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ElBaradei: l’enquête de l’AIEA toujours entravée en Iran

Agence France Presse – L’enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est toujours entravée par Téhéran qui cache depuis près de deux décennies des informations sensibles sur ses activités nucléaires, a déploré le chef de l’agence Mohamed ElBaradei, dans des remarques rendues publiques mardi.

"Lorsque nous posons des questions en Iran, nous les posons parce que nous voulons reconstruire l’historique de l’affaire : qu’est-ce que l’Iran a fourni? Qui était impliqué? A quoi servait telle expérience? Quand et où a-t-elle été réalisée?", a déclaré M. ElBaradei la semaine dernière en clôture du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne.

Lors de cette réunion les 35 pays de l’exécutif de l’Agence ont rejeté sine die la demande d’aide technique de l’Iran pour la construction d’un réacteur nucléaire à Arak, dont les Etats-Unis soupçonnent qu’il pourrait produire du plutonium pour la fabrication de bombes atomiques.
 
Selon M. ElBaradei, le refus de l’AIEA s’explique par le manque de confiance dans le programme nucléaire iranien alors que le Conseil de sécurité de l’Onu réfléchit à des sanctions contre Téhéran pour n’avoir pas répondu à son appel de mettre fin au processus d’enrichissement de l’uranium.

D’après des diplomates, la déclaration "passionnée" de M. ElBaradei la semaine dernière, lui a permis d’exprimer sa frustration après trois années infructueuses d’enquête de l’AIEA toujours incapable de dire si le programme nucléaire iranien est pacifique ou s’il a pour but, comme l’affirment les Etats-Unis, de produire des armes nucléaires.

"ElBaradei a basé toute sa réputation et sa carrière sur la coopération avec les Iraniens", a souligné un diplomate occidental à propos du chef de l’Agence atomique toujours à la recherche d’une solution pacifique à la crise iranienne.

Le programme nucléaire iranien a été placé sous surveillance de l’AIEA début 2003 après la découverte que l’Iran avait mené des activités clandestines pendant dix-huit ans.