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Le ministre français des AE estime que Téhéran pourrait céder

Agence France Presse – Le ministre français des Affaires étrangères a émis dimanche l’hypothèse que le gouvernement iranien finisse par céder dans le dossier nucléaire, de crainte que des sanctions internationales provoquent des réactions négatives au sein de son opinion publique.

"Le mécontentement de la population iranienne face aux perspectives de sanctions pourrait faire fléchir le régime", a déclaré Philippe Douste-Blazy à Abou Dhabi au terme d’une brève visite aux Emirats arabes unis.

"En effet, le régime peut craindre des réactions de son opinion publique", a poursuivi le ministre, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue émirati, cheikh Abdallah ben Zayed al-Nahyane.

"Si celle-ci (l’opinion publique iranienne) était consciente du risque d’isolement de son pays, elle ne serait pas disposée à en payer les coûts", a-t-il encore déclaré.

Peu avant que M. Douste-Blazy tienne ces propos, l’Iran avait cependant manifesté une fois de plus son refus de céder dans le bras de fer qui l’oppose aux grandes puissances,
notamment les Etats-Unis et les Européens, en affirmant que la question-clé de la suspension de l’enrichissement d’uranium par Téhéran "(appartenait) au passé" et que l’Iran "(refusait) de revenir en arrière".

Le chef des négociateurs iraniens, Ali Larijani, devait avoir ce dimanche à Vienne de nouvelles discussions avec le Haut représentant de l’UE pour la politique extérieure, Javier Solana, afin de prévenir une aggravation de la crise qui pourrait conduire à des sanctions de l’Onu, après le refus de Téhéran de suspendre son enrichissement d’uranium.

Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous couvert d’un programme nucléaire officiellement civil.

M. Douste-Blazy a insisté sur le fait que les interlocuteurs de l’Iran restaient "ouverts au dialogue".

"Téhéran doit comprendre l’importance de régler la question nucléaire par la voie de la négociation", a-t-il dit.

"C’est une chance unique qu’il leur faut saisir. A défaut, l’isolement de l’Iran sera accru", a poursuivi le ministre.
 
Il a appelé Téhéran "à faire le choix de la coopération et de la responsabilité", mais a estimé, dans une référence à des sanctions, que "les autorités iraniennes ne changeront pas de position si elles ne perçoivent pas de pression extérieure suffisamment crédible".

"La perspective de sanctions est nécessaire pour les convaincre de notre détermination à nous opposer à la poursuite de leur programme d’enrichissement", a ajouté M. Douste-Blazy.

Pour sa part, le ministre émirati des Affaires étrangères a confirmé que l’Iran avait occupé "une part importante des discussions" et a souligné "les inquiétudes" suscitées par le programme nucléaire iranien, "en particulier celles des pays de la région" du Golfe.

"C’est une inquiétude réelle. Peut-être ne l’ont-ils pas bien entendue", a affirmé à propos des dirigeants iraniens cheikh Abdallah, qui s’exprimait en Arabe par l’intermédiaire d’un traducteur.

Les gouvernements des monarchies pétrolières arabes du Golfe ont exprimé de manière insistante leurs craintes concernant les conséquences pour la région d’un éventuel accident dans une centrale nucléaire iranienne.

"Nous pensons que le programme nucléaire iranien est pacifique, mais il a besoin de garanties", a poursuivi le ministre émirati.

"Tout ce qui serait en-deçà créerait des suspicions chez les voisins et amis de l’Iran", a-t-il dit.

M. Douste-Blazy, qui est reparti en milieu de journée pour Paris, était arrivé samedi soir à Abou Dhabi, où il s’est entretenu avec son homologue émirati et avec le prince héritier de l’émirat d’Abou Dhabi, cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyane.

Concernant les relations bilatérales, M. Douste-Blazy a déclaré qu’il avait apporté "le soutien de la France, dans cette période troublée pour le Golfe et le Proche-Orient, à la sécurité et à la stabilité des Emirats".