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La campagne des mardis contre les exécutions en Iran s’étend à 56 prisons en Iran

La campagne des mardis contre les exécutions en Iran s'étend à 56 prisons en Iran
Tours de guet et clôtures d’enceinte de la prison de Fashafuyeh, au sud de Téhéran

Dans un acte de résistance coordonné et empreint de défi face à l’escalade du recours à la peine de mort, des prisonniers politiques à travers l’Iran ont marqué, le 19 mai 2026, la 121e semaine consécutive de la campagne des Mardis contre les exécutions en Iran. Les détenus grévistes ont publié une déclaration commune cinglante, qualifiant les exécutions cautionnées par l’État d’outil principal du régime pour étouffer la dissidence publique et conjurer son propre effondrement.

La grève de la faim s’est étendue rapidement, englobant désormais 56 établissements de détention différents à travers le pays. Les détenus grévistes soulignent que s’opposer à la peine de mort constitue une nécessité absolue pour défendre le droit fondamental à la vie en Iran.

Exécutions instrumentalisées et rues militarisées
La déclaration de la campagne met en lumière une intensification brutale de la répression intérieure au cours des deux derniers mois. Les détenus rapportent que les autorités ont, de fait, militarisé les rues des villes, mobilisant des fidèles du régime pour mener des exercices publics de maniement des armes. Fait crucial, la déclaration condamne « l’instrumentalisation des enfants » dans le cadre de ces démonstrations publiques, la qualifiant d’effort systématique visant à normaliser la violence d’État et à intimider les manifestants potentiels.

Cette grève survient au lendemain de plusieurs exécutions très médiatisées qui ont suscité une nouvelle vague d’indignation :

  • Cible politique : À la prison de Zahedan, les autorités ont pendu le prisonnier politique baloutche Abduljalil Shahbakhsh.
  • Représailles contre les manifestants : Lors d’une autre exécution récente, Mohammad Abbasi, un dissident arrêté durant les soulèvements nationaux, a été mis à mort pour sa participation aux manifestations. Parallèlement, sa fille, Fatemeh Abbasi, purge actuellement une peine de 25 ans à la prison d’Evin.
  • Détenus non politiques : La déclaration note que, parallèlement aux dissidents politiques, des dizaines de jeunes Iraniens sont envoyés quotidiennement à la potence pour des chefs d’accusation non politiques, dans le but d’instaurer un climat de peur généralisé. Un instrument d’assujettissement accueilli par la défiance
    « Nous avons maintes fois affirmé que l’exécution, quels que soient les chefs d’accusation, ne constitue pas simplement l’application d’une sentence judiciaire inique… mais l’instrument le plus crucial de l’oppression et du meurtre d’État », déclare le communiqué, retraçant les racines systémiques et idéologiques de cette pratique jusqu’au système du *Velayat-e Faqih* (Tutelle du juriste islamique).

Selon les prisonniers grévistes, le recours du régime à la potence trahit une peur profonde d’un soulèvement populaire, visant une génération de jeunes pleinement conscients de la corruption systémique, de la discrimination et des détournements de fonds publics perpétrés par l’État. « Ils exécutent pour terroriser », ont écrit les prisonniers, « ignorant que cette violence n’éteint pas les flammes ; elle sème au contraire les graines de la prise de conscience, de la résistance et du soulèvement dans le cœur du peuple. »

56 prisons unies dans la résistance
La campagne des mardis non aux exécutions en Iran a appelé les militants politiques, les défenseurs des droits humains, les syndicalistes et les militants de la société civile du monde entier à faire entendre leur voix et à porter le sort des prisonniers iraniens devant les instances internationales.

Le 19 mai 2026, des détenus ont entamé une grève de la faim à travers un vaste réseau de 56 centres de détention, englobant aussi bien les quartiers pour hommes que pour femmes. Les établissements participant à la grève comprennent :

  • Téhéran et la région centrale : Prison d’Evin (quartiers hommes et femmes), prison de Ghezel Hesar (unités 2, 3 et 4), prison du Grand Téhéran, Karaj-Central, Fardis-Karaj, Qarchak et Khorin-Varamin.
  • Régions de l’Ouest et du Nord-Ouest : Diesel Abad (Kermanchah), Tabriz, Urmia, Ardabil, Sanandaj, Saqqez, Baneh, Marivan, Kamyaran, Ilam, Khoy, Salmas, Naghadeh, Miandoab, Mahabad et Bukan.
  • Régions du Sud et du Sud-Est : Zahedan (quartiers hommes et femmes), Adel Abad (Chiraz), Sheiban et Sepidar (Ahvaz), prison centrale de Chiraz, Firozabad, Dehdasht, Behbahan, Ramhormoz, Borazjan, Bam, Kohnooj et Yazd.
  • Régions du Nord et de l’Est : Rasht, Roudsar, Amol, Gorgan, Mashhad, Sabzevar, Gonbad-e Qabus, Qaemshahr, Birjand et Tabas.

Les prisonniers ont conclu leur déclaration par une vision de l’avenir, qualifiant cette campagne d’étape fondamentale vers la réalisation de la justice, de la liberté et de l’éradication de toutes les formes de tyrannie et de discrimination au sein d’un Iran libre.