jeudi, janvier 26, 2023
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Genève-ONU : Alejo Vidal-Quadras à la Conférence sur les Droits de l’homme en Iran

Genève-ONU : Alejo Vidal-Quadras à la Conférence sur les Droits de l’homme en Iran

Alejo Vidal-Quadras, ancien vice-président du Parlement européen (1999-2014) et président du Comité international de recherche de justice (ISJ), partipait la semaine dernière à une Conférence organisé au Nations Unies à Genève sur l’Iran. Des juristes et d’experts internationales ce sont penchés sur ce qui est appelé le « massacre des prisons » en Iran et qui a entrainé l’exécution de plus de 30 000 prisonniers politiques dans ce pays.

La conférence qui était organisée au moment où la 36ème session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est en cours, s’est tenue à l’initiative de plusieurs ONG dont France Liberté-Fondation Danielle Mitterrand, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les Peuples (MRAP), Women’s Human Rights International Association (WHRIA), Nonviolent Radical Party, Transnational and Transparty et International Educational Development (IED).

Dans son intervention Alejo Vidal-Quadras a déclaré :

J’ai été réconforté quand j’ai lu le dernier rapport de Mme Asma Jahangir, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran. Elle a publié pour la première fois, le 2 septembre, un rapport sur le massacre de plus de 30 000 prisonniers politiques à l’été 1988, principalement des membres et sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (PMOI).

En 1988, le régime iranien a perpétré un massacre affreux, en envoyant des dizaines de milliers de prisonniers politiques à la potence et en les enterrant en masse, dans des tombes sans épitaphes, tout ceci conformément à une fatwa ou un décret, émis par le fondateur du régime des mollahs, l’Ayatollah Khomeini.

Malheureusement, le monde est resté jusqu’à un passé récent silencieux sur ce sujet.

La campagne pour la justice en faveur des victimes du massacre de 1988 en Iran a été lancée par madame Maryam Radjavi et s’est étendue au cours de l’année écoulée, aussi bien en Iran qu’à l’échelle internationale.

J’ai récemment parlé lors d’une exposition organisée sur cette tragédie par plusieurs districts municipaux à Paris et de nombreux autres événements ont eu/et auront lieu dans différents pays d’Europe. Cette campagne a ouvert les yeux de nombreuses personnes en Iran et en dehors de l’Iran, et même à l’intérieur du régime lui-même, et a effectivement prouvé que l’OMPI est la seule alternative sérieuse et véritable à cette dictature fondamentaliste.

Je vous rappelle qu’environ 800 anciens prisonniers politiques, qui étaient emprisonnés par le régime des mollahs, sont actuellement en Albanie. Ils sont les meilleurs témoins de ce crime. Ils étaient dans les camps Achraf et Liberty en Irak et sont maintenant à Tirana. J’ai parlé avec beaucoup d’entre eux et ai partagé avec eux les terribles souvenirs cette horreur.

Ce massacre est aujourd’hui devenu un problème national pour la prétendue République islamique d’Iran, car cela a amené de nombreuses personnes, opposants ou partisans du régime, à réfléchir sur la nature réelle de la dictature qui opprime leur pays.

L’appel à la justice pour les victimes du massacre de 1988 est maintenant un point central de la résistance du peuple iranien pour un changement de régime en Iran.

Nous ne devrions plus nous faire d’illusions à propos de ce régime. Durant son premier mandat, Hassan Rohani a nommé un membre de la Commission de la mort de 1988 en tant que ministre de la Justice. Maintenant, pour son deuxième mandat, il a de nouveau désigné comme ministre de la Justice un autre auteur de massacre dans le sud de l’Iran. L’Union Européenne a déjà désigné et sanctionné ce nouveau ministre, Alireza Avayi, pour avoir directement participé à de graves violations des droits de l’homme.

Il est essentiel que le Conseil de sécurité de l’ONU renvoie cette affaire au Tribunal pénal internationale pour engager la poursuite contre les dirigeants du régime et les auteurs du massacre.

J’aimerais saisir cette occasion pour demander à l’UE et à nos gouvernements européens de mettre les droits de l’homme en avant lorsqu’ils traitent avec l’Iran. En tant qu’européen, je me sens plutôt embarrassé par les politiques actuelles de la Haute représentante de l’UE, Mme Mogherini, et ses relations amicales avec le régime des mollahs. Nous devrions représenter les valeurs européennes qui sont la liberté, la démocratie, les droits des femmes, la liberté d’expression et de religion. Malheureusement, les dirigeants de l’UE passent un mauvais message au peuple iranien qui, à juste titre, estime que l’UE n’est intéressée que par le commerce, les entreprises, la conformité de l’accord nucléaire et rien d’autre. La crédibilité de l’Europe et de tout le monde libre a gravement été compromise par les politiques de complaisance de l’UE, qui ont d’ailleurs échouées parce qu’il n’y a pas eu de changement dans l’attitude agressive du régime en Syrie, en Irak ou au Yémen, ni aucune amélioration de la situation des v
iolations continuelles et cruelles des droits de l’homme en Iran.

Si nous voulons que le régime des mollahs nous prenne au sérieux, nous devons faire preuve de fermeté et de détermination. Nous devons mettre en œuvre des sanctions contre la République islamique d’Iran pour ses violations des droits de l’homme. C’est le langage que les mollahs comprennent comme ils l’ont fait après les sanctions sur la question nucléaire.

Je demande donc aux gouvernements européens de mettre en avant les droits de l’homme et de sauver la réputation et la crédibilité de l’Europe.

Ce dernier rapport de Mme Jahangir et sa référence au massacre de 1988 doit être pris en considération dans les résolutions de l’ONU et au sein du Conseil de sécurité afin de poursuivre ceux qui étaient responsables de ce crime contre l’humanité et qui continuent d’occuper principalement et scandaleusement des fonctions de grande responsabilité en Iran.

Aucun ordre international ne peut être stable et pacifique sans justice. Par conséquent, nous avons besoin et nous réclamons la justice pour les 30 000 victimes du carnage de 1988 en Iran. Nous ne devrions pas perdre plus de temps parce que c’est une situation par rapport à laquelle l’inaction vis-à-vis de ce crime équivaudrait à une collaboration avec les bouchers.

Je vous remercie.

Alejo Vidal-Quadras
Président du Comité international à la recherche de la Justice (ISJ)
Ancien Vice-président du Parlement Européen (1999-2014)

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