mercredi, décembre 7, 2022
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Il faut juger les auteurs des violations en Iran (député britannique)

David Amess, député britanniqueLe régime de Téhéran doit payer pour ses crimes contre l’humanité

Par David Amess*

The Washington Times, 24 août – Alors que le monde à juste titre a sanctionné l’Iran pour son programme de prolifération nucléaire, il a cependant été beaucoup moins énergique à condamner les effroyables violations des droits humains dans la République islamique.

Sakineh Mohammadi Ashtiani, 43 ans et mère de deux enfants, attend avec anxiété l’application de sa condamnation à la lapidation. Téhéran a annoncé que l’exécution du prisonnier politique Jafar Kazemi était imminente. Son crime ? Refuser de comparaître à la télévision d‘Etat pour dénoncer les activités de son fils adolescent, qui a rejoint le mouvement d’opposition des Moudjahidine du peuple (OMPI) au camp d’Achraf en Irak. Le mois dernier, le régime a amputé les mains de six hommes accusés de vol.

Une telle brutalité n’est pas rare en Iran, où 120.000 prisonniers politiques ont été exécutés à ce jour. Durant l’été 1988, après avoir signé à contre-cœur un cessez-le-feu dans la guerre Iran-Irak, l’ayatollah Ruhollah Khomeiny a ordonné le massacre de 30.000 hommes et femmes qui continuaient à soutenir le mouvement d’opposition, selon les survivants de la tuerie.

Un organisme spécial, que les prisonniers ont surnommé « la commission de la mort», a été chargé de la mise en œuvre de la fatwa de Khomeiny. Dans des procès de cinq minutes, les prisonniers étaient interrogés sur leur affiliation politico-idéologique. Ceux qui montraient le moindre signe de sympathie envers l’Ompi étaient envoyés à l’échafaud par groupes de cinq ou six.

Les officiels qui ont dirigé le massacre en 1988 continuent d’occuper de hautes fonctions, et plusieurs sont des juges à la retraite. Les hauts responsables comprennent l’actuel guide suprême Ali Khamenei, l’ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, le candidat à la dernière présidentielle Mir Hossein Moussavi et l’ancien chef de la Cour suprême Abdolkarim Moussavi Ardebili.

Selon d’anciens prisonniers politiques, l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad était dans les années 1980 le représentant des gardiens de la Révolution dans la prison, et connu sous le nom de « l’homme aux mille balles », surnom attribué les coups de grâce qu’il a tirés sur un grand nombre de prisonniers.

Au lendemain de l’élection présidentielle contestée de l’été dernier et de la vague de protestations publiques qui a suivi, le gouvernement de M. Ahmadinejad a procédé à l’arrestation de milliers d’opposants politiques.

Alors que les protestations se sont radicalisées et appellent au changement de régime, la situation des droits humains s’est une fois de plus rapidement détériorée. Le régime a intensifié les arrestations arbitraires de ses opposants, étudiants, femmes, militants des droits de l’homme et de la démocratie, minorités ethniques et religieuses. Les organes des Nations Unies et les organisations internationales de défense des droits de l’homme ont fait état d’une utilisation systématique de la torture, y compris par le feu, le fouet, les mutilations, le viol collectif et les exécutions politiques dans les prisons.

Pour justifier les exécutions politiques – interdites par l’islam – le régime accuse ses opposants de « Moharebeh» (guerre contre Dieu), et pointe le fait que l’OMPI est considérée comme une organisation terroriste étrangère par le Département d’Etat américain. M. Kazemi est l’une de ces victimes dont le sort a été souligné la semaine dernière par Amnesty International, qui affirme qu’au moins six autres proches des membres de l’opposition sont dans le couloir de la mort sous le même prétexte. Le fait que la Secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton ait souligné plus tôt ce mois le cas de ces prisonniers et ait exhorté l’Iran à suspendre les exécutions est un bon signe. Elle devrait annuler la classification de terroriste de l’OMPI, après l’arrêt de la Cour d’appel américaine le mois dernier, qui a remis en question cette désignation.

Le mois dernier, la dirigeante de l’opposition iranienne Maryam Radjavi a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à mettre en place un tribunal spécial pour juger les auteurs du massacre de 1988, car aujourd’hui, ils occupent des postes politiques et judiciaires clés et poursuivent leurs actes meurtriers et criminels.

En tant que membres permanents du Conseil de sécurité, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont le devoir de faire respecter les principes de la démocratie et de réagir quand un Etat membre de l’ONU commet un crime contre l’humanité. Nous avons maintenant la responsabilité de soutenir l’appel de l’opposition iranienne pour un tribunal international, semblable à celui en cours pour les crimes de guerre de l’ancien président du Libéria. Nous devrions présenter officiellement une résolution au Conseil de sécurité à cet effet.

Alors que des femmes innocentes comme Mme Ashtiani attendent la lapidation et des hommes comme M. Kazemi attendent leur exécution, les gouvernements occidentaux devraient sans aucun doute réduire l’ensemble des échanges bilatéraux et les liens politiques avec le régime jusqu’à ce que les violations des droits de l’homme cessent dans ce pays.

* David Amess est député conservateur britannique et membre du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran.

 

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