vendredi, décembre 9, 2022
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Il n’y a que deux options : soit un transfert des Achrafiens aux USA, soit à Achraf – Maryam Radjavi

CNRI – « Le HCR est la seule autorité internationale concernée qui doit immédiatement se charger de toute la responsabilité des habitants d’Achraf et Liberty en tant que réfugiés. Le HCR doit demander leur retour à Achraf. La protection internationale que le HCR doit et peut donner aux habitants règle le problème de leur retour à Achraf et de leur envoi vers des pays tiers depuis Achraf », a déclaré Maryam Radjavi le 28 février à l’ONU Genève.

La présidente élue de la résistance iranienne s’exprimait au siège européen de l’ONU, dans une conférence organisée Cette réunion était organisée par la Fondation France-Libertés et le MRAP, Association Internationale des droits humains des Femmes WHRIA, et International Educational Developpment. . Elle accueillait des personnalités politiques, des ONG et des défenseurs des droits humains. Ont pris la parole Maryam Radjavi, présidente-élue de la Résistance iranienne, Struan Stevenson, eurodéputé et président de la délégation du parlement européen pour les relations avec l’Irak, Tahar Boumedra ancien directeur du bureau des droits de l’homme de la MANUI en Irak et ancien conseiller du représentant spécial de l’ONU en Irak , Anne-Marie Lizin, présidente honoraire du sénat belge, ancienne rapporteur spécial sur les droits humains et la pauvreté extrême, Alfred Zayas, Rapporteur spécial sur l’ordre international démocratique et équitable, Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien, Michel Joli, Secrétaire général de France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand, Ryszard Czarnecki, eurodéputé polonais, Juan Garcés, avocat international, ancien conseiller du président chilien Salvador Allende, Paulo Casaca, ancien eurodéputé et président de Archumankind, et Christian Zimmerman, présidente du Bureau des droits humains et des minorités à Berlin. Le modérateur de la séance était Gianfranco Fattorini, représentant permanent du MRAP auprès de l’ONU.

 

Voici l’intervention de Mme Radjavi :

Je voudrais d’abord vous saluer et remercier les organisateurs de cette conférence. Je voudrais raviver le souvenir de Danielle Mitterrand qui tout au long de ces années a été un soutien des Achrafiens sur la scène internationale. Elle est venue plusieurs fois au siège de l’Onu pour défendre les droits des Achrafiens.

Mais pour la dernière fois, en octobre 2011, dans la réunion que nous avons tenue dans ce même bâtiment, c’est M. Michel Joli qui nous avait lu son message : « Préparez l’avenir, chers et tendres amis d’Achraf, c’est le prix de votre sacrifice, mais ce n’est pas le seul : il faut compter aussi avec l’exemple que vous donnez à tous les opprimés et le message d’espoir écrit avec votre sang que vous adressez à l’humanité. »

Aujourd’hui, les Achrafiens ont été envoyés de force dans la prison de Liberty où ils ont été la cible d’un massacre. Sept personnes ont été tuées dans l’attaque à la roquette du 9 février et une centaine d’autres blessées, et 3000 personnes sont à tout moment menacées.

Il est clair que les mollahs sont entrés dans la phase de leur renversement et qu’ils ont un besoin urgent de tuer les membres de la résistance. Cependant, en observant les événements de l’an dernier, si l’ONU avait rempli ses obligations, on aurait pu éviter cette catastrophe. D’autant plus que deux jours avant l’attaque, dans une lettre au secrétaire général de l’ONU, nous avions averti que la conduite du représentant spécial de l’ONU en Irak préparait le terrain à un nouveau massacre.

Le 25 décembre 2011, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Irak, sans en informer les Achrafiens et sans leur accord, avait signé un protocole d’accord avec le gouvernement irakien pour les déplacer. Cela a imposé un exode forcé aux Achrafiens qui a ouvert la voie au massacre du 9 février. Puis, en falsifiant la réalité du camp Liberty et en forgeant des documents, il a caché le fait que le camp ne répondait pas aux normes humanitaires et des droits humains. Et c’est de cette manière, qu’il a aidé le gouvernement irakien à faire de Liberty une prison.

Il avait promis aux Achrafiens qu’après leur transfert, ils seraient envoyés rapidement dans des pays tiers. Mais tout ceci n’était que mensonge.  Est-ce que le représentant spécial, par ignorance ou manque d’expérience, a facilité la mise en place de cet abattoir ? Pas du tout. Car nous le lui avons dit et nous l’avons averti à plusieurs reprises.

A titre d’exemple :
Le 2 juillet 2012 : le représentant des Achrafiens a dit au représentant spécial du secrétaire général : « Il ne fait aucun doute que ne pas assurer un minimum des besoins des résidents, ce qui ne présente aucun problème pratique ni politique pour le gouvernement irakien, émane de son intention funeste de tuer les habitants et dans ces conditions, le transfert à Liberty rend encore plus vulnérables les habitants face à un massacre inévitable. »

– Dans une lettre du 16 juillet du représentant des Achrafiens au conseiller de la Secrétaire d’Etat américaine, on peut lire : « Sans assurer le minimum des besoins des habitants, les faire partir à Liberty, c’est appeler de ses vœux une catastrophe dont les dimensions seront sans le moindre doute bien plus grandes que celles qui se sont déjà passées à Achraf contre les habitants sans armes et sans défense. »

– Et dans une autre lettre au conseiller de la secrétaire d’Etat américaine le 30 juillet 2012, il lance cet avertissement : « M. Kobler dans la rencontre du 26 juillet, en transmettant les ultimatums de l’Irak, n’a laissé aucun doute sur le fait que d’autres massacre des Moudjahidine se préparaient. N’ayez aucun doute que les entasser à Liberty va faciliter un carnage et doubler les pertes humaines. En d’autres termes, dans ces conditions, une attaque et une tuerie sont certaines, que ce soit à Achraf ou à Liberty. » Ainsi vous voyez que tous les avertissements ont été envoyés avant.

Alors, il faut se demander ce que l’on doit faire devant les promesses violées et l’impartialité de l’ONU profanée ? Dans le monde d’aujourd’hui, l’autorité qui s’occupe des infractions des gouvernements dans les relations internationales, c’est l’ONU. Mais je suis venue demander à qui s’adresser pour les infractions commises par l’ONU ? Au fait quelle voie existe-t-il hormis que l’ONU accepte directement la responsabilité politique et morale de la catastrophe du 9 février à Liberty et qu’elle révoque avec fermeté un des facilitateurs de ce délit qui est ce représentant spécial pour fermer la voie à la prochaine catastrophe.

Il faut déplorer que dans cette catastrophe, la Haut commissaire aux droits de l’homme ait aussi gardé le silence. Tout comme elle garde le silence devant la vague d’exécutions et de tortures des prisonniers politiques et de la répression de la population en Iran. Mais est-ce que Mme Pillay après le massacre du 8 avril 2011 n’avait pas dit qu’il fallait ouvrir une enquête ? Pourquoi n’a-t-elle pas insisté pour qu’elle soit menée et n’en a pas chargé le bureau de la MANUI ? Pourquoi n’a-t-elle rien dit sur ce crime dans les réunions qui se sont succédé au conseil des droits de l’homme ? Pourquoi elle n’a pas auditionné le directeur des droits de l’homme de la MANUI et conseiller de la MANUI sur le dossier d’Achraf, M. Tahar Boumedra qui a révélé beaucoup de choses ?

A propos du HCR nous saluons sa condamnation de l’attaque intervenue à temps. Cependant il me faut rappeler que le HCR est la plus haute autorité concernée par les réfugiés et qu’il a une responsabilité directe vis-à-vis des Moudjahidine d’Achraf et de Liberty. Malheureusement il n’a pas agi comme il aurait dû le faire.

Sous la pression du gouvernement irakien, le HCR a cédé aux demandes illégales du gouvernement irakien pour le déplacement forcé des Achrafiens et le délabrement du camp Liberty. La situation d’urgence des Moudjahidine à Liberty demandait qu’il leur confirme rapidement et de manière collective leur statut de réfugié. Ces démarches pouvaient créer des obstacles aux mesures répressives du gouvernement irakien. Malheureusement, il ne l’a pas fait.

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui il nous faut de toutes nos forces empêcher l’avènement d’une nouvelle catastrophe contre les Moudjahidine de Liberty. Pourquoi ce danger existe-t-il ?

Sur le plan politique, à cause de la décomposition et de la confusion qui règnent au sommet du régime des mollahs et l’instabilité du pouvoir de Maliki sous la pression des manifestations de ces trois derniers mois de la population irakiennes, ils ont un besoin profond de ce genre de crimes. Par conséquent il est possible qu’à chaque minute une attaque comme celle du 9 février survienne.

Du point de vue de la sécurité, comme la prison de Liberty n’a pas de tranchée ni d’abris, que les murs et les toits des baraquements n’offre aucune résistance et prennent feu facilement, et que ces baraques sont entassées les unes à cotés des autres, si on y a joute la surpopulation, tout cela les rend extrêmement vulnérables.

Par conséquent, l’insécurité de ce camp n’est pas un problème que l’on peut renvoyer à plus tard, c’est un danger immédiat, une urgence qui exige une solution plus que rapide.

L’Irak a annoncé officiellement qu’il ne peut empêcher d’autres attaques. Ainsi donc la garantie de la protection par l’Irak n’est pas une option. D’un autre côté, 18 mois après le dépôt de la demande individuelle de réfugiés, seuls 7 personnes ont été envoyées dans des pays tiers. Même si le HCR allait 20 fois, voire 50 fois plus vite, ce travail durerait des années, en faisant perdurer cet abattoir.

Ainsi donc il n’y a pas plus de deux options :
La première c’est le transfert par les USA en une seule fois de tous les habitants aux Etats-Unis. Parce que les USA s’étaient engagés à les protéger. La seconde option, c’est de tous les ramener à Achraf, et d’opérer leur envoi dans des pays tiers depuis Achraf.

Achraf dispose d’une sécurité relative parce que sa superficie est de 80 fois plus grande que Liberty, qu’il a des abris, des tranchées et des bâtiments en durs. Et l’expérience acquise en un quart de siècle, a montré qu’Achraf a une vulnérabilité minimale face à 21 attaques aux missiles et bombardements. Le 18 avril 2001, le régime iranien a tiré un millier de missiles, notamment des Scud B de destruction massive, sur les Moudjahidine en Irak et seule une personne a été tuée. Le 6 novembre 1994 et le 10 juin 1999, il a tiré sur Achraf des Scud B, mais sans causer la moindre perte humaine. De même dans plusieurs séries de bombardement en avril 92, en mai 93 et en septembre 97, seule une personne a été tuée.

Dans ces conditions, le HCR est la seule autorité internationale concernée qui doit immédiatement se charger de toute la responsabilité des habitants d’Achraf et Liberty en tant que réfugiés. Le HCR doit demander leur retour à Achraf. Il doit prendre la responsabilité de cette initiative et doit entamer un dialogue avec tous les gouvernements concernés et l’ONU pour mettre en œuvre cette mesure nécessaire. La protection internationale que le HCR doit et peut donner aux habitants règle le problème de leur retour à Achraf et de leur envoi vers des pays tiers depuis Achraf.

Mesdames et Messieurs,

Le problème de Liberty s’inscrit dans le cadre du face à face entre le peuple iranien et le régime du guide suprême. Pour sauver leur régime, les mollahs sont prêts à commettre n’importe quel crime. Ces jours-ci dans tout l’Iran, ils exécutent à tour de bras des groupes entiers de prisonniers. La torture et le viol des prisonniers ou la mort à petit feu tournent à plein régime. Les arrestations, la censure et des kyrielles de contrôles saturent l’atmosphère. Les mollahs veulent voir l’ONU et ses organes restés silencieux et passifs devant cette guerre et ces crimes.

Avec notre peuple et notre résistance, et avec les peuples de la région, de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, nous appelons l’ONU à être le gardien des droits humains et des réfugiés et à tenir tête au fascisme religieux et à son front du crime contre l’humanité.

Je vous remercie.

 

 

 

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