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Il est du devoir des démocrates de soutenir la cause de la résistance iranienne – Alejo Vidal Quadras

CNRI – « L’histoire de la Résistance iranienne est un long parcours, encombré de sacrifices et pavé de souffrances. Madame Radjavi elle-même a perdu deux sœurs dans cette bataille, assassinées dans des circonstances tragiques. Par conséquent, lorsqu’une cause est appuyée par ce degré d’engagement et de sacrifice, il est du devoir de ceux qui croient en la démocratie, de toute personne honorable, de soutenir cette cause », a assuré Alejo Vidal-Quadras à Madrid le 18 décembre.

 

Le Vice président du Parlement européen s’exprimait dans une conférence internationale à la Casa de América sur la crise iranienne et ses solutions. Il était entouré de parlementaires et personnalités espagnols et internationales et de Maryam Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne.

Voici les points forts de son intervention :

Cela a été un long parcours, politiquement intense. Je dois vous rappeler juste pour l’aspect historique qu’il y a dix ans, le CNRI et sa principale organisation les Moudjahidine du Peuple d’Iran ont été injustement classés comme organisations terroristes, aussi bien dans l’UE qu’aux États-Unis. Avec cette classification comme groupe terroriste, les pays occidentaux ne cherchaient qu’à faire plaisir au régime de Khamenei, parce qu’il n’y avait pas de raison objective de fonder cette accusation – comme cela a été prouvé plus tard.

En réalité, suite à une très longue lutte, aussi bien juridique que politique, la Cour européenne de justice a émis une série d’ordonnances, jusqu’à l’ordonnance finale, où il a été clarifié que les gouvernements européens devaient retirer le CNRI et les Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste terroriste, ils ont ordonné qu’ils devaient être radiés de la liste. Tout récemment, le Département d’État américains est arrivé à une décision similaire, également sous la pression par des tribunaux d’agir en ce sens.

Et tandis que je suis ici avec des personnalités politiques, du Congrès et du Sénat, et également avec un ancien eurodéputé très honorable, mon grand ami Paulo Casaca, je veux mettre l’accent sur une question qui, je pense, est très pertinente pour les eurodéputés : dans ce long parcours pour donner à la résistance iranienne ce qu’elle méritait à juste titre, qui était d’être retirée de la liste des organisations terroristes, puisqu’ils n’ont jamais été des terroristes, ce qui s’est produit était clairement une aliénation du pouvoir législatif (les parlements) et du judiciaire, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, contre l’exécutif. Des parlementaires du même parti comme le gouvernement au pouvoir au Royaume-Uni, en France, dans d’autres pays, aux États-Unis, défiaient leurs gouvernements sur cette question pour s’assurer que justice était rendue.

Cette bataille a duré plus de dix ans, et finalement, les tribunaux soutenus par des parlements démocratiques ont très bien fait la vérité : la résistance iranienne n’a jamais été une organisation terroriste et si elle a été qualifiée comme telle par des gouvernements, c’était pour des raisons purement politiques sans aucun rapport avec la vérité et la justice.

Nous devons nous rendre compte que l’histoire de la Résistance iranienne est un long parcours, encombré de sacrifices et pavé de souffrances. Le dirigeant historique, l’époux de Madame Radjavi, Massoud Radjavi, avait déjà été emprisonné dans sa jeunesse à l’époque du chah pendant sept ans. Plusieurs membres de sa famille ont payé de leur vie cette bataille pour la liberté en Iran. Madame Radjavi elle-même a perdu deux sœurs dans cette bataille, et elles ont été assassinées dans des circonstances tragiques. Par conséquent, lorsqu’une cause est appuyée par ce degré d’engagement et de sacrifice, je pense qu’il est du devoir de ceux qui croient en la démocratie, de toute personne honorable, de soutenir cette cause.

Le Parlement européen possède un intergroupe informel qui s’appelle Les Amis d’un Iran Libre, avec plus de 200 eurodéputés issus de différents groupes politiques : gauche, droite, centre … Il y a des eurodéputés du Parti Populaire, des socialistes, des conservateurs britanniques, des nationalistes de partis espagnols, c’est dire que ce soutien dépasse le niveau partisan et qu’il s’agit d’un soutien multipartite. Il comprend des eurodéputés appartenant à un éventail d’idéologies et de partis qui soutiennent la liberté et la démocratie en Iran. Je pense que c’est également un signe qui parle de lui-même sur ce mouvement. Certes, un mouvement qui est soutenu par des socialistes, des conservateurs, par le Groupe Populaire, même par les Nationalistes catalans par exemple (et nous avons nos différences avec eux en Espagne), tous ensemble pour soutenir une cause qui est universelle et touche la planète entière. Je pense que c’est très significatif.

Chaque année, j’ai le plaisir et l’honneur de prendre part à un grand rassemblement, un grand événement de l’opposition iranienne en exil à l’échelle mondiale, qui se tient à Paris. J’y ai assisté avec des dirigeants d’envergure mondiale venus de nombreux pays et de nombreuses tendances politiques, qui soutenaient la Résistance iranienne.

Ce rassemblement annuel a réuni 50.000, puis 60.000 et 70.000 Iraniens. La dernière fois, ils étaient 100.000 ou plus de 100.000 Iraniens venus de partout dans le monde pour soutenir le mouvement de résistance. Parfois, lorsque j’entends dire que Madame Radjavi préside un petit groupe, insignifiant, marginal … je me tords de rire. Je vous le demande : quel parti politique en Europe peut réunir 100.000 personnes dans un stade ? Combien y en a-t-il ? Il y en a très peu, ou pratiquement pas. Par conséquent, nous parlons d’un mouvement qui possède une énorme dimension sociale, réunissant toutes sortes de personnes : des gens aux origines les plus modestes aux gens au statut le plus élevé ; des femmes et des hommes, dispersés à travers le monde entier qui ont un seul but et dont les cœurs battent en harmonie, à l’unisson, avec le respectable – très respectable – objectif de retourner dans leur pays, la liberté, la démocratie et la dignité commune.

Nous ne pouvons dès lors l’ignorer. Je dis que parmi les nombreuses choses de bien que nous faisons actuellement en Europe, l’une des choses les plus importantes que nous pouvons faire est d’encourager le changement en Iran. C’est presque une priorité, une priorité stratégique, une priorité morale et, sans aucun doute, une priorité politique.

Étant donné la situation, les gouvernements doivent sérieusement réfléchir sur leur politique à cet égard. Voyons ensemble : la fameuse Realpolitik – politique du pragmatisme – est sans conteste une réalité et je ne vais pas nier son existence. Une politique fondée sur du pur idéalisme peut échouer. Nous avons ensuite une politique des idéaux placée dans un contexte de réalité auquel nous ne pouvons pas échapper ; personne ne le nie mais il y a des limites à cela.

Mais quels intérêts corporatistes ou politiques pourraient bien justifier la torture ou l’oppression, le mépris pour des millions et des millions d’innocents ? Quel intérêt politique, corporatiste ou économique pourrait bien être compatible avec les massacres de masse, les exécutions sans procès, avec les pires tortures dans ces sombres cellules ou les prisons de la police secrète iranienne, qui se produisent chaque jour ? Chaque jour il y a d’horribles choses qui se produisent et si je vous les expliquais maintenant, nous serions horrifiés, et nous serions en larmes parce qu’il est incroyable que même le diable puisse atteindre de tels sommets. Je vous le demande encore : quel intérêt politique, stratégique ou économique peut être plus important que lutter contre cela ?

Et après, si nous souhaitons être pragmatiques, soyons-le, soyons tout à fait pragmatiques. Pouvez-vous penser à quelque chose de plus important que la paix et la stabilité pour que l’économie prospère ? Pouvez-vous penser à quelque chose de pragmatique qui soit plus important que supprimer la pire menace à la paix et à la stabilité dans le monde qui est l’Iran ? C’est un régime qui encourage également le terrorisme aux quatre coins de la planète. Y a-t-il quelque chose de plus pragmatique que de neutraliser une dictature comme celle-ci et l’empêcher de mettre la main sur des armes nucléaires ? Par conséquent, du point de vue des idéaux et de la morale – c’est de notre devoir – et du point de vue réaliste et pragmatique – c’est dans notre intérêt. Bon Dieu ! Lorsque la morale et les intérêts pointent dans la même direction, il faut être un peu stupide de ne pas le réaliser !

J’en appelle donc au gouvernement espagnol, au gouvernement de mon pays, et à mon parti, et je suis sûr que les autres parlementaires espagnols partagent ici mon point de vue, et c’est pourquoi ils sont ici cet après-midi. Le gouvernement espagnol doit jouer un rôle actif dans ce soutien à la démocratie et à la liberté en Iran.

Je conclus là-dessus, chers amis. Merci beaucoup de m’avoir écouté, et je souhaite également remercier Madame Radjavi pour sa présence à Madrid. Cela me touche et me fait vraiment très plaisir, qu’elle soit sur le sol espagnol. Je suis sûr qu’elle reviendra et j’espère également que dans le futur, nous pourrons lui rendre visite dans son merveilleux pays, en Iran. Pour que tout ceci se matérialise et devienne une réalité, nous continuerons à travailler ensemble pour la paix, la démocratie et la liberté. J’espère que cela se fera bientôt.