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Élections en Irak : Le confessionnalisme menace l’avenir de l’Irak

Brian Binley, député conservateur britanniqueIl ne faut pas laisser l'influence iranienne saborder les chances d'une coalition irakienne, affirme Brian Binley.

Par Brian Binley, député britannique

Daily Telegraph, 18 mars – Les premiers résultats des élections en Irak montrent la liste de « L’état de droit » de l'actuel Premier ministre Nouri Maliki au coude à coude avec le bloc de l'ancien dirigeant irakien Iyad Allaoui, mais la fraude électorale et l'attitude sectaire de Maliki menacent de précipiter le pays dans une fragmentation politique accrue.

Les observateurs électoraux indépendants ont déjà mis en évidence des contradictions électorales et exprimé leur préoccupation. Ils ont spécialement noté la présence de forces de sécurité dans les bureaux de vote qui poussaient les gens à voter pour un parti donné.

Le retard actuel dans l’annonce des résultats a également alimenté les rumeurs avec davantage de discussions sur les fraudes électorales. Toutefois, la grande question tourne autour de la façon dont le parti vainqueur s'y prendra pour mettre en place un gouvernement de coalition. Si, comme le suggèrent les premiers résultats, Nouri Maliki est victorieux, il aura la donne pour former un gouvernement.

Maliki courtise déjà des alliés potentiels, mais son attitude sectaire et ses liens étroits avec le régime iranien soulèvent de profondes inquiétudes quant à sa capacité de se projeter en tant que chef de file de tous les Irakiens. Le fait que Maliki ait été au centre d'une campagne pré-électorale interdisant à d’importantes figures sunnites de se présenter aux élections, tandis que ses affiches électorales, plus concentrées sur la débaasification de l'Irak que sur la nation guidée vers la liberté et la prospérité sous un gouvernement démocratique, ont contribué à souligner ce point.

Il a également été critiqué par un certain nombre d'organisations des droits de l'homme pour la façon dont il a traité le grand groupe d'opposition iranien dans son camp à 90 km au nord-est de Bagdad. L'OMPI est basée au camp d'Achraf depuis plus de 20 ans. Cependant alors que les liens du Premier ministre avec Téhéran se sont approfondis, il a assiégé le camp pour en limiter l’approvisionnement des besoins de première nécessité et refuser l'entrée des médecins et des avocats.

Des liens étroits du Premier ministre avec le régime iranien ont rendu les partisans du chef radical chiite Moqtada Sadr ses plus proches alliés. Maliki ferait bien de noter le rejet par le peuple irakien du Conseil suprême islamique d'Irak dans le cadre de l'Alliance nationale irakienne. Le conseil est le plus proche allié de l'Iran en Irak et il doit reconnaître sa défaite cuisante d’abord à cause de cette proximité.

Le désir de Maliki de satisfaire le leadership de Téhéran a fait de lui une figure honnie de la minorité sunnite en Irak. Cette haine s’est révélée dans les premiers résultats des élections dans certaines zones à majorité sunnite, où il a obtenu moins de 5% des suffrages exprimés.

L’attitude sectaire de Maliki vis-à-vis de la minorité sunnite a également contribué à assurer un soutien massif au Bloc Irakiya d’ Iyad Allaoui dans ces régions. En conséquence, toute tentative de la part de Maliki d’écarter Allaoui sera perçue comme une nouvelle insulte pour les électeurs sunnites, ajoutant massivement au sentiment qu'ils seront sous-représentés dans le processus politique et délibérément minimisés.

Allaoui, un chiite laïc, est considéré par beaucoup comme un chef de file de coalition qui a obtenu le soutien de la plupart des factions de la population diversifiée d'Irak. C’est pourquoi il faut bien garder à l'esprit que l'Irak entre dans des mois de disputes sur la composition et la direction du prochain gouvernement de coalition et qu’il ne faut pas laisser l'influence iranienne saborder les chances d'une coalition irakienne, qui représente l'ensemble des Irakiens et pas uniquement ceux qui sont en faveur de Téhéran.

Le Bloc Irakiya d’Ayad Allaoui a un rôle important à jouer dans un nouveau gouvernement irakien. Toute tentative par le régime iranien d’influencer le processus électoral en Irak et de marginaliser la minorité sunnite, qui a montré son soutien à un chiite laïc, pourrait conduire à des conséquences désastreuses similaires à celles de 2005, quand un boycott des élections par la minorité sunnite a conduit à deux ans de terrible carnage.

La minorité sunnite doit jouer un rôle à part entière dans le futur de l'Irak ou bien l'Irak courra de nouveau le risque de retomber dans la violence généralisée, permettant à l'Iran d'émerger comme le seul gagnant, ce qui représenterait un danger énorme pour la stabilité de toute la région et pourrait nuire immensément aux intérêts occidentaux.

Brian Binley est député conservateur du Royaume-Uni et membre du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran

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