
La campagne « Les mardis non aux exécutions » a annoncé être entrée dans sa 138e semaine, marquée par des grèves de la faim dans 62 prisons iraniennes ; elle appelle la Troisième Commission des Nations unies ainsi que les responsables onusiens des droits de l’homme à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux exécutions dans le pays.
Dans un communiqué daté du mardi 15 septembre 2026, la campagne a lié sa dernière action à l’approche du quatrième anniversaire des manifestations nationales de 2022, déclenchées par la mort de Jina Mahsa Amini. Le texte précise que la campagne « salue tous ceux qui ont perdu la vie lors de ce soulèvement, en particulier les femmes héroïques qui ont joué un rôle de premier plan dans ces manifestations ».
La campagne a indiqué que les noms de près de 700 manifestants tués durant les troubles avaient été publiés, tout en accusant les autorités de répression violente. Elle a affirmé que les manifestations n’avaient pas disparu malgré ce qu’elle a qualifié de « répression sauvage », ajoutant qu’elles perduraient « comme un feu sous la cendre » jusqu’à ce que le pays atteigne « la liberté, l’égalité, la démocratie et l’instauration d’un pouvoir populaire ».
Message à une conférence au Parlement britannique : Droits humains et transition démocratique en Iran
De longues années d’expérience montrent que le fait de fermer les yeux sur les exécutions et la résistance du peuple en Iran est au cœur d’une politique qui a soutenu le régime… pic.twitter.com/W7RHt7b1Ga
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) September 9, 2026
Le communiqué accuse le pouvoir en place en Iran de s’appuyer sur les exécutions et la répression pour se maintenir au pouvoir. Il signale que les autorités ont prononcé de nouvelles condamnations à mort cette semaine et procédé à des exécutions, précisant qu’au moins 61 personnes ont été exécutées depuis le début de *Shahrivar*, le mois du calendrier iranien ayant débuté fin août.
La campagne a également critiqué le système judiciaire, affirmant que les condamnations à mort et les menaces sont utilisées pour réduire au silence la contestation à l’approche de la rentrée universitaire. Elle a déclaré que les autorités tentaient « d’étouffer la voix de l’université, bastion de la liberté, de l’égalité et de la résistance ».
Selon le communiqué, des sympathisants à l’étranger ont organisé des rassemblements dans des villes telles que Paris, Cologne et Londres pour marquer l’anniversaire du soulèvement de 2022 et soutenir la campagne « Les mardis non aux exécutions ». Un autre rassemblement était prévu mardi devant le siège des Nations unies à Vienne, coïncidant avec la grève de la faim menée dans le cadre de la campagne. Le communiqué indiquait que l’ancien rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Iran, le professeur Javaid Rehman, avait apporté son soutien à cette campagne en se prononçant contre les exécutions.
Iran : Exécution de 22 prisonniers les 2, 6, 9 et 13 septembre https://t.co/nuCGjkYC11 pic.twitter.com/FUeC7VRukZ
— CNRI-France (@CNRIFrance) September 15, 2026
La campagne a exhorté la Troisième Commission de l’ONU, Mai Sato et d’autres rapporteurs des Nations unies à condamner ce qu’elle a qualifié de violations généralisées des droits de l’homme, de répression à l’encontre du peuple iranien et d’exécutions de masse. Elle a appelé les responsables à présenter une « solution concrète pour mettre fin aux exécutions et à la répression du peuple iranien ».
Les membres de la campagne ont signalé que des détenus observaient une grève de la faim ce mardi dans 62 établissements pénitentiaires, notamment les prisons d’Evin, de Ghezel Hesar, du Grand Téhéran, de Qarchak, d’Adelabad (à Chiraz), de Zahedan, de Dizelabad (à Kermanshah), de Sanandaj, d’Urmia, de Tabriz, de Machhad et d’Iranshahr.

