
La crise monétaire iranienne restait aiguë le 4 septembre, les cours du marché libre oscillant autour de 223 000 tomans pour un dollar après avoir atteint des records successifs au cours de la semaine. Le média local Didban Iran estimait le dollar à 223 250 tomans le 3 septembre, tandis que la nouvelle chute du rial mettait en évidence le décalage entre les assurances officielles et la réalité du marché.
Le gouverneur de la Banque centrale, Abdolnaser Hemmati, a réagi le 4 septembre en affirmant que la demande commerciale ne souffrait pas d’une grave pénurie de devises. Il a toutefois reconnu que les importations en devises étrangères avaient chuté de 15 % par rapport à l’année précédente et a attribué la majeure partie des tensions restantes à une demande « de précaution », « spéculative » et, surtout, à la fuite des capitaux. Il a promis que la banque interviendrait « au moment opportun et avec fermeté » si les taux de change s’éloignaient trop de ce qu’il a qualifié de fondamentaux économiques.
Les autorités traitent également de plus en plus le problème monétaire comme une question de surveillance. Le 3 septembre, la Banque centrale a annoncé des sanctions contre les banques dont l’infrastructure de transaction aurait été exploitée par des « perturbateurs » sur les marchés des changes, de l’or et des métaux précieux. Cette situation est révélatrice : les responsables nient toute pénurie fondamentale tout en reconnaissant la demande liée à la fuite des capitaux, en menaçant d’intervenir et en renforçant les contrôles à l’encontre des acteurs du marché.
Les factions iraniennes s’affrontent pour déterminer qui a ruiné le pays https://t.co/b7ko4aiE4B pic.twitter.com/bnH2BI4WV7
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Les divisions internes s’aggravent
La détérioration de la situation économique intensifie les luttes intestines au sein du pouvoir, malgré les appels à la cohésion lancés par Mojtaba Khamenei. L’ancien président du régime, Hassan Rouhani, a appelé à une fin « honorable » de la guerre, a exhorté à soutenir les négociations et a critiqué la télévision d’État, l’accusant d’être dominée par « un petit groupe de quelques dizaines ou quelques centaines de personnes ». Son intervention alimente la polémique de plus en plus publique sur la guerre, les négociations et la gestion de la crise économique.
Le dollar franchit la barre des 220 000 tomans : les luttes intestines aggravent la crise en Iran https://t.co/bnep0QoJqS pic.twitter.com/wuQ8d6G074
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Le religieux et proche du régime, Rasoul Montajebnia, est allé plus loin, déclarant à Setareh Sobh que le courant radical pourrait compter moins de 500 personnes à l’échelle nationale – selon ses propres estimations – et accusant… L’IRIB diffuse chaque soir des messages haineux contre le gouvernement de Pezeshkian. Il s’en est pris directement à Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef de Kayhan, et a même demandé à Mojtaba Khamenei de fermer temporairement la chaîne. Le problème n’est pas qu’une faction gagne du terrain, mais que les attaques mutuelles au sein du régime deviennent plus ouvertes et plus agressives.
De leur côté, les conservateurs intensifient leurs attaques. Hamid Rasaee a lancé une nouvelle offensive contre le président du régime iranien, accusant Pezeshkian de faire preuve d’impuissance et de présenter sa volonté de relancer les négociations comme une tentative de supplier pour obtenir un accord. Cet échange démontre une fois de plus l’échec des efforts de Mojtaba Khamenei pour dissimuler les luttes intestines : chaque camp invoque de plus en plus la situation militaire et économique critique du pays pour discréditer l’autre.
Le différend avec la Chine révèle une autre ligne de fracture
Le débat s’étend désormais aux relations entre Téhéran et la Chine. L’ancien président de la commission parlementaire de la sécurité nationale, Heshmatollah Falahatpisheh, a décrit le traitement réservé à Pezeshkian par Xi Jinping à Shanghai. Le sommet de l’Organisation de coopération de Pékin a été qualifié de « froid », et ce que certains responsables présentaient comme une amitié stratégique avec Pékin n’était, selon ses propres termes, guère plus qu’une « relation de fait ».
Le régime iranien gère la crise de l’essence en différant le choc https://t.co/DbOkMlXbVO pic.twitter.com/ryA5rOqbPB
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Une controverse encore plus vive a éclaté lorsque Hossein Marashi, secrétaire général du Parti des dirigeants de la construction, a affirmé que Pékin avait assorti de conditions la visite proposée en Chine par le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, notamment des exigences concernant le détroit d’Ormuz et la politique de Téhéran en matière de distribution d’essence.

