mardi, décembre 6, 2022
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Il est temps de demander des comptes aux dirigeants du régime iranien

Par Hossein Abedini,
membre du Parlement en exil de la Résistance iranienne

Huffington Post (Grande-Bretagne), 11 novembre – La mort sous la torture du blogueur iranien et prisonnier politique, Sattar Behechti, 35 ans, a suscité une condamnation internationale mais pas suffisamment pour faire pression sur un régime qui continue à pratiquer ce genre d’actes barbares.

 

M. Behechti a été arrêté huit jours seulement avant sa mort. Les agents du ministère du Renseignement du régime iranien (le Vevak) ont attaqué son domicile le 30 octobre, utilisant le nom de la cyberpolice. Ils l’ont arrêté sans lui spécifier les charges retenues contre lui et l’ont emmené vers une destination inconnue.

L’accusation portée contre M. Beheshti, qui avait été également arrêté lors du soulèvement étudiant de 1999 à Téhéran, n’est pas un secret. C’était un des millions d’Iraniens qui rêvent d’un Iran libre et démocratique et qui considèrent le fascisme religieux comme le véritable obstacle à la réalisation de ce rêve.

Malheureusement, M. Behechti ne sera pas la dernière victime de la brutalité du régime.
Le 8 novembre, cinq prisonniers ont été pendus dans la ville de Chiraz. La veille, quinze prisonniers avaient été pendus dans les villes de Téhéran, Chiraz, et Zarand.

Depuis le 22 octobre, il y a eu six exécutions collectives. Treize prisonniers ont été exécutés à la prison de Gohardacht le 22 et le 23 octobre, trois à la prison de Qazvine le 24 octobre, et huit à la prison d’Evine le 31 octobre.

Le nombre d’exécutions ces trois dernières semaines, est d’au moins 45. Au moins 383 personnes ont été exécutées, dont beaucoup en public, depuis le début de l’année 2012. Dans une autre mesure inquiétante, le régime tente d’accélérer l’exécution d’un millier de prisonniers condamnés à la peine capitale en mettant en place un comité de la mort à la prison de Gohardacht.

Ces statistiques sont basées sur les annonces publiques du régime. Le nombre réel est bien plus élevé.

De nombreux prisonniers politiques sont exécutés sous la fausse accusation de trafic de drogue.

En fait, la montée de la répression intérieure est un déjà-vu. Au cours des trois premières années qui ont suivi la révolution de 1979, Khomeiny a mis en œuvre sa vision arriérée du pouvoir absolu du religieux, en utilisant des mesures de répression sauvage contre l’opposition pacifique au sein de la population menée par des partis politiques organisés bénéficiant d’un soutien populaire.

Il a réduit au silence les voix de la liberté et a éliminé les partisans de la souveraineté populaire et de l’état de droit. Trois décennies après que les mollahs aient consolidé le pouvoir en Iran, les exécutions de masse, les mauvais traitements et la torture des prisonniers politiques jusqu’à la mort n’ont pas cessé un seul jour. Le résultat est la mort de 120.000 prisonniers politiques et le meurtre de dissidents à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Aujourd’hui, le régime est confronté à des sanctions sévères et à l’effondrement économique au milieu d’une lutte de pouvoir interne qui s’intensifie.

Mais le fascisme religieux est convaincu que la seule menace à son règne de terreur vient du peuple iranien et de sa résistance organisée. Et donc cela concourt à aviver la répression et la multiplication des exécutions de masse au moment où il est le plus faible.

Il espère éviter une nouvelle éruption des soulèvements populaires dans tout le pays aux cris de  «A bas le dictateur », comme après l’imposture électorale de 2009.

Aujourd’hui, la violation systématique des droits de l’homme par le régime est occultée tandis que la communauté internationale tente de faire pression pour lui faire abandonner son programme d’armement nucléaire.

Cela devrait changer, il est temps de demander des comptes aux dirigeants du régime iranien et à tous les individus responsables d’actes de torture et des exécutions en Iran.

Le Royaume-Uni, l’Union européenne et les États-Unis doivent porter le dossier des violations systématiques des droits de l’homme par le régime iranien au Conseil de Sécurité de l’ONU, exiger des sanctions globales et la poursuite des dirigeants du régime pour crimes contre l’humanité.

Les Iraniens ne resteront pas silencieux et continueront à protester, même face aux exécutions croissantes. La question est de savoir si la communauté internationale aura la volonté politique de suivre leur exemple.

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