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Le régime théocratique exécute un autre Iranien qui a refusé de se soumettre

Le régime théocratique exécute un autre Iranien qui a refusé de se soumettre
Ali Fahim, prisonnier politique, exécuté le 6 avril 2026

L’aube à Téhéran est depuis longtemps marquée par un rituel macabre, cautionné par l’État : la silhouette de la grue se détachant sur un ciel grisâtre. Lundi matin 6 avril 2026, ce rituel a coûté la vie à un autre homme, Ali Fahim, marquant une escalade terrifiante dans ce qui est devenu un bain de sang quotidien. L’exécution de Fahim à la prison de Qezel Hesar fait suite aux pendaisons d’Amir-Hossein Hatami, de Mohammad Amin Biglari et de Shahin Vahedparast, quelques jours auparavant.

Si le clergé iranien recourt fréquemment à la peine de mort pour étouffer la dissidence, ces exécutions marquent un tournant significatif, voire désespéré, dans la stratégie de sécurité intérieure du régime.

Le siège des arsenaux

Les accusations officielles portées contre ces jeunes hommes concernent des attaques présumées contre des installations militaires sensibles à Téhéran lors des soulèvements de janvier. Selon le pouvoir judiciaire, le groupe cherchait à pénétrer dans des zones interdites pour s’emparer d’armes en vue d’affrontements directs avec les forces de sécurité. Aux yeux de la dictature cléricale, il s’agit de la transgression ultime. Ce n’est plus seulement de la « propagande contre l’État » ; c’est une tentative de briser le monopole le mieux gardé du régime : celui de la violence.

Les procédures qui ont conduit à leur mort étaient une parodie de justice. Menés par la 15e chambre du Tribunal révolutionnaire, présidée par Abolghassem Salavati – surnommé le « juge de la mort » –, les procès se sont déroulés sans avocat indépendant ni preuves transparentes. Au lieu de cela, ils ont eu recours à la mise en scène familière et forcée des « aveux », extorqués sous la contrainte de l’isolement cellulaire.

Une stratégie d’impasse

Se focaliser uniquement sur cette farce judiciaire, c’est passer à côté de la panique stratégique plus vaste. En exécutant ces « rebelles » si rapidement, le régime signale qu’il ne croit plus que les méthodes de répression traditionnelles – gaz lacrymogènes et arrestations massives – soient suffisantes.

Maryam Radjavi, la présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a fait remarquer après l’exécution d’Ali Fahim que la dictature est prise dans une « impasse », incapable de se maintenir sans ces exécutions quotidiennes. Ce bain de sang, a-t-elle affirmé, n’induit pas la paralysie escomptée, mais agit au contraire comme un catalyseur, « attisant davantage la colère populaire » et enhardissant ceux qui sont déterminés à obtenir le changement.

La loi des rendements décroissants

Pendant des décennies, le système du Velayat-e Faqih et ses divers défenseurs ont vendu au monde l’illusion d’une réforme interne. Ils ont colporté le récit d’une lutte « sans frais », laissant entendre que des gestes symboliques – danser en public, se couper les cheveux ou pratiquer la désobéissance civile silencieuse – pourraient finir par dégeler une autocratie figée. Mais cette illusion s’est brisée contre la dure réalité de la potence. Le peuple iranien a percé à jour la mise en scène de la « fausse opposition » et la vaine promesse d’un changement progressif. Ayant épuisé toutes les voies de recours pacifiques, il se tourne vers l’ultime solution. Il a compris qu’un régime qui répond à la pression par la force ne peut être chassé du pouvoir par la danse ; lorsque l’État traite une manifestation comme une guerre, le peuple finit par cesser de la prendre pour une simple parade.

Ce bouleversement intérieur exige une intervention mondiale urgente. La communauté internationale ne peut plus se cacher derrière une rhétorique tiède de « profonde préoccupation ». Des mécanismes concrets d’intervention existent, mais restent tragiquement sous-utilisés. Il est temps de passer des déclarations aux actes : invoquer la compétence universelle pour poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité, expulser les diplomates du régime et fermer les ambassades qui servent de relais à une machine à tuer.

Le monde doit signifier clairement que rien ne sera plus comme avant tant que les grues de Téhéran sont occupées. Toutes les relations diplomatiques et économiques doivent être suspendues comme condition préalable à l’abolition de la peine de mort. Lorsqu’un État doit tuer ses citoyens pour protéger ses arsenaux, il a déjà perdu la bataille des cœurs et des esprits. Le lien d’un peuple uni contre ses oppresseurs se forge désormais dans le fer même que le régime s’efforçait de dissimuler.