samedi, décembre 3, 2022
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Il faut aussi porter un coup d’arrêt à l’acharnement du régime iranien à l’égard de l’Ompi – André Chassaigne

CNRI – « Vous portez, Mme Radjavi, la voix du changement démocratique en Iran par le peuple et par sa résistance organisée. Cette voix que vous avancez, est la voix qui écarte autant la guerre que la complaisance », a déclaré André Chassaigne, député du Puy de Dôme à l’Assemblée nationale le 5 décembre.

 

Le président du groupe de la gauche démocrate et républicaine s’exprimait dans un colloque à la salle Colbert sur les perspectives de changement en Iran en 2013. A l’initiative du Comité parlementaire pour un Iran démocratique, dont M. Chassaigne est un vice-président, la réunion accueillait Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, ainsi que des personnalités françaises et internationales.

Voici les moments forts de l’intervention d’André Chassaigne :

Je suis ému de prononcer cette intervention. Et j’ai volontairement fait le choix de vous parler des droits de l’homme. J’en parle avec d’autant plus d’émotion que l’étiquette politique que je porte a souvent été volée pour des atteintes inacceptables aux droits de l’homme sur notre planète. Et je dirai aussi qu’il y a quelques semaines, j’ai participé au rassemblement de Chateaubriand où j’ai prononcé le discours annuel pour saluer la mémoire des 27 victimes fusillées de la barbarie nazie. Il était là aussi question de résistance.

Les droits de l’homme, c’est tout d’abord rappeler ici la résolution de l’ONU du 27 novembre dernier. Et je voudrai justement en rappeler certains termes. Cette résolution qui condamne en Iran, « des violations graves et récurrentes des droits de l’homme », qui condamne l’application de la peine de mort en l’absence de garanties internationalement reconnues, qui condamne les exécutions publiques.

Ce texte déplore aussi que Téhéran n’ait pas renoncé « à exécuter des mineurs », et affirme que les défenseurs des droits de l’homme en Iran, dont des avocats et des journalistes « sont pris pour cibles de manière croissante et systématique ». Le texte déplore aussi que Téhéran n’ait pas « renoncé à exécuter des mineurs », et affirme que la discrimination aussi se développe envers les femmes et les membres des minorités ethniques ou religieuses.

Ce texte demande au gouvernement iranien de libérer immédiatement et sans condition tous ceux qui ont été arrêtés et détenus de manière arbitraire pour avoir simplement exercé le droit de se rassembler pacifiquement. Cette résolution se déclare profondément préoccupée par l’imposition de la peine capitale pour des crimes sans définition précise ni claire, comme celui, je traduis, « hostilité envers Dieu », en violation du droit international.

Aussi n’oublions pas le passé. N’oublions pas que sous cette accusation de « mohareb », si je prononce bien, c’est sous cette accusation vague et médiévale que des sympathisants des Moudjahidine du Peuple ont été exécutés en 2011, pour avoir mené des cortèges lors des soulèvements populaires de 2009. N’oublions pas que d’autres sont toujours dans le couloir de la mort. N’oublions pas qu’en 1988, 30 000 membres des sympathisants de l’OMPI furent massacrés dans les prisons, suivant une fatwa de Khomeiny qui se référait à la même accusation.

Et n’oublions pas le présent. Le 6 novembre, le régime des mollahs veut accélérer l’exécution de plus d’un millier de détenus à la prison de Gohardasht en banlieue de Téhéran. Le 8 novembre, le prisonnier politique Sattar Beheshti, blogueur de 35 ans, a été tué sous la torture huit jours après son arrestation, sous couvert de cyber-police. Le 11 novembre, la mort sous la torture de Jamil Soveidi, prisonnier politique de 45 ans, originaire de la minorité arabe iranienne d’Ahwaz et ouvrier soudeur, arrêté il y a un mois et emmené vers un lieu inconnu.

N’oublions pas et disons : il y a urgence, il est urgent pour la communauté internationale de renvoyer devant le Conseil de Sécurité de l’ONU le dossier des crimes de ce régime. Il est urgent d’imposer des sanctions générales et de traduire en justice les dirigeants iraniens.

Il faut aussi porter un coup d’arrêt à l’acharnement du régime à l’égard de cette opposition, acharnement qui n’est pas sans lien aujourd’hui avec la victoire juridique et politique à l’ONU. Il faut aussi dénoncer, et je le dis en pesant mes mots, les campagnes de dénigrement, Madame la Présidente, contre votre mouvement. Ces campagnes qui parlent de dénigrement, qui parlent de mouvement sectaire, qui parlent de financement occulte, qui parlent d’une volonté hégémonique de représenter la résistance iranienne. Ces campagnes qui, bien sûr, ne disent rien sur les principes démocratiques défendus par l’OMPI, dont l’égalité entre homme et femme, la laïcité, la liberté de conscience, l’organisation d’élections libres, la dénucléarisation de l’Iran, tout ce que vous portez avec votre mouvement, Madame la Présidente, qui vous fait honneur et qui nous fait honneur aujourd’hui d’être à vos côtés. 

Et je dirai, pour terminer, que ce qui me marque le plus dans les choix politiques que vous avez faits avec votre mouvement, c’est le fait que très nettement, très clairement, vous refusez deux options qui seraient les options de la facilité. Vous refusez l’option des gages au régime par le biais de négociations qui souvent ne seraient qu’abandons. Et vous refusez aussi une guerre dans la région. Vous portez la voix du changement démocratique par le peuple et par sa résistance organisée. Cette voix que vous avancez, Madame la Présidente, est la voix qui écarte autant la guerre que la complaisance. Et j’ai beaucoup apprécié cette formule qui est la vôtre, et qui, je crois, définit bien pourquoi nous sommes rassemblés aujourd’hui, et j’en ferai la conclusion de mon intervention : « Nous ne demandons, dites-vous, ni arme ni argent, mais la reconnaissance de la résistance du peuple iranien. »

 

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