
La banque internationale HSBC a critiqué le Secrétaire d’État américain John Kerry, pour avoir demandé aux banques européennes de faire plus d’affaires avec le régime iranien alors que Washington continue de restreindre les sociétés financières américaines à faire de même.
Le quotidien britannique The Guardian, a rapporté que le chef du service juridique de la banque, Stuart Levey, a déclaré que HSBC n’a pas l’intention de faire des affaires avec le régime iranien après une réunion jeudi à Londres dans laquelle Kerry a exhorté une réunion de banquiers européens à faire leur entrée sur le marché dans le pays.
The Guardian a écrit que les États-Unis et l’Union européenne ont levé les sanctions contre le régime iranien en janvier dans le cadre de l’accord sur le nucléaire qui comprenait le démantèlement de 14 000 centrifugeuses à Téhéran — les deux tiers de sa capacité nucléaire totale. Malgré cela, le secteur bancaire a toujours peur de fortes amendes financières et de la menace de perdre des licences cruciales pour fonctionner aux États-Unis, pour tomber sous le coup de la réglementation.
HSBC a été condamnée à une amende de 1,9 milliard de dollars par les États-Unis en 2012 pour des infractions de blanchiment d’argent par rapport au Mexique, alors que Standard Chartered a reçu une amende de 670 millions de dollars pour violation des sanctions contre l’Iran. En 2014, la banque française BNP Paribas a reçu une amende de plus de 8,8 milliards de dollars américains pour avoir violé les sanctions.
Lors de la réunion de jeudi, Kerry a déclaré aux représentants de toutes les grandes banques européennes qu’il voulait « clarifier et mettre au clair une interprétation erronée ou de simples rumeurs sur la façon dont [l’accord] est appliqué. »
Mais dans The Wall Street Journal, Levey affirme que le gouvernement américain a adopté une « position très étrange. »
Levey, qui était le sous-secrétaire au terrorisme et du renseignement financier au Département du Trésor public américain entre 2004 et 2011, a déclaré : « D’une part, Washington continue à interdire aux banques et aux entreprises américaines de faire des affaires en Iran… D’autre part, M. Kerry veut que des banques non américaines fassent des affaires dans ce pays sans que les États-Unis soit revenu sur ses déclarations antérieures concernant les risques financiers associés à la criminalité. »
Bien que l’interdiction de l’utilisation de l’argent dans le système bancaire américain pour financer le commerce iranien est toujours en place, les différents États américains s’adaptent aux changements de différentes façons.
Levey, qui n’a pas été à la rencontre avec Kerry, a déclaré : « Il n’y a aucune assurance quant à la façon dont une telle activité serait ensuite vue par les autorités de réglementation et d’application de la loi aux États-Unis, qui pourraient chercher à prendre des mesures coercitives contre les banques qui entrent sur le marché iranien et qui vont à l’encontre des restrictions américaines compliquées. Le Département d’État ne contrôle pas et ne joue aucun rôle significatif dans les décisions d’application de ces autorités. »
« Washington a averti à plusieurs reprises que le corps des gardiens de la révolution islamique contrôle de larges parts de l’économie iranienne. Le reste des Pasdaran restent sanctionnés par les États-Unis et l’UE en raison du rôle central qu’ils jouent dans la conduite illicite de l’Iran. Lorsque les États-Unis, l’UE et l’ONU ont levé des sanctions de plusieurs centaines de banques et sociétés iraniennes, il n’y avait aucune garantie que la conduite de ces banques et sociétés aient changée ».
« Ce sera un défi pour les banques européennes. HSBC cherche à mettre en œuvre des normes cohérentes et secondaires à travers ses opérations mondiales, visant à lutter contre la criminalité financière et prévenir les abus des acteurs illicites. Nous avons encore du travail à faire, mais la réalisation de cet objectif est une de nos plus grandes priorités. Cette approche est à juste titre attendue par nos organismes de réglementation, y compris au Royaume-Uni et aux États-Unis. »
« Nos décisions seront dictées par les risques financiers concernant le soutien de la criminalité et la conduite sous-jacente. Pour ces raisons, HSBC n’a pas l’intention de faire des affaires avec l’Iran une nouvelle fois. »
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