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Aggravation de la crise des droits humains en Iran sur fond de recrudescence des exécutions

Aggravation de la crise des droits humains en Iran sur fond de recrudescence des exécutions
Des sympathisants du CNRI brandissent des pancartes « Non aux exécutions en Iran » pour sensibiliser l’opinion aux graves violations des droits humains dans leur pays.

La situation des droits humains en Iran s’est considérablement dégradée en 2026. À la suite des manifestations nationales de janvier 2026, les autorités ont intensifié les arrestations, la torture, les disparitions forcées, les procès inéquitables et les exécutions. Les femmes restent au cœur tant de la résistance que de la répression, tandis que de jeunes manifestants arrêtés lors du soulèvement sont de plus en plus souvent envoyés à la potence.

Les femmes au cœur de la répression

Les femmes continuent de subir une discrimination systématique en vertu de la législation iranienne, notamment en matière d’inégalité des droits concernant le mariage, le divorce, l’héritage et la garde des enfants. Le port obligatoire du voile demeure un instrument central du contrôle étatique. La loi dite « de la chasteté et du hijab » a élargi l’éventail des sanctions au-delà des simples avertissements et amendes pour inclure le refus d’accès aux services publics, des restrictions en matière d’emploi et d’éducation, ainsi que des poursuites pénales ; par ailleurs, cette loi confie des rôles d’application à diverses institutions de l’État et fait pression sur les entreprises et les organismes publics pour qu’ils coopèrent.

L’organisation Iran HRM a signalé que les autorités ont continué à restreindre les droits des femmes et des filles après les manifestations de 2022, en renforçant l’application du port obligatoire du hijab, en multipliant les poursuites pénales et la surveillance, et en exerçant des pressions sur les militantes. La loi dite « de la chasteté et du hijab » a imposé des obligations d’application plus étendues aux institutions étatiques et a instauré des sanctions à l’encontre des femmes, des entreprises et des organismes publics jugés non conformes.

Dans l’affaire de la place Shohada à Ispahan, dix détenus liés au soulèvement — dont Taraneh Rahimi — ont été condamnés à mort, tandis que Romina Rahimi et cinq autres coaccusés ont écopé de lourdes peines de prison ; Leila Abolhasani a, quant à elle, été condamnée à mort dans une affaire distincte à Ispahan.

Les femmes sont également de plus en plus touchées par la campagne d’exécutions à plus grande échelle. Iran HRM a recensé 92 exécutions en août 2026, dont celles de six femmes, et a indiqué que des femmes, des délinquants mineurs, des membres de minorités ethniques et des personnes accusées en lien avec les manifestations figuraient parmi les victimes.

Exécutions de jeunes manifestants

L’organisation Iran HRM a également signalé que les autorités iraniennes avaient recensé au moins 38 exécutions à caractère politique depuis fin février 2026, dont 29 liées aux manifestations ou motivées par des considérations politiques et 9 liées à l’OMPI ; des accusations liées à la sécurité nationale et des motifs politiques ont été invoqués à maintes reprises pour justifier les condamnations à mort.

Selon des organisations de défense des droits humains, plusieurs jeunes accusés en lien avec les manifestations figurent parmi les personnes exécutées ou risquant de l’être de manière imminente, notamment Erfan Esfandiari (18 ans) et Ghaem Hosseini (21 ans), tous deux impliqués dans des affaires liées aux manifestations d’Ispahan. Le CNRI a également fait état de l’exécution d’Arvin Kheirkhahan, un détenu arrêté lors du soulèvement de janvier, et a mentionné d’autres jeunes prisonniers parmi les personnes exécutées lors de la vague d’exécutions survenue fin juillet et début août.

Le 5 juillet, la Cour suprême du régime a confirmé les condamnations à mort de 12 manifestants dans l’affaire montée de toutes pièces dite de la « place Alikhani » à Ispahan ; nombre des condamnés étaient jeunes, certains étant nés en 2006 et 2007. Le 28 juillet, Abolfazl Sepahi et Amir Hossein Safari ont été exécutés en public à Ispahan.

Cette vague d’exécutions s’est poursuivie en septembre. Au moins 22 prisonniers ont été exécutés les 2, 6, 9 et 13 septembre : huit le 2 septembre, quatre le 6 septembre, quatre le 9 septembre et six le 13 septembre. Parmi les personnes exécutées le 6 septembre figurait Fatemeh Jahangard, une femme de 40 ans.

Arghavan Fallahi : risque immédiat

Le cas d’Arghavan Fallahi illustre le danger qui menace les jeunes femmes prisonnières politiques.

Cette prisonnière politique de 25 ans, sympathisante de l’OMPI, a été condamnée à mort le 1er juillet par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran pour le chef d’accusation de *baghi* (« rébellion armée »). Selon un communiqué du CNRI, elle a été arrêtée le 25 janvier 2025, a passé environ cinq mois à l’isolement — période durant laquelle elle a été soumise à des interrogatoires ainsi qu’à des tortures physiques et psychologiques — avant d’être transférée au quartier des femmes de la prison d’Evin. Fin août, la Cour suprême a confirmé sa condamnation et, le 11 septembre, sa demande de nouveau procès a été rejetée, l’exposant à un risque immédiat d’exécution.

Une répression persistante

Cette vague d’exécutions s’inscrit dans un système de répression plus vaste. L’organisation Iran HRM a fait état d’une détérioration de la situation en août, marquée par des raids violents dans les prisons, des disparitions forcées, le refus de soins médicaux, des conditions de détention inhumaines et une pression accrue sur les prisonniers politiques, tandis que la campagne « Les mardis non aux exécutions » se poursuivait dans des dizaines d’établissements pénitentiaires. Les restrictions d’accès à Internet et les menaces à l’encontre des familles ont davantage entravé la documentation des faits et accru la vulnérabilité des détenus.

La crise des droits humains en Iran résulte d’une convergence entre répression politique, discrimination à l’égard des femmes et recours croissant à la peine capitale. L’exécution d’adolescents et de jeunes adultes, ainsi que les condamnations à mort prononcées contre des femmes prisonnières politiques, soulignent la nécessité d’une pression internationale soutenue visant à faire cesser les exécutions et à garantir que les responsables d’actes de torture, de disparitions forcées et de procès manifestement inéquitables rendent des comptes.