lundi, janvier 30, 2023
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France-Iran: « Le 17 juin 2003 on a déchiré mes droits en petits morceaux » (Sala Azari – peintre)

ImageCNRI – A la veille du meeting  de 30.000 Iraniens au parc d’expositions du Bourget le 1er juillet, la radio RBG a fait une interview avec Sala Azari, peintre et sculptrice en exil. Arrêtée dans la rafle honteuse du 17 juin 2003, Sala s’était vu imposer des restrictions très lourdes de contrôle judiciaire, puisque résidant en Grande-Bretagne, on lui avait retiré tous ses papiers et elle se retrouvait sans identité ni statut et dans l’incapacité de rejoindre l’Angleterre, de travailler en France ou même de trouver un logement ou un emploi.

Elle était donc dépossédée de ses droits les plus élémentaires dans le cadre de ce dossier, dont le vide sidéral a été dénoncé par les avocats, des milliers de juristes à travers le monde et autant de parlementaires. Le 16 juin la cour d’appel de Paris levait ces restrictions. 

RGB annonce le grand rassemblement du Bourget où « le mouvement de Résistance à la dictature des mollahs de Téhéran fera entendre son opposition à l’acquisition par le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad de l’arme atomique ». La radio poursuit avec une interview de Sala Azari :

Sala Azari, arrêtée le 17 juin 2003 comme 165 autres réfugiés iraniens, prendra place à la manifestation. Elle témoigne de son statut de réfugiée :

Sala Azari : J’étais activiste pour les droits des femmes et les droits humains. Je militais en tant qu’artiste pour la défense des droits. Je travaillais sur un film concernant des étudiantes qui avaient participé à une manifestation contre la dictature des mollahs.

Il y a eu 1300 policiers qui ont été déployés dans cette la rafle. 165 opposants iraniens, ainsi que la présidente de la république élue du CNRI, Maryam Radjavi, ont été arrêtés. Cette rafle a été un choc pour tous les militants des droits de l’homme.

RGB : Et toutes les personnes arrêtées ont été remises en liberté contre l’avis du parquet et du juge d’instruction. Vous habitez en Angleterre et pourtant vous restez toujours en France. Vous habitez actuellement chez des amis à Paris. Pourquoi vous ne pouvez pas retourner chez vous ?

Sala Azari : C’est une longue histoire mais c’est à cause des restrictions que l’on m’a imposées après avoir été libérée. Je pense que je suis une victime de ce marchandage politique. En tant qu’artiste, comme je l’ai dit, je militais pour les droits humains. Ces vingt-cinq dernières années, j’ai toujours dénoncé les arrestations arbitraires, j’ai toujours pris la défense des victimes de la répression. J’avais appris à protéger la liberté dans toutes conditions et je me suis toujours élevée contre le terrorisme. Et aujourd’hui, c’est moi qui me retrouve dans cette situation. On m’a retiré mes droits fondamentaux, on les a violés et déchirés en petits morceaux. J’ai été choqué d’avoir été menacée par la police d’un pays qui représente la démocratie pour les Iraniens bien sûr.

RGB : Votre passeport vous a été retiré, votre compte bancaire a été bloqué, vous ne pouvez même plus voir vos amis, ni votre mère, qu’en est-il actuellement ?

Sala Azari : Oui c’est exact. J’ai été interrogée pendant 10 à 13 heures alors que j’étais en grève de la faim et de la soif et que j’étais très affaiblie. Après les interrogatoires j’ai été emprisonnée comme une criminelle pendant 14 jours et humiliée pour m’être dédiée à la liberté et la démocratie pour mon peuple enchaîné.

Quand j’ai été libérée je n’ai pas eu de vie normale. On m’a confisqué mes documents. Je n’avais pas d’identité, aucun statut. Mon compte en banque a été fermé. Je n’avais pas de moyen de vivre parce que je ne pouvais pas aller en Grande-Bretagne. Où j’habite. En même temps je n’ai pas été autorisée de voir mes amis, pour obtenir de l’aide et c’était une situation très dure pour moi. »

RGB : Et aujourd’hui quel est votre combat pour la république démocratique et laïque ?

Sala Azari : « C’et un point de vue qui a été évoqué par Maryam Radjavi. Elle est présidente de la République élue de la Résistance iranienne. Elle recherche la démocratie et la laïcité pour l’Iran de demain. Elle souhaite aussi un système laïc. Nous combattons contre le terrorisme du régime iranien, pour les droits des femmes mais aussi des hommes en Iran.

RGB : Quelle est votre vision du pays actuellement ?

Sala Azari : Ce régime n’a plus aucune chance. Il est très évident qu’il n’existe pas de modération en Iran. Tout espoir dans la politique d’apaisement et de modération en Iran est un mirage. On sait quel est le bilan de ce régime : 120.000 exécutions politiques, 500.000 prisonniers politiques, 450 attentats terroristes à l’étranger et le reste, comme 7 millions de drogués en Iran.

On sait que les exécutions collectives et politiques se multiplient maintenant sous Ahmadinejad. A l’étranger à travers son ingérence croissante en Irak et ses efforts pour fabriquer la bombe atomique, ce régime est devenu le plus grand défi pour la communauté internationale.

RGB : Sala Azari commémorera avec les Moudjahdine d’Auvers-sur-Oise le centenaire de la révolution constitutionnelle en Iran. Ils fêteront le 25e anniversaire de la fondation du Conseil national de la Résistance iranienne. Ils demanderont aussi  la mise en place de sanctions contre le régime. 

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