mardi, janvier 31, 2023
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Giulio Terzi: L’Occident répète encore de vieilles erreurs avec l’Iran

Giulio Terzi: L’Occident répète encore de vieilles erreurs avec l’Iran

L’ancien ministre italien des Affaires Etrangères, Giulio Terzi, a écrit un article d’opinion sur l’anniversaire de l’accord nucléaire des grandes puissances mondiales avec le régime iranien, avertissant que la politique Occidentale actuelle en Iran est en train de renforcer le régime et d’entraver ceux qui cherchent à apporter un changement démocratique en Iran. Dans un article paru jeudi dans The Hill, M. Terzi a déclaré:

Le 14 Juillet, cela fera exactement un an que l’accord nucléaire entre l’Iran et le groupe des nations du P5+1 a été conclu à Vienne. Ce sera l’occasion pour les promoteurs de ces négociations controversées avec l’Iran de faire face à certaines dures réalités concernant la nature du régime.

Quiconque ayant compris les schémas clairs du comportement passé de l’Iran aurait dû comprendre combien faibles étaient les chances d’un « accord nucléaire» – le Plan Global d’Action Conjoint – d’obtenir de la modération politique et de la conformité de la part du régime grâce à des normes internationales. Pourtant, cela n’a pas empêché une grande partie des institutions politiques et économiques, tant aux États-Unis qu’en Europe de considérer le président iranien Hassan Rohani comme un modéré et de s’en tenir à cette considération jusqu’à nos jours.

Un discours partial et mensonger a été volontairement répandu afin de soutenir les politiques iraniennes basées sur une simple ignorance de l’histoire récente. De nombreux aspects ont été soit négligés soit tordus. L’expérience négative des gouvernements Occidentaux, quand ils ont essayé de tendre la main aux «modérés» à l’intérieur du régime iranien, a été complètement négligée, puisque chaque tentative a été contrariée par ces mêmes «modérés» – chacune de manière plus prévisible que la précédente.

Depuis l’année où l’offensive de charme de Rohani a conduit à un allègement sécurisé de ses sanctions économiques, il s’est montré tout aussi hypocrite et trompeur que les anciens présidents Mohammad Khatami et Akbar Rafsanjani. Avec eux, les gouvernements Américain et Européen faisaient de gros efforts pour promouvoir le dialogue et la compréhension sur les questions régionales et bilatérales les plus importantes. Mais cette sensibilisation a finalement conduit à l’intensification d’un discours anti-Occidental à des répressions sur les actuelles voies réformistes à l’intérieur de la société iranienne.

Le président Rohani est lui-même actuellement un des vecteurs du discours de propagande qui émerge par rapport à l’accord nucléaire. En octobre 2015, l’Iran a testé un missile balistique à capacité nucléaire – une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui pourrait impliquer des sanctions plus larges que celles déjà établies par l’administration Obama.

De manière insouciante, au milieu du tollé international iranien, les Gardiens de la Révolution iranienne ont effectué d’autres essais de missiles: quatre de plus, d’après ce que nous savons. Ils ont fait cela avec l’accord explicite du président Rohani. Lorsqu’il a eu affaire aux mesures modérées des Etats-Unis, Rohani a ordonné à son ministère de la défense d’intensifier la production de ces armes. Le président iranien a apparemment cru que son homologue américain ne réagirait pas à davantage de provocations iraniennes. Il a eu raison. Aucun des derniers tests de missiles n’a engendré des contremesures ou des réactions.

L’Occident aurait dû, avec beaucoup plus d’attention, tenir compte du passé récent lorsque l’on faisait valoir les perspectives de modération de Téhéran suite à l’accord nucléaire. Hassan Rohani avait clairement indiqué quelques années plus tôt que son intérêt dans les négociations était guidé non par des considérations modérées, mais par l’opportunisme politique de se servir des négociations pour des buts extrémistes. Quand, au milieu des années 2000, il a été négociateur en chef en ce qui concerne la question nucléaire, Rohani s’est vanté auprès de ses collègues officiels qu’il a aidé à maintenir un climat apaisé afin que les puissances Occidentales atténuent quelque peu la pression pendant que l’Iran continue à développer son programme nucléaire et à étendre ses capacités d’enrichissement d’uranium. Cela aurait dû être clair pour les négociateurs américains en 2015 que c’était exactement la finalité que le président iranien nouvellement élu avait à l’esprit. Il est probable que le «P5+1» ait très bien su que la modération n’était pas vraiment sur la table.

Le dossier de l’Iran parle de lui-même. Il comprend une croissance continue de stocks de missiles balistiques, des provocations à l’égard de cibles Occidentales, des arrestations massives de journalistes, de militants, et de personnes ayant une double nationalité, ainsi qu’un taux en constante évolution des exécutions. Près de 1000 personnes ont été pendues en 2015. Plus de 2500 ont été exécutées depuis que Rohani a pris ses fonctions. Entre-temps, les politiques régionales flagrantes de Téhéran ont envoyé des milliers de troupes en Syrie pour maintenir en place Assad et un régime responsable de crimes contre l’humanité, comme l’a indiqué l’ONU; soutiennent le Hezbollah libanais, les chiites et les milices de substitution en Irak et au Yémen, sans parler du fait d’avoir saccagé l’ambassade saoudienne à Téhéran.

Quiconque comprend combien le retour a été difficile pour l’Occident suite aux négociations nucléaires, et combien il existe de risques dans la promotion d’affaires avec de grandes sections de l’économie iranienne contrôlée par l’Ayatollah, le pasdaran et des entités liées au financement de graves violations des droits de l’Homme et de terreur, doit être en mesure de prêter attention à la voix des dissidents iraniens qui se sont réunis lors d’un grand rassemblement organisé à Paris par le Conseil National de la Résistance iranienne, dirigée par Maryam Rajavi le 9 juillet. Le rassemblement « Iran Libre », suivi par des centaines de politiciens Européens et Américains d’une manière bipartisane, ainsi que par des personnalités importantes du Moyen-Orient, comme le prince Turki al- Faisal d’Arabie Saoudite, a envoyé un message qui reflète mieux la réalité que ce que les partisans de l’accord voulaient nous faire croire il y a un an.

Il est temps de se rendre compte qu’en ce qui concerne le peuple iranien, le résultat des négociations a été extrêmement négatif. Tel est l’effet d’une politique Occidentale qui renforce plus le régime au détriment de ceux qui sont en lice chaque jour pour changer le régime en un système véritablement démocratique.

Un Iran qui est aux mains des extrémistes religieux est un Iran qui est nuisible aux intérêts Occidentaux. Toute politique efficace à l’égard de l’Iran devrait dépendre d’une amélioration des relations par rapport à l’amélioration des droits de l’Homme en Iran, devrait empêcher toute transaction avec les Gardiens de la Révolution, le principal appareil de meurtre et de terreur, et devrait appeler à des conséquences graves en ce qui concerne le fait que l’Iran envoie ses gardes et mercenaires en Syrie, en Irak, au Liban et dans d’autres parties du Moyen-Orient.

Ceci est une politique qui est en ligne avec nos valeurs et principes, en cohérence avec l’engagement pris par l’UE et ses Etats membres de mettre au cœur de leur politique étrangère et de sécurité la promotion des droits de l’Homme, des libertés fondamentales et de la primauté du droit – la seule politique qui apporte de l’assurance à nos alliés régionaux et nous identifie avec les aspirations des iraniens pleurant pour la liberté.

Giulio Terzi est un ancien ministre italien des Affaires Etrangères.

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