vendredi, décembre 2, 2022
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Iran : des millions de dollars détournés du fonds d’investissement des enseignants

La dimension de la corruption économique institutionnalisée au sein du régime iranien s’est tellement étendue que les dirigeants ne peuvent le cacher. Ce fléau est tellement ancré profondément dans le régime que les banques, les ministères, les municipalités et d’autres entités majeures ainsi que des fondations associées au régime sont impliqués dans la corruption.

Parmi les divers détournements, celui lié au fonds de retraite des enseignants est différent aussi bien en termes d’étendue que du montant détourné. Ce qui montre un autre aspect du réseau mafieux au sein du régime.

Le porte-parole de l’appareil judiciaire du régime, Mohseni Ejei, a déclaré : « Des milliers de milliards de tomans ont été mis à disposition de certaines personnes sans qu’aucune garantie ne soit demandée. » Puis il a ajouté : « J’ai vu de nombreuses affaires de ce genre, mais jamais avec autant de violations que celles liées au fonds d’investissement des enseignants et de la banque Sarmayeh. » (Agence de presse officielle Tasnim, le 23 janvier 2018).

Histoire et sort du fonds d’investissement des enseignants

Créé en 1995, le fonds d’investissement des enseignants visait à promouvoir les ressources financières et à améliorer les conditions de vie des retraités du ministère de l’Éducation. Selon les status de l’association, le fonds devait être financé à parts égales par ses membres et le gouvernement. Les membres du fonds devaient verser une cotisation mensuelle d’adhésion équivalente à cinq pour cent de leur salaire mensuel. De son côté, le gouvernement devait investir autant que le dépôt de ses membres. Ainsi, grâce à l’investissement dans des domaines tels que l’industrie, le commerce, le secteur des services, l’éducation, les propriétés, les banques, les compagnies d’assurance et en bourse, le fonds pouvait soutenir les retraités avec des services et des installations adéquates.

Que s’est-il passé en réalité ?

Les 25 plus grandes sociétés affiliées aux gardiens de la révolution, dont la société pétrochimique Khorasan, la société Middle East Kimia Pars, la société de construction de machine d’Arak, la banque Sarmayeh, la compagnie d’assurance Moalem, etc. ont détourné les versements des enseignants à tel point que cette affaire est mentionnée comme la plus grosse affaire de détournement du pays.

Les dimensions de ce détournement sont telles que selon le responsable de la commission parlementaire d’enquête, un rapport de 580 pages a déjà été constitué et l’enquête se poursuit.

Le rapport indique : « L’enquête sur les violations commises au sein du fonds d’investissement des enseignants et de toutes ses sociétés affiliées, ainsi que l’audit des sources de revenus et des dépenses de l’entreprise prendra du temps et nécessitera la contribution de nombreux experts. Mais dans tous les domaines où la commission est entrée, a constaté que d’énormes violations ont été commises et donc les experts n’ont pu faire que reconnaitre que les violations et les crimes commis sont institutionnalisés. » (Agence de presse officielle ISNA, le 8 avril 2018).

Cela fait seulement deux ans que les détails de la corruption et du détournement du fonds ont été révélés. Étant donné que le fonds compte actuellement 900 000 membres, l’argent volé à chaque enseignant membre s’élève à 8 800 000 tomans. 90 pour cent des prêts des banques en 2015 ont été fourni à 30 personnes seulement, chacune recevant des milliards de tomans, sans garantie, sous un seul nom et en un seul chèque. Alors qu’un enseignant qui aurait demandé 4 000 000 tomans en prêt personnel finirait par le regretter.

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