
Dans une interview avec le site IranLiberté, Mohammad Mohaddessine, président de la Commission des Affaires étrangères du CNRI, a évoqué le problème yéménite et les moyens de combattre l’islamisme et les ingérences du régime iranien dans la région. Voici des extraits de cette interview réalisée le 16 avril :
« La région du Moyen-Orient est confrontée à une catastrophe majeure: les ravages de l’intégrisme islamiste dont l’épicentre est à Téhéran, un régime qui continu ses ingérences à Bagdad et à Damas, et plus récemment à Sanaa, la capitale yéménite. Mais le soutien à l’islamisme ne se limitent à ces pays et s’étant à d’autres pays musulmans tels que la Palestine, l’Égypte, le Soudan, la Turquie et l’Afghanistan.
La question principale est de savoir si la communauté internationale peut repousser la mainmise du régime dans la région ? À mon avis l’opération « tempête décisive » est un premier barrage face aux mollahs. Nos sources à l’intérieur du régime révèlent que les mollahs ont été pris de court devant la fermeté inattendue de la réaction arabe. Si celle-ci continue son action, ce sera un revers considérable pour le régime. C’est la raison pour laquelle il cherche absolument à obtenir un cessez le feu pour sauver ses positions au Yémen.
Si le régime iranien avait été confronté à une même fermeté en Irak, en Syrie et au Liban, le paysage de la région aurait été bien différent. Relevons que les évolutions de la situation au Yémen, en Irak et en Syrie sont à plusieurs égards interconnectées. Il ne faut donc pas se limiter au Yémen, mais il importe de repousser l’influence du régime partout, en Syrie, en Irak et toute la région.
Soulignons par ailleurs que si l’action de la coalition persiste, il faut s’attendre à des crises au sein du régime. En effet, les capacités des mollahs ne sont pas ce qu’elles étaient sous Khomeiny dans les années 1980. C’est un régime très vulnérable et nous l’avons vu en 2009.
Quelques points sur les activités du régime iranien au Yémen
• C’est depuis 25 ans que le régime iranien investi au Yémen. En poursuivant ses objectifs politiques et stratégiques, la Force Qods a longtemps financé, entraîné et armé les milices chiites Houthis dans ce pays. La progression de ces derniers vers Sanaa et Aden est un plan des Pasdaran.
• Ces dernières années les commandants de la Force Qods ont été de plus en plus présents au Yémen et les Houthis vont régulièrement en Iran pour des briefings. En février 2015, une délégation Houthi s’est rendue à Téhéran pour rencontrer notamment les membres du Bureau du Guide suprême et les responsables la Force Qods. La question yéménite relève de la Force Qods qui agit sous l’égide du Bureau de Khamenei.
• Selon les informations obtenues par la Résistance iranienne, c’est le brigadier général Amirian qui est directement responsable du dossier yéménite au sein de la Force Qods.
• Suite à l’opération ‘ tempête décisive’ et les difficultés intervenues pour ravitailler les Houthis, Téhéran a continué de les aider de trois manières:
1- La présence de commandants des Pasdaran pour conseiller et diriger les opérations avec les houthis.
2- La mise sur pied d’un système de communication directe avec Téhéran pour permettre aux différents centres de commandement Houthis de communiquer directement avec la Force Qods.
3 – Téhéran a demandé l’envoi d’effectifs par le Hezbollah libanais au Yémen pour épauler les Houthis.
• Avec l’évolution défavorable de la situation au Yémen, des signes de division sont perceptibles au sein du régime. De plus en plus de voix s’élèvent pour critiquer la gestion de la situation par Khamenei et la Force Qods, risquant d’aggraver davantage les dissensions entre les factions.

