vendredi, décembre 9, 2022

Il est temps d’agir pour l’Iran

Par Ali Safavi *

The Huffington Post, 9 mars  – Au cours des trois dernières semaines, des dizaines de milliers de manifestants sont à nouveau descendus dans les rues en Iran, demandant la démocratie ainsi que la fin du régime. Les manifestations populaires continuent de hanter les dirigeants intégristes à un moment décisif de l’histoire de la région. Mais si aucun soutien n’est offert au peuple iranien et à sa principale opposition, cette fenêtre d’opportunité cruciale se refermera, et il sera bien plus difficile et trop tard pour faire face à la menace du régime iranien.

Pour l’Occident, la revendication légitime des libertés et des droits de l’homme à travers le Moyen-Orient a entrainé la fin de l’ère du choix de la stabilité tyrannique sur la démocratie en matière de politique étrangère.

Pour apaiser les inquiétudes quant au rôle de l’intégrisme religieux dans l’avenir de la région, Washington devrait cesser de parler aux mollahs intégristes et commencer à écouter le peuple iranien.

Le président Obama et la secrétaire d’État Hillary Clinton ont envoyé des encouragements aux manifestants. Mais, s’ils ne sont pas traduits par des actions tangibles, les mots et les inquiétudes ne servent à rien.

Washington devrait prendre une longueur d’avance au Moyen-Orient et moderniser sa politique plus rapidement. L’agressivité nucléaire du régime iranien, la répression au sein du pays et le soutien terroriste à l’étranger surpassent la politique américaine.

La complaisance ou la menace de guerre ne sont pas les seules options pour l’Iran. Il y a une troisième possibilité : soutenir un changement démocratique par le peuple iranien et son mouvement de résistance.

Depuis juin 2009, les soulèvements du peuple iranien ont clairement visés le régime tout entier et sa plus haute autorité, le fameux guide Suprême, Ali Khamenei. Lors des récentes manifestations, les gens scandaient : « Moubarak, Ben Ali, au tour de Seyed Ali [Khamenei]».

La profondeur et l’ampleur des manifestations dans les rues, s’ajoutant à la brèche grandissante au sommet du pouvoir, présentent de nouvelles dynamiques, ne pouvant plus être ignorées.

En prenant une position plus dure contre le régime et en soutenant un changement démocratique, les États-Unis accueilleront non seulement le changement démocratique imminent en Iran, mais ils étoufferont également la croissance évitable de l’intégrisme dans la région.

Alors que les Égyptiens manifestaient début février, Khamenei préconisait l’établissement d’un régime islamique au Caire, tout en célébrant un « réveil islamique » à l’image de son propre régime tyrannique.

Il est complètement insensé pour l’Occident d’attendre une issue démocratique au mécontentement populaire dans le Moyen-Orient tout en s’engageant au même moment avec les intégristes en Iran.

La troisième option du changement démocratique ne devrait plus être le troisième rail de la politique iranienne de l’Amérique. Elle devrait être la première priorité.

Il y a un certain nombre de mesures pratiques qui doivent être prises à cette fin.

Tout d’abord, des sanctions plus globales et un embargo pétrolier en particulier, devraient être imposées contre le régime, le privant des moyens de financer le terrorisme et l’extrémisme à l’étranger.

Deuxièmement, contrairement à leur réaction tiède face à l’acte de répression du régime en 2009, les États-Unis doivent se montrer fermes contre les violations des droits de l’homme, en renvoyant par exemple le bilan du régime devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, dans la poursuite de mesures plus sévères. Rien qu’en janvier, les mollahs ont exécuté près de 100 personnes, une augmentation de 400 pour cent comparé à la même période l’année dernière.

Et enfin dernière mais pas moindre, même dans l’environnement actuel, les États-Unis restreignent les activités de la principale opposition iranienne, les Moudjahidine du peuple (OMPI), en les gardant sur la liste noire sur l’injonction de Téhéran.

Un certain nombre d’anciens éminents hauts responsables des trois dernières administrations, notamment pas un mais trois chefs d’états-majors, des diplomates américains chevronnés, des experts en lutte contre le terrorisme et des responsables chevronnés des renseignements et de la sécurité comme d’anciens directeurs de la CIA et du FBI ont exhorté Washington à retirer l’OMPI de la liste et à protéger le camp d’Achraf, où résident 3 400 membres de l’OMPI en Irak.

Les États-Unis doivent immédiatement retirer l’OMPI de la liste, comme l’ont demandé à la fois la Cour d’appel fédérale de Washington et des dizaines de parlementaires bipartites. Cela doit être fait, non pas demain, mais aujourd’hui, comme l’a déclaré l’ancien chef d’état-major le général Hugh Shelton lors d’une conférence le mois dernier.

Le Représentant Lee Hamilton, vice-président de la commission du 11 septembre et ancien président démocrate de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, a déclaré, « Je ne comprends pas pourquoi les États-Unis ont maintenu l’OMPI sur la liste des terroristes durant toutes ces années ».

Soulignant qu’il a eu « accès à des renseignements classés », le Représentant Hamilton a noté : « Je ne connais aucun fait pouvant nécessiter la présence de l’OMPI sur la liste terroriste ».

La semaine dernière, lors d’une audience de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, le Représentant Brad Sharman, le démocrate le plus haut placé de la Sous-Commission sur le Terrorisme, la Non-prolifération et le Commerce a déclaré à la Secrétaire d’État Hillary Clinton : « J’ai demandé un briefing classé de la sous-commission compétente, le Département d’État a refusé à cause d’un litige, la communauté des renseignements l’a fourni. Et franchement, après ce briefing classé, j’ai pensé que sans doute rien n’a été fait durant ce siècle justifiant la présence de l’OMPI sur cette liste et cela a fourni d’importantes munitions à la conviction que l’OMPI soient sur la liste dans le cadre d’une offre de paix ou d’une concession à Téhéran ».

Il est paradoxal que les États-Unis satisfassent les demandes des dirigeants intégristes de Téhéran en restreignant l’OMPI anti-intégristes. Radier l’OMPI de la liste renforcerait toute l’opposition en Iran, et servirait à étouffer la volonté nucléaire de Téhéran et son programme expansionniste.

La politique iranienne de Washington doit inclure la Troisième voie comme son paramètre le plus fondamental. Les enjeux sont élevés et la fenêtre d’opportunité se referme rapidement.

Ali Safavi, membre du Parlement iranien en exil.

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