dimanche, janvier 29, 2023
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Iran : Des centaines de personnes confrontés à l’incertitude après leur arrestation au Khousistan

Après les manifestations du mois dernier à Ahvaz et dans d’autres villes de la province iranienne du Khouzistan, des centaines de compatriotes arabes Ahvazi sont toujours détenus sans être jugés. Les récentes manifestations dans la ville ont éclaté à la suite d’une émission de la télévision d’Etat.

Considérant l’émission comme une tentative pour éliminer les résidents arabes de la démographie de la province, les manifestants ont organisé des rassemblements de protestation d’une semaine dans différentes villes de la province, notamment dans sa capitale Ahvaz.

Iran, Ahvaz, le 4 mars, protestation

De nombreux manifestants ont été arrêtés au cours des manifestations. Bien qu’aucun chiffre officiel sur le nombre d’arrestations n’ait été publié, certains militants des droits de l’homme affirment que plus de 500 militants et arabes Ahvazis (d’Ahvaz) ont été arrêtés.

Iran, Ahvaz, 1er avril: les forces répressives sèment la terreur dans la ville.

Le député du régime à Ahvaz a, entre-temps, confirmé les arrestations, mais a indiqué qu’il y a environ 150 détenus 150.

Les membres de la famille de plusieurs détenus se sont rassemblés à l’extérieur de la prison de Shayban à Ahvaz, devant les bureaux de l’Assemblée des experts, à l’extérieur du Majlis (Parlement des mollahs) et à l’extérieur du gouvernorat provincial du Khouzistan, protestant contre la situation incertaine de leurs enfants.

L’histoire d’un chauffeur de taxi détenu

Reza est chauffeur de taxi. Détenu lors de la récente vague d’arrestations à Ahvaz, le jeune homme a été maintenu en prison pendant 22 jours.

« J’étais de retour du marché du vendredi et je voulais changer l’huile de ma voiture. J’ai laissé la voiture dans un atelier de réparation automobile, puis je suis allé acheter de l’huile quand j’ai remarqué que des gens se rassemblaient dans la rue », explique Reza sur la façon dont il a été arrêté.

« Les forces de sécurité pourchassaient plusieurs jeunes qui ne faisaient que passer et moi j’observais seulement. Soudain, j’ai senti une pression et un coup violent qui m’a assommé. J’ai ensuite été encerclé par les forces de sécurité qui me battaient et m’ont forcé à monter dans un fourgon de police, sans me permettre de dire un mot », ajoute Reza.

Le chauffeur de taxi explique qu’il était trop choqué et incapable de résister, déclarant : « J’avais les yeux bandés et j’ai été emmené à bord d’un bus. Le bus n’a pas bougé pendant environ une heure, attendant d’être rempli d’autres détenus. »

Reza déclare qu’il ne savait pas où se dirigeait le bus, mais quand son bandeau a été enlevé, il a vu un grand centre de détention avec beaucoup de détenus.

Il déclare que, d’après son décompte, il y avait environ 200 détenus, ajoutant que « tous les détenus étaient debout car il n’y avait pas assez de place pour s’asseoir. Il faisait trop chaud et il y avait une très mauvaise odeur dans le centre de détention. »

« Nous avons été gardés à l’intérieur du centre de détention inconnu jusqu’au lendemain, puis ils nous ont transférés à la prison Shayban d’Ahvaz. La situation dans la prison n’était pas meilleure non plus, de sorte que quatre détenus recevaient pour toute nourriture un bol de yogourt et quelques dattes. En outre, de nouveaux détenus ont été ajoutés quotidiennement », ajoute M. Reza.

Le chauffeur de taxi, qui dit n’avoir été impliqué dans aucune activité politique et n’avoir participé à aucun rassemblement, ajoute : « J’ai été interrogé à plusieurs reprises dans la prison en étant battu à chaque fois, leur expliquant inutilement que j’ai été arrêté par erreur. »

Après 22 jours, le nom de Reza apparaît. Un responsable pénitentiaire lui a dit que le tribunal a décidé de le libérer sous caution de 110 millions de tomans.

« Ma famille a payé ma caution le même jour », déclare Reza.

Toute personne qui ose faire un suivi sera également arrêtée !

Parallèlement, Saeed Fakhernasab, militant Ahvazi des droits civiques de renom et respectivement ancien chef et chef adjoint des départements de l’éducation de Shadegan et du district un d’Ahvaz, a été arrêté le 19 avril et emmené dans un lieu inconnu après avoir rencontré des membres de l’Assemblée des experts du régime, des députés et de hauts responsables de la province en poursuivant les cas de manifestants détenus dans les récents troubles d’Ahvaz.

Suite à la détérioration de l’état de santé de Fakhernasab et à son transfert à l’hôpital de Baghaei, la branche 12 du tribunal révolutionnaire d’Ahvaz a contacté sa famille le 25 avril, les informant que Saeed pourrait être libéré sous caution de 500 millions de tomans avant que le tribunal ne prononce sa sentence.

« Les détenus pourraient être classés en trois groupes. Le premier groupe étant constitué de ceux qui ont été arrêtés alors qu’ils participaient à des rassemblements de protestation, le second étant celui de ceux qui ont été arrêtés sur leurs lieux de travail ou à leur domicile, et le troisième groupe est constitué des militants des droits civils et politiques qui ont été arrêtés au cours des derniers jours », explique un militant des droits civils Ahvazi très proche des dossiers des détenus.

S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, le militant ajoute : « nous avons été informés que des arrestations arbitraires ont eu lieu dans une large mesure. »

Le militant indique ensuite l’arrestation des militants politiques et des militants des droits civils iraniens d’origine arabe, déclarant que « les militants et les élites qui n’ont même pas pris part aux manifestations et n’y ont pas joué un rôle ont été arrêtés et confrontés à des accusations graves, certains hauts responsables de la province ‘réglant des comptes politiques’, les détenus jouant également un rôle à cet égard ».

 

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