AccueilActualitésActualités: Iran & MondeLes négociations entre l'Iran et l'UE n'ont servi à rien, selon la...

Les négociations entre l’Iran et l’UE n’ont servi à rien, selon la France

Les négociations entre l’Iran et l’UE n’ont servi à rien, selon la FranceThe Associated Press – Les ultimes négociations sur le programme nucléaire de l’Iran n’ont servi à « rien », a déclaré lundi le ministre des Affaires Étrangères français Philippe Douste-Blazy.

« Le processus de négociations a abouti à une impasse et l’intervention du Conseil de Sécurité est désormais nécessaire », a affirmé Douste-Blazy suite à des pourparlers entre les responsables français, britanniques et allemands et le négociateur nucléaire iranien Javad Vaedi.

Le ministre des Affaires Étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, a ajouté « il n’y a eu aucune nouvelle proposition » de la part des Iraniens aujourd’hui.

« L’Iran a défié la communauté internationale toute entière », a déclaré Douste-Blazy à la presse. « La communauté internationale doit répondre à ce défi de manière ferme et efficace. »

Le haut responsable britannique présent aux négociations a répété les paroles du ministre français. « Pour être honnête, nous n’avons détecté aucun élément nouveau dans leur approche », a déclaré John Sawers, directeur politique du ministère des Affaires Étrangères britannique.

La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a expliqué que la communauté internationale était d’accord pour dire que l’Iran ne devait pas avoir en sa possession des armes nucléaires.

« La communauté internationale est tombée d’accord. L’Iran ne doit pas avoir la capacité de développer une arme nucléaire. Le pays doit suspendre ses activités nucléaires et revenir à la table des négociations », a affirmé Rice lors d’une conférence de presse à Londres.

Les ministres des Affaires Étrangères des pays de l’Union Européenne devraient demander à l’Iran de manière conjointe de mettre fin à toutes ses activités liées à l’enrichissement d’uranium, et avertir que dans le cas contraire, ils chercheraient à renvoyer le dossier au Conseil de Sécurité, ont affirmé les diplomates.

Vaedi est apparu un peu plus optimiste à sa sortie du meeting. « Nous allons continuer désormais dans cette voie et tenter d’obtenir des négociations », a-t-il dit.

A Vienne, un diplomate a déclaré que l’Iran avait autorisé l’accès aux inspecteurs de l’agence à son site de Lavizan-Shian, suspecté d’être l’endroit où sont entreposés des équipements apportés par l’armée
et pouvant être utilisés dans un programme d’armes nucléaires.

La visite de Lavizan a été annoncée pour la première fois dimanche à Téhéran par le porte-parole du ministère des Affaires Étrangères, Hamid Reza Asefi, qui a déclaré que les inspecteurs de l’AIEA qui essayaient d’avoir accès au site depuis plus d’un an ont reçu les informations qu’ils désiraient.

Les États-Unis prétendent que l’Iran a conduit des tests sur des engins hautement explosifs pouvant avoir un rapport avec le développement éventuel d’armes nucléaires sur le site.

Le département d’État a déclaré en 2004 que les bâtiments de Lavizan avaient été complètement démontés et la terre du site retirée dans le but de dissimuler que des expériences liées aux armes nucléaires ont eu lieu ici.

Le ministre britannique des Affaires Étrangères, Jack Straw, a affirmé que la réunion de lundi indiquait que l’Iran, qui a récemment redémarré son travail nucléaire, n’avait pas abandonné ses efforts pour trouver une solution diplomatique.

« Le fait que l’Iran ait demandé de nouvelles discussions ce matin (qui ne sont pas des négociations) illustre bien que l’Iran est … inquiet au sujet de sa position internationale », a suggéré Straw.

L’Union Européenne a mené des négociations visant à apaiser les craintes internationales selon lesquelles l’Iran pourrait utiliser son programme nucléaire pour produire des armes. Téhéran dit seulement vouloir générer de l’énergie nucléaire.

Plus tôt dans le mois, l’Iran a levé les scellés à son usine d’enrichissement d’uranium et a annoncé que la recherche sur le combustible nucléaire reprendrait après deux années de gel. Téhéran a affirmé que les recherches impliqueraient un enrichissement d’uranium soi-disant limité.

Rice a rejoint les ministres des affaires étrangères des quatre États membres permanents du Conseil de Sécurité (la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine), ainsi que de l’Allemagne, afin de tenter de sortir de l’impasse diplomatique au sujet du programme nucléaire iranien.

Un projet de déclaration de l’UE énonce que les agissements récents de l’Iran « allaient à l’encontre des résolutions de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique et… sapent les efforts cherchant à savoir si un point de départ pour une reprise des négociations peut être trouvé ».

Ainsi, selon la déclaration, les ministres pourraient chercher à renvoyer le dossier de l’Iran devant le Conseil de Sécurité, mais elle ajoute que le « problème peut toujours être résolu par la négociation » et que cela « demanderait une approche coopérative et transparente de la part du gouvernement iranien ».

L’UE pense que la proposition russe consistant à enrichir de l’uranium et à renvoyer le combustible en Iran, permettant une plus grande surveillance du processus, serait un pas en avant.

Les puissances européennes hésitent beaucoup à autoriser l’Iran à mener sa production de combustible nucléaire sur son propre territoire. L’uranium enrichi peut être utilisé aussi bien pour la génération d’énergie que dans la production d’armes, suivant la façon dont il a été traité.

« Nous examinons cette offre avec beaucoup d’intérêt », a déclaré le chef de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana. « Il s’agit d’une proposition selon laquelle l’enrichissement se ferait en dehors du pays, en Russie, mais pour le moment, l’Iran et la Russie n’ont conclu aucun accord. »

Le négociateur nucléaire en chef de l’Iran, Ali Larijani, a affirmé vendredi que la proposition russe ne répondait pas à « tous les besoins en énergie nucléaire de l’Iran ».

Le conseil des 35 nations de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, l’organe de surveillance nucléaire des Nations Unies, doit se réunir jeudi à son siège à Vienne, en Autriche, afin de débattre d’un éventuel renvoi devant le Conseil de Sécurité.