mardi, février 7, 2023
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Ingérence de l’Iran : Le Yémen n’est-il pas interdit à la force Qods ?

Par Reza Shafa *

CNRI – Pour répondre à cette question, un simple oui ou non ne suffit pas, la raison en est que le régime des mollahs ne voit aucune frontière géographique à son expansion dans le monde islamique. Le guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, se considère comme l’unique représentant de Dieu sur Terre avec la responsabilité de guider ses sujets. Le Yémen ne fait pas exception à cette règle.

 

Ce fut plus ou moins le cas autrefois mais, désormais, lentement mais sûrement, le régime iranien commence à soutenir les groupes insurgés chiites au Yémen en leur apportant une aide logistique. Tel que l’on connaît les mollahs, leur mission est de fomenter la violence et les troubles dans le pays.

Plus spécifiquement, quels sont leurs plans ?

• Mener des attentats terroristes contre des cibles du gouvernement et des cibles civiles sous la direction des commandants de la force Qods ;
• Fomenter des violences sectaires, plan qui fonctionne déjà très bien en Irak ;
• Faire passer de la drogue et d’autres substances interdites afin de provoquer des troubles sociaux.

La force Qods a déjà installé quelques campements pour les milices yéménites en fuite en Iran. Téhéran, Karaj et Qom font partie des villes qui abritent des camps d’entraînement pour les nouvelles recrues provenant du Yémen. Dans les garnisons, les formateurs spécialisés du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI) font un lavage de cerveau aux nouveaux venus et les transforment en bombes à retardement prêtes à exploser.

Par ailleurs, les mollahs, qui jouissent d’une grande influence, sélectionnent minutieusement des individus parmi les miliciens yéménites du camp CGRI-Qods à Qom, afin de leur assigner d’autres missions secrètes dans le monde islamique.

La force Qods finance ouvertement les chefs de milices et fournit une assistance matérielle aux minorités rebelles du Yémen.

Lors d’une conférence de presse le 25 mai, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur du Yémen, Rashad Al-Alimi, ont expliqué dans les détails la façon dont le CGRI intervenait dans les affaires du pays dans la province Nord de Saada, située près de la frontière saoudienne. Il a expressément déclaré que des Iraniens avaient été repérés dans cette zone. Il est très peu probable que ces individus faisaient du tourisme dans la région.

La province de Saada, dans le nord du Yémen, avec son terrain accidenté, abrite la minorité chiite du pays ; il n’est donc pas surprenant que la force Qods mène des activités dans cette zone. Le principal commandant de milice de la région, Abdul-Malik El-Houssi, reçoit des sommes d’argent très généreuses de ses commanditaires à Téhéran.

Au Yémen, non seulement la force Qods, mais aussi ses guides extrémistes, sont membres d’organisations top secrètes et extrêmement influentes, telles que la Communauté pour le dialogue religieux et la Communauté internationale d’Ahlalbeat ; ces deux groupes sont solidement dirigés par Khamenei en personne. La mission de ces organisations est de compléter le travail militaire effectué par la force Qods, en particulier dans les pays musulmans les plus pauvres, qui se trouvent être les pays choisis par les mollahs de Téhéran pour leur ingérence.

Ils opèrent au Yémen en faisant des dons, des prêts sans intérêt baptisés Qarz-al-Hassaneh, en payant des bourses pour des étudiants en théologie, etc. Mais n’oublions pas que tout se paie, en particulier avec les mollahs.

Le régime ne s’arrête pas là : il envoie dans la province Nord du Yémen des agents qui se font passer pour des médecins et des infirmières. Khamenei a également donné l’ordre à deux des chaînes télévisées en arabe du régime, Al-Alam et Al-Kossar, de faire la promotion des milices yéménites qui lui sont fidèles.

Toutes ces actions du régime ont pour but de préparer le terrain pour une guerre civile totale dans cette nation. Chose que le président du Yémen, Ali Abdullah Saleh, et son ministre des Affaires étrangères refusent et ils l’ont fait savoir aux dirigeants de Téhéran ; de plus, pour prouver qu’ils prennent cette question au sérieux, ils ont rappelé leur ambassadeur en Iran.

* Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à l’étranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.