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Iran: Des parlementaires britanniques cherchent à annuler l’interdiction touchant un groupe iranien

AFP, Londres – Le gouvernement britannique va devoir affronter une action en justice visant à le forcer à retirer un groupe de l’opposition iranienne en exil de la liste des organisations proscrites en vertu de la législation anti-terroriste, ont affirmé des politiciens.

Dans un communiqué, le Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran déclare que le maintien de la proscription de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) va à l’encontre du jugement de la Cour européenne de justice rendu en décembre dernier.

La Cour a annulé une décision de geler les avoirs de l’OMPI par l’Union européenne qui continue de maintenir le groupe sur sa liste noire du terrorisme, une mesure condamnée par ses partisans comme étant injustifiée et une concession au régime de Téhéran.

L’OMPI était le bras armé du Conseil national de la Résistance iranienne basé en France (CNRI), mais a renoncé à la violence en juin 2001. Elle a été proscrite en mars 2001 par Jack Straw alors ministre britannique de l’Intérieur.

Lord Robin Corbett, membre du parti travailliste au pouvoir et président du comité de 35 membres, a affirmé que Londres avait persuadé l’UE de passer outre le jugement, en « se moquant » du Tribunal.

Il a accusé la Grande-Bretagne de se tenir aux côtés des " mollahs" et de "ceux qui ont recours au terrorisme chez eux et qui l’exportent à l’étranger" plutôt qu’aux côtés des victimes, afin de garder ouverts des canaux de dialogue de l’UE sur le programme nucléaire controversé de la république islamique.

La décision permet à l’Iran « de continuer à développer des armes atomiques, de continuer de tuer des soldats britanniques en Irak, de continuer à armer le Hezbollah pour essayer de renverser le gouvernement élu du Liban et de continuer d’armer et d’entraîner le Hamas à tenter de bloquer tout accord possible de paix entre la Palestine et Israël", a-t-il ajouté.

Lord Corbett a déclaré que la ministre des Affaires étrangères Margaret Beckett devait renoncer au “choix erroné et dangereux” de ne pas soutenir l’OMPI.

"La complaisance ne peut aider que les mollahs”, a-t-il ajouté.

La démarche est soutenue par des personnalités comme un ancien procureur général et plus grande figure légale d’Ecosse, Lord Peter Fraser, qui a supervisé l’enquête sur l’attentat de 1988 contre le vol 103 de la Pan AM au-dessus de la ville de Lockerbie.

Le groupe affirme qu’il n’existe “aucune preuve comme quoi l’OMPI ait le moindre rapport avec le terrorisme”.

L’appel a été déposé à la Commission d’Appel des Organisations Proscrites (POAC) et devrait être jugé plus tard cette année. L’OMPI avait par le passé fait appel devant le POAC et la Cour Suprême de Londres.

Il n’y a pas eu de réaction immédiate du ministère de l’Intérieur.

L’OMPI est inscrite dans la liste du site du ministère de l’Intérieur sous son nom persan de Mujaheddin e Khalq (MeK).

"Le MeK est une organisation d’opposition iranienne basée en Irak. Elle affirme rechercher l’instauration en Iran d’une république démocratique socialiste islamique », dit le site.