De Bill Varner
Bloomberg Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et lAllemagne sont proches dun accord sur un projet de résolution des Nations Unies qui imposerait une interdiction sur les voyages et un gel des actifs pour les responsables politiques du programme nucléaire iranien, en plus dune interdiction dacquisition de la bombe atomique et de la technologie missile, ont déclaré des diplomates.
Un projet de résolution pourrait être transmis à la Chine et à la Russie dès demain, a annoncé lambassadeur français Jean-Marc de La Sablière. Il comprendrait une provision de la Charte de lONU qui, tout en excluant le recours à la force militaire, prévoit l « interruption » des relations et des communications économiques et diplomatiques avec lIran.
« Nous devons mettre le doigt sur les actions auxquelles nous sommes opposés et ajuster les sanctions contre la prolifération, soit contre les équipements et les activités en question, les personnes impliquées dans ce processus et les transactions financières qui y sont directement liées », a affirmé Thomas Matussek, ambassadeur allemand, dans une interview.
Lobjectif de cette mesure nest pas de « punir lIran », selon Matussek qui a ajouté quil sagissait plutôt dencourager lIran à suspendre lenrichissement duranium tout en maintenant une position unie au Conseil de Sécurité. « Si nous réclamons maintenant des sanctions punitives très sévères, nous ne pourrons pas espérer que la Chine et la Russie nous suivent. »
Matussek a expliqué par exemple quun moyen dobtenir le soutien de la Russie était de faire en sorte que la résolution dispense la centrale nucléaire de Bushehr (que la Russie à aider à construire en Iran) de sanctions. Il a affirmé que le texte pourrait inclure aussi une liste déléments, dictée par le Groupe des Fournisseurs nucléaires et le Régime de contrôle de la technologie des missiles, que lIran naurait pas le droit de se procurer.
Lattitude de défi de lIran
Lambassadeur américain John Bolton a déclaré quun texte pourrait être prêt « dans un jour ou deux », tandis que Emyr Jones Parry, lambassadeur britannique, affirme que le projet sera présenté aux 15 pays membres du Conseil de Sécurité « en début de semaine prochaine ».
Le Conseil de Sécurité a adopté le 31 juillet une résolution qui donnait à lIran un mois pour suspendre ses activités denrichissement, demande que le gouvernement de Téhéran a rejetée. Cette mesure appelait les pays à priver laccès de lIran aux produits et à la technologie pouvant être utilisés dans son programme nucléaire, sans citer déléments spécifiques.
LIran « ne cèdera pas dun iota devant ses droits » à lénergie nucléaire, a déclaré aujourdhui le président Mahmoud Ahmadinejad à ses partisans dans la ville dIslamshahr (dans la province de Téhéran) dans un discours diffusé à la télévision nationale.
« Nous demandons lutilisation complète de tout le potentiel du cycle nucléaire », a déclaré Ahmadinejad (qui se prononce ah-ma-deen-ah- ZHAD).
Des pourparlers à New York ont suivi la déclaration de lUnion Européenne le 17 octobre selon laquelle ses efforts diplomatiques depuis le 31 août nétaient pas parvenus à mettre un terme au programme nucléaire de lIran, suspecté de développer la bombe.
La voie de la Corée du Nord
Lors dun meeting avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe aujourdhui à Tokyo, Condoleezza Rice, secrétaire dEtat américaine, a déclaré quil était important que lIran ne suive pas le même chemin que la Corée du Nord vers le développement darmes nucléaires, selon le porte-parole du gouvernement.
« Nous voulons garder lIran dans une catégorie différente de celle de la Corée du Nord », a affirmé Matussek. « LIran pourrait terminer dans la même catégorie que la Corée du Nord, mais tout notre travail consiste à empêcher que cela se produise. »
La Russie et la Chine, qui résistaient à des sanctions contre lIran dans le passé, acceptent dagir selon les termes de lArticle 41 de la Charte de lONU, qui prévoit des sanctions limitées et qui exclut le recours à la force. Lambassadeur russe, Vitaly Churkin, a déclaré aujourdhui que la prochaine étape serait une mesure adoptée en vertu de cette provision de la Charte de lONU.
« Nous allons continuer de demander à lIran de geler ses activités denrichissement duranium », a affirmé lambassadeur chinois Wang Guangya. « Chose plus importante encore, nous allons encourager les Iraniens à discuter avec les Européens. »

