Par Hussein Shobokshi *
Asharq Alowsat Dans quelques semaines surviendra le quatrième anniversaire du lancement de laction militaire américaine en Irak, qui sest graduellement transformée en occupation, et du déploiement des forces et unités multinationales dans différentes parties du pays. Et voilà que lAmérique se retrouve noyée sous les problèmes de lIrak et de ses sectes, alignant les échecs politiques et administratifs dans la gestion de la guerre et de laprès-guerre. Ladministration américaine essuie le plus fort de la colère publique en Amérique et fait face aux pressions croissantes pour un retrait immédiat dIrak. De plus, le gouvernement des Etats-Unis soutient les gouvernements de Jaafari et dal Maliki sans sopposer aux abus de pouvoir des deux hommes, ce qui contribue ineffablement à la fomentation de la crise sectaire.
Toutes les preuves sont claires concernant ladministration américaine ; la zone dinfluence est nette et ouverte à la discussion dans ce cas. Les médias, lopinion publique et les sessions du Congrès adoptent pourtant une position stricte et sévère à ce sujet. Cependant, une question se pose : lAmérique est-elle le seul occupant en Irak ? Et loccupation iranienne de lIrak alors ? Beaucoup trouveraient bizarre de qualifier la présence iranienne en Irak doccupation, cependant toutes les caractéristiques dune occupation conventionnelle et non conventionnelle sont applicables à la situation iranienne en Irak.
On trouve plus de 30 000 Iraniens appartenant aux Gardiens de la Révolution et au service de renseignement sur le terrain, sans compter ceux qui sont présents sous la protection dorganisations humanitaires ou de groupes scientifiques, ainsi que des milliers dIraniens qui ont reçu la nationalité irakienne et qui ont été « placés » à des postes clés et influents. Il existe des régions géographiques entières en Irak placées sous linfluence totale de lIran et où cest lIran qui prend les décisions. Un certain nombre de décisions politiques et stratégiques sont prises uniquement avec lassentiment et sur ordre de lIran. Il y a aussi, bien entendu, du matériel, des armes et des fonds qui viennent dIran et qui sont destinés à soutenir les escadrons de la mort, établis par déminents membres du gouvernement irakien nés des services de renseignement iraniens.Dire que les États-Unis représentent la seule forme doccupation en Irak est une simplification ridicule de létat des choses et un refus de regarder les faits et la réalité en face. Il existe une occupation du libre arbitre irakien, une interférence insolente et tyrannique dans ses affaires internes et une explosion évidente du conflit, opérés par le soutien absolu accordé à certains partis au détriment dautres.
Le désastre qui se produit en Irak aujourdhui est le résultat dune décision « stupide » de partir en guerre et de décisions « ignorantes » prises quant à la gestion de la phase daprès-guerre. Cependant, un certain nombre de politiques « malveillantes » ont exploité la situation, augmenté le nombre de conflits, contribué à la multiplication de contrecoups négatifs et transformé la situation en un épisode sanglant et tyrannique, dont le prix est le sang des Irakiens et de la région toute entière. LIran fait exactement la même chose que les USA de par sa présence en Irak et les réclamations visant à mettre un terme à loccupation pourrait aussi laffecter. La région ne peut plus supporter létat de déni et dignorance volontaire face à ce qui se passe en Irak, et ne peut plus non plus endurer les compliments sur ce quelle était. Pourtant, il existe une occupation iranienne délibérée en Irak ; ce qui reste à faire maintenant, cest dorienter laction et la confrontation et de mettre un terme à cette initiative lancée par un patriote honnête dans le but dempêcher un éclatement inévitable de lIrak.
* Hommes daffaires et éminent chroniqueur. M. Shobokshi présente lémission dactualité hebdomadaire Al Takreer sur Al Arabiya et a été désigné en 1995 un des « Dirigeants mondiaux de demain » par le World Economic Forum. Il possède une licence en science politique et management de lUniversité de Tulsa.

