 2003, il a été condamné à mort par le 26ème chambre du département de la Justice des mollahs à Téhéran à l’issue d’un procès expéditif. Pendant cette même séance, Valiollah a déclaré avec insolence : « Je remets sérieusement en question la légitimité de cette cour étant donné que ni mon avocat ni le jury n’est présent ».

Fin 2003, il a quitté la prison Dizel-Abad pour la célèbre prison d’Evine à Téhéran à la suite d’une « querelle » avec Haddad, le surveillant de la prison. Quelques mois plus tard, il s’est retrouvé au cœur d’une autre dispute avec Bakhtiari, directeur général des prisons du régime, qui l’a conduit à un exil plus important encore. Il a été envoyé à la prison de Gohardacht. A son arrivée, le surveillant de la prison, Maliki, l’a menacé en disant : « Il n’y a personne ici qui entendra tes cris ».

Quelques jours avant le Nouvel An persan, Ali Mohammadi, directeur de la prison, l’a informé que son exécution aurait lieu le 16 mai 2006. Bien qu’il n’ait jamais reçu de confirmation par écrit de cette sentence, le surveillant de la prison de Gohardacht, Haj Kazem, et le gardien chef de la section 6 de cette prison, Mohammad Jaroui, l’ont menacé d’une exécution proche. Valiollah a affirmé : « Mohammad Jaroui m’a convoqué dans son bureau  en me reprochant d’un ton sévère que ce que je faisais n’allait m’être d’aucune aide, tout comme les actes de Hodjat Zamani ne lui avaient pas été utiles ».

Le 3 septembre 2006, Valiollah Feiz-Mahdavi a été emmené vers une destination inconnue. Après avoir assassiné M. Feiz-Mahdavi, les forces répressives ont mené un raid dans la section 2a de la prison de Gohardacht et ont attaqué les autres prisonniers politiques. Ils ont exigé que les détenus apparaissent à la télévision pour annoncer que M. Feiz-Mahdavi s’était suicidé. Mais les courageux prisonniers ont refusé de se soumettre à ces fausses confessions.

Plusieurs jours après son exécution, la justice des mollahs a refusé de remettre le corps de Valiollah à sa famille.

Amnesty International a écrit dans un rapport sur son décès : « Amnesty International fait part aujourd’hui de son immense inquiétude concernant la mort en détention du prisonnier politique Valiollah Feyz Mahdavi à la prison de Gohardacht (connue aussi sous le nom de Rada’i Chahr) près de Téhéran. Ce décès en détention est le second à se produire dans les prisons iraniennes ces dernières semaines, après la mort le 31 juillet 2006 de l’activiste étudiant Akbar Mohammadi détenu à la prison d’Evine ». Le rapport ajoute : « Valiollah Feyz Mahdavi, sympathisant de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) aurait été arrêté en 2001 et condamné à mort après avoir été jugé de manière inique dans un tribunal révolutionnaire qui l’a reconnu coupable de moharebeh (hostilité envers Dieu, accusation souvent portée contre les personnes coupables de résistance armée contre l’Etat) ».

Dans son dernier message audio, M. Feiz-Mahdavi a déclaré : « J’ai appris dans ma lutte pour la liberté qu’il n’est pas absolument important de voir le jour de la victoire. Ce qui est plus important, c’est de parvenir à l’objectif final qui est la démocratie et l’égalité, deux éléments nécessaires à la vie humaine qui sont tout aussi importants que de respirer pour un être vivant. Je vous demande de ne pas abandonner votre lutte contre les mesures répressives du régime des mollahs ».

Comme l’indiquent clairement les rapports d’Amnesty International et d’autres organisations humanitaires, le régime des mollahs a exécuté Hojdat Zamani, membre de l’OMPI, le 8 février 2006, assassiné l’activiste étudiant Akbar Mohammadi le 31 juillet 2006 et vient d’exécuter Valiollah Feiz-Mahdavi sous couvert de « suicide ». Ces exécutions ont été menées contre des prisonniers politiques sans défense pour se venger de la pression internationale croissante pesant sur le régime en raison de son dossier nucléaire.