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En marge des négociations entre l’Occident et l’Iran … L’OMPI fait son retour sur scène

 Par Mohammad Hamdi (chef du bureau politique)  

Al-Ahram International, 20 février – La nouvelle administration du Président des États-Unis Barack Obama est occupée à rédiger un nouveau plan qui s'appuie sur des entretiens et des négociations avec l'Iran pour résoudre les différents points de discorde. Bien que cela constitue une rupture avec le prédécesseur d’Obama, George W. Bush, c’est en harmonie avec la politique des alliés européens de l'Amérique. Pendant que les États-Unis s’attachent à l'élaboration de leur politique, l’organisation d'opposition les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) est entrée dans l'arène politique avec force et puissance. Une décision de l'Union européenne a sorti l'organisation de la liste terroriste de l'UE. Avant cela, une décision de justice avait été rendue en Europe, annulant le gel des avoirs de l’OMPI.

Bien qu'il n'existe pas de liens connus entre la politique occidentale de la carotte et du bâton avec l'Iran d'une part, et le retour de l’OMPI sur la scène internationale, de l'autre, les analystes politiques cherchent à évaluer l’influence de l'organisation d’opposition iranienne, après sa reconnaissance par l'Europe et la libération de ses avoirs gelés. La question est de savoir quel rôle joue l'organisation, et comment s’exerce son influence, dans le rapport de force politique en Iran ?

L’OMPI a été fondée en 1965 par plusieurs intellectuels iraniens dans le but de renverser le régime du chah. Après le renversement, dans lequel l’OMPI a joué un rôle important, des conflits ont surgi entre l'organisation et le nouveau régime. Deux ans et demi après la révolution, ces conflits ont éclaté en affrontements meurtriers entre les deux parties, avec l'exécution de milliers de membres de l’OMPI. Mais, cette dernière a résolument poursuivi ses activités pour renverser l'actuel régime iranien.

L’OMPI fait partie d'une vaste coalition appelée le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Le CNRI est composé de cinq organisations et partis, avec 550 membres éminents et bien connus, notamment des figures politiques, culturelles, scientifiques et militaires, en plus de dirigeants de ce que l'on appelle l'Armée de libération nationale iranienne, la branche armée de l’OMPI, situé au camp d’Achraf en Irak.

En août 1993, le CNRI a élu Maryam Radjavi comme présidente de la république pour la période de transition. Selon le CNRI, elle est chargée de superviser la transition pacifique du pouvoir au peuple iranien, après le renversement du régime actuel.

En [décembre] 2008, après plusieurs années de bataille à la Cour européenne de justice, le tribunal a annulé une décision de l'UE de geler les avoirs de l’OMPI sur la base de son inscription sur la liste terroriste de l'UE. Le tribunal a jugé que « le Conseil a violé les droits de la défense de l’OMPI en ne lui communiquant pas les nouvelles informations qui, selon le Conseil, ont justifié le maintien sur la liste européenne des organisations terroristes, et [le Conseil a refusé] de communiquer à la Cour certaines informations à propos de l'affaire. « Le jugement a constaté que l’OMPI n'est pas impliquée dans le terrorisme, ce que l'organisation a toujours soutenu. »

L’Iran, cependant, a condamné la décision de l’UE de radier l’OMPI de la liste des organisations que l'UE considère comme terroristes. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dit que les mains de l’OMPI étaient tachées « du sang de milliers d'Iraniens et de non-Iraniens ». Il a prétendu que l'UE recourt à deux poids deux mesures vis-à-vis du soi-disant « terrorisme ». Il a poursuivi en disant que les ministres européens qui ont pris la décision poursuivent des « objectifs illégitimes », ajoutant que « cette organisation n'a jamais condamné la violence ou déposé les armes, et continue à recourir au terrorisme ».

L'UE a également décidé de débloquer les actifs de l'organisation dans ses Etats membres. Javier Solana, le chef de la politique étrangère et de la défense du bloc, a déclaré que la décision avait été adoptée dans le cadre du respect des décisions de justice rendues par les tribunaux européens.

L'UE a placé l’OMPI sur sa liste terroriste en 2002. Toutefois, l’OMPI a déposé une plainte auprès du tribunal de Luxembourg, en demandant que ses actifs soient débloqués.

Il y a quelques jours, le Conseiller à la sécurité nationale irakienne Movaffagh al-Ruba’i, a annoncé lors d'une visite à Téhéran, qu'il était temps de mettre un terme à l’OMPI, ajoutant que « c'est une organisation terroriste » et que le gouvernement irakien a décidé de livrer ses membres à l'Iran ou à des pays tiers, qu’il n'a pas identifiés.

Maryam Radjavi, a déclaré que la politique européenne de « complaisance avec le régime iranien » a échoué et que le rythme du changement en Iran s’est accéléré.

Maryam Radjavi a ajouté que, suite à sept décisions de justice en Europe et le retrait de l’OMPI des listes terroristes de Grande-Bretagne et de l'Union européenne, le maintien de l'organisation sur la liste du Département d'Etat américain était désormais plus illégal et injustifiable que jamais. Elle a appelé le gouvernement irakien à lever toutes les restrictions injustes imposées aux résidents d’Achraf, qui sont considérés comme des personnes protégées en vertu de la IVe Convention de Genève.

Sedigheh Hosseini, la Secrétaire générale de l’OMPI, a dit que l’OMPI dispose de grandes capacités et d’une vaste présence, non seulement en Irak mais aussi en Iran. Elle a également dit que l’OMPI est le plus grand groupe d'opposition contre l'Iran, car il bénéficie d'une large base populaire dans le pays. La Secrétaire générale de l’OMPI a ajouté : Comme l’a jugé le tribunal de Luxembourg, nous ne sommes pas terroristes, nous avons remis nos armes, y compris des chars et de l’artillerie, aux Américains en 2003 pendant la guerre en Irak.

Elle a noté que les citoyens et les forces politiques irakiennes sont les principaux partisans de l’OMPI en Irak, ajoutant que ce soutien vient de véritables Irakiens qui considèrent l’OMPI comme faisant partie de leur propre société, même si l’OMPI n'est que leur hôte. Plus de 3000 cheikhs et chefs tribaux ont signé une déclaration soulignant que « l’OMPI vit en paix et en harmonie avec notre peuple depuis deux décennies maintenant, et nous la considérons comme faisant partie de notre propre société et de notre propre tribu. » 

En dépit de ces développements, les conséquences pratiques de la radiation de l’OMPI de la liste de l’UE ne sont pas apparues à ce jour. Il faut attendre et voir quels changements interviendront dans les jours qui viennent.

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