Nasser Rashidi *
Global Politician Il y a quelques années, le monde a pris conscience du danger du programme nucléaire des mollahs grâce à un groupe dopposition. Depuis, confronté à des événements locaux plus récents, la conscience internationale est arrivée à mieux évaluer létendue de lengagement de lIran dans des activités terroristes à létranger, ses ambitions nucléaires et son intervention en Irak, au Liban, en Israël et en Palestine.
Cest ce même groupe (le Conseil national de la Résistance iranienne, CNRI) qui a été le premier à démasquer la nature réelle du programme « modéré » des mollahs qui a atteint son apogée avec lélection du président « modéré », M. Khatami. Dans les huit années qui ont suivi, les mollahs ont gagné un temps précieux pour réprimer un peu plus le peuple iranien, développer leur réseau de terreur et faire avancer leurs objectifs nucléaires. Ce qui rend la réponse de lOccident aussi étrange, est que pendant aussi longtemps, nous avons refusé de prêter attention à ces signes avant-coureurs cruciaux mais longtemps ignorés. Deux points doivent être éclaircis.
Tout dabord, nous devons comprendre le terrorisme dEtat, ses origines et son parrain dans le monde entier : la République islamique dIran. Nous devons nous demander pourquoi le gouvernement dune nation souveraine sengagerait, depuis ses débuts, dans lexportation internationale du terrorisme intégriste attestée par de nombreuses sources. La réponse réside dans lillégitimité intrinsèque de ce régime et dans son idéologie en perdition. Afin de détourner lattention des longues souffrances de la population iranienne, le régime sest engagé dans lexportation de la révolution et dans lusage de la guerre et du terrorisme pour arriver à ses fins. Ainsi, en raison de leur illégitimité intrinsèque, les intégristes dIran ne peuvent exister en présence dune démocratie et dune liberté réelles ; cest pourquoi le régime ne tolérera jamais un paradigme démocratique. Le manque évident de respect pour la volonté de la population de la part de cette dictature religieuse se reflète dans linstitution du « conseil des gardiens ». Cet organisme sert tout simplement de machine à voter les désirs du guide suprême autoproclamé du pays, le Faqih (équivalent farsi du Führer allemand), M. Ali Khamenei. Cette institution théocratique fasciste intégriste détient le pouvoir absolu dans tous les aspects de la société iranienne, du gouvernement et de la loi.
George Melloan du Wall Street Journal, a écrit dans son article intitulé « Iran’s Message: No More Nice Guys » paru le 21 juin : « A en juger par ses discours sans queue ni tête, il envisage de restaurer lEmpire perse ». Melloan a également cité les déclarations dAhmadinejad du mois dernier : « Nous navons pas fait la révolution dans le but dobtenir la démocratie ». Barbara Slavin dUSA Today introduit son essai « Iran’s new president walks a hard line » du 27 juin de cette manière : « Lélection du maire de Téhéran au poste de président dIran consolide le pouvoir entre les mains du guide suprême, layatollah Ali Khamenei ». Si lhistoire antérieure constitue une indication de notre comportement futur, le nouveau président a toutes les chances de perpétuer, de manière même encore plus rapide, lexportation du terrorisme, la répression de la population et le développement de larsenal nucléaire. Pendant que layatollah Ali Hachemi Rafsandjani, adversaire dAhmadinejad au dernier tour des élections, ordonnait lassassinat des dissidents à létranger, Ahmadinejad accomplissait ses ordres. Lorsque Rafsandjani a donné lordre pour la série de meurtres dintellectuels et décrivains, cest Ahmadinejad et ses complices, dont le fameux vice-ministre du Renseignement, Saïd Emami, qui a perpétré ces meurtres. Pendant tout ce temps, Rafsandjani et sa famille pillaient des milliards de dollars des richesses du pays et lactuel président élu Ahmadinejad empochait des centaines de millions de dollars pendant quil était maire de Téhéran.
Avec tous ces éléments en tête, la politique de complaisance de lEurope devrait être réexaminée. La communauté internationale sera mieux servie en écartant les politiques favorisant le gain économique à court terme ainsi que lapaisement dun gouvernement qui terrorise, torture et emprisonne ou exécute de manière arbitraire ses propres citoyens tout en exportant le terrorisme. Les activistes vigilants de la paix et de la sécurité, en particulier au Moyen-Orient, nous avertissent depuis longtemps que ce gouvernement barbare à lidéologie ruinée continue dexploiter les traités et les conventions internationales légitimes pour faire avancer leurs objectifs illégitimes. En tant que tel, le monde civilisé devrait retenir les leçons du passé, reconnaître la conduite des élections actuelles par les mollahs délément inséparable des intentions malveillantes du régime iranien puisquelles touchent à la paix internationale, la coexistence mutuelle et la stabilité à travers le globe.
De plus, pendant bien trop longtemps, nous avons ignoré le prix élevé payé par les Iraniens pendant plus de 25 ans, par le sang et les larmes, alors quils tentaient de résister à un régime théocratique fasciste qui a volé leur révolution contre la dictature du chah. Un des piliers de la démocratie est le droit du peuple à créer des organisations progressistes tout en résistant à loppression. La lutte contre un régime particulièrement brutal et inhumain nécessite des organisations telles que le CNRI qui pendant plus dun quart de siècle sont non seulement devenues intimement proches des maux de lintégrisme, mais qui sont aussi combatives, en contact avec le psychisme des Iraniens et qui sont elles-mêmes démocratiques et égalitaires. Ce serait une autre erreur monumentale que de supposer naïvement que les mollahs sont capables de réforme, quils tolèrent le processus intellectuel ou même quils désirent une paix régionale ou internationale. Nous serions effectivement aveugles si nous ignorions les avertissements précités, fournis par ce groupe dopposition, tout en ignorant simultanément le droit légitime du peuple iranien à résister à loppression de la manière de leur choix. Nous devons prendre en considération les espoirs et les aspirations du peuple iranien et actuellement leur boycott du simulacre délections présidentielles en tant quindication évidente de leur désarroi face au régime et à tous ceux qui soutiennent de quelle que façon que ce soit ce régime intégriste qui les gouverne. Prenons garde à ne pas utiliser de rhétorique vide ou naïve, mais plutôt à apprendre, en sengageant plus honnêtement, et travailler avec le mouvement légitime et démocratique de résistance, le Conseil national de la Résistance iranienne, et son leader démocratique musulman, Mme Maryam Radjavi.
* Nasser Rashidi est spécialiste de lIran et activiste des droits humains. Il est actuellement membre de la National Coalition of Pro-Democracy Advocates (www.ncpda.com). Il a été interviewé par Voice of America (VOA-Farsi) et a écrit pour le San Diego Union (« Earthquake will not change Iran’s clerics »), la National Review Online (« The End of So-Called ‘Reform' ») et The Sun Sentinel (« Legitimate resistance can prevail).

