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Les prisonniers politiques iraniens poursuivent la campagne des mardis contre les exécutions

 Les prisonniers politiques iraniens poursuivent la campagne des mardis contre les exécutions

Face à la recrudescence des exécutions et aux arrestations massives qui font suite aux manifestations nationales, les prisonniers mettent en garde contre des assassinats secrets et annoncent une grève de la faim coordonnée pour la 105e semaine de la campagne.

Les prisonniers iraniens participant à la campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran» ont annoncé la poursuite de leur protestation nationale pour la 105e semaine consécutive, s’étendant désormais à 56 prisons avec l’ajout de la prison de Gorgan. Cette déclaration intervient alors que l’Iran approche de la troisième année de la campagne, dans un contexte d’escalade sans précédent des exécutions et de répression violente suite au soulèvement de janvier 2026.

Dans leur déclaration, les prisonniers ont exprimé leur solidarité avec les familles des victimes des récentes manifestations et ont rendu hommage aux victimes du soulèvement national de janvier 2026, le qualifiant de tournant qui a ébranlé les fondements du régime iranien.

« Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles de ceux qui ont perdu la vie sur le chemin de la liberté et saluons mille fois les martyrs du soulèvement de janvier 2026, qui a ébranlé les fondements du régime fasciste », ont-ils écrit.

Les prisonniers ont souligné que l’ampleur de la répression durant le soulèvement a révélé la véritable nature du régime, plus clairement que jamais auparavant, tant au niveau national qu’international.

« Terrifié par ce soulèvement national, le régime a eu recours à un massacre brutal, dévoilant ainsi sa nature fasciste de la manière la plus flagrante qui soit, en Iran et aux yeux du monde entier », peut-on lire dans leur déclaration.

Selon cette dernière, ce bain de sang a intensifié l’indignation internationale. Les prisonniers ont souligné les réactions internationales, notamment la condamnation par des responsables de l’ONU et des institutions européennes : « Face à ce sang injustement versé, non seulement le peuple iranien, mais le monde entier s’est indigné. L’indignation mondiale envers ce régime est à son comble.»

Ils ont cité la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur l’Iran, Mai Sato, qui a qualifié ces exécutions de « crime contre l’humanité » et a demandé la poursuite des hauts responsables, ainsi que les positions sans précédent prises par le Parlement européen et le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Forte augmentation des exécutions et des transferts massifs vers les prisons

Cette déclaration met en lumière une augmentation dramatique des exécutions. Rien qu’en janvier, plus de 355 personnes ont été exécutées, suivies de l’exécution de plus de 50 prisonniers début février, dont les prisonniers politiques Amanj Karvanchi et Arsalan Sheikhi.

« Non seulement le régime n’a pas cessé les exécutions, mais il a étendu la vague de violence des potences aux rues, aux hôpitaux, aux centres de détention et même aux domiciles des victimes », avertissent-ils dans leur déclaration.

Les prisonniers ont signalé des transferts massifs de manifestants arrêtés – y compris des blessés – vers des prisons surpeuplées à travers le pays. Parmi les cas cités :

  • Des quartiers nouvellement construits à la prison de Sheiban, à Ahvaz, initialement destinés à réduire la surpopulation, ont été transformés en zones de quarantaine pour des centaines de détenus nouvellement arrêtés.
  • Plusieurs halls de la prison centrale de Karaj ont été vidés pour accueillir les nouveaux détenus.
  • Des sections de la prison de Ghezel Hesar ont été vidées, des prisonniers étant transférés de la prison du Grand Téhéran pour faire de la place aux nouveaux arrivants.
  • Des centres de détention comme celui de Meqdad seraient surpeuplés de jeunes détenus.

Mise en garde contre des exécutions extrajudiciaires et des rapports de décès falsifiés

Les prisonniers ont lancé un avertissement alarmant concernant le sort des détenus, notamment face au refus des autorités de publier les listes officielles des personnes tuées, arrêtées ou blessées : « En l’absence de divulgation officielle des noms des personnes tuées, détenues et blessées, il semblerait que le régime ait l’intention d’exécuter de nombreux détenus et blessés et de transférer leurs corps dans des installations comme la morgue de Kahrizak, avant de les déclarer victimes de la rue.»

Ils ont mis en garde contre les peines sévères, la torture et les nouveaux meurtres de personnes arrêtées lors des récentes manifestations, et ont tenu les autorités responsables de leur sécurité.

Grève de la faim dans 56 prisons le 27 janvier

En réponse, les membres de la campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran » ont annoncé une grève de la faim coordonnée le mardi 27 janvier 2026, pour protester contre les condamnations à mort et en solidarité avec le soulèvement populaire iranien.

« Nous poursuivrons notre grève de la faim. » « Nous entamons notre 105e semaine de grève, en signe d’opposition à la peine de mort et de soutien au soulèvement populaire », ont écrit les prisonniers.

La grève se déroule dans 56 prisons à travers le pays, notamment à Evin, Ghezel Hesar, dans le Grand Téhéran, à Karaj Central, Gharchak, Adel-Abad Shiraz, Sheiban et Sepidar Ahvaz, Zahedan, Mashhad, Tabriz, Urmia, Sanandaj et Gorgan.

Une campagne qui entre dans sa troisième année

À l’approche du troisième anniversaire de la campagne, les prisonniers ont réaffirmé leur engagement à résister à la peine de mort, à dénoncer les violences d’État et à soutenir le mouvement de protestation iranien.

« Non à l’exécution, non à la répression ! La résistance continue. »