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La machine à tuer iranienne exécute dix prisonniers politiques en seize jours

La machine à tuer iranienne exécute dix prisonniers politiques en seize jours

Entre le 19 mars et le 4 avril 2026, le régime iranien a exécuté au moins dix prisonniers politiques. Cette vague d’exécutions d’État démontre que le régime clérical a une fois de plus fait de la peine de mort son principal instrument de maintien du pouvoir, au lieu de répondre aux aspirations du peuple. Durant cette période, six prisonniers politiques membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) et quatre prisonniers politiques parmi les manifestants du soulèvement de janvier 2026 ont été exécutés. Ces exécutions ne sont pas un signe de force, mais révèlent au contraire la terreur que le régime inspire face à une société en révolte et à une génération qui refuse désormais sa survie.

Cette vague de répression révèle clairement l’objectif du régime : l’élimination physique de l’opposition organisée. Mohammad Taghavi et Ali Akbar (Shahrokh) Daneshvarkar ont été exécutés le 30 mars ; Babak Alipour et Pouya Ghobadi ont été pendus le lendemain, le 31 mars ; et enfin, Vahid Bani Amerian et Abolhassan Montazer ont également été exécutés le 4 avril. Amnesty International a qualifié ces cas de « procès profondément inéquitables et entachés de torture » ​​et a averti que ces exécutions avaient été menées secrètement, sans préavis aux familles ni aux avocats, après le transfert des prisonniers dans un lieu tenu secret. Reuters a également confirmé le 4 avril que deux autres personnes liées à la même affaire avaient été exécutées ce jour-là, et que ces exécutions s’inscrivaient dans la continuité de la récente vague d’exécutions visant des personnes accusées de liens avec l’OMPI.

Les six prisonniers politiques membres de l’OMPI n’étaient pas des « terroristes », contrairement à ce qu’affirme le régime ; il s’agissait d’opposants politiques à un régime qui, depuis des années, répond à toute voix organisée en faveur d’un Iran libre par la torture, les aveux forcés et l’exécution. Ces affaires s’inscrivent dans le schéma habituel du régime clérical : fabrication de dossiers liés à la sécurité, extorsion d’aveux sous la torture, procès expéditifs de quelques minutes, puis exécution dans le silence et le secret. C’est pourquoi ces exécutions doivent être qualifiées de ce qu’elles sont : non pas de justice, mais d’assassinats politiques prémédités.

Outre ces six membres de l’OMPI, quatre autres prisonniers politiques, parmi les manifestants du soulèvement de janvier 2026, ont également été exécutés ; quatre jeunes rebelles qui, contrairement aux accusations mensongères du régime les qualifiant de « terroristes », étaient des combattants de la liberté descendus dans la rue pour la liberté de l’Iran. Trois d’entre eux – Saleh Mohammadi, Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi – ont été exécutés publiquement à Qom le 19 mars. Selon la version officielle du régime, ils étaient accusés de « moharebeh » (guerre contre Dieu) pour avoir utilisé des armes blanches lors de « rassemblements et d’émeutes », de « participation au meurtre » de deux agents des Forces de sécurité de l’État et d’« incitation à la guerre et au meurtre dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale ».

Le quatrième prisonnier, Amirhossein Hatami, âgé de 18 ans, a été exécuté à Téhéran le 2 avril. Il était accusé de « moharebeh » et de « corruption sur terre », et le régime prétendait que, lors du soulèvement de janvier, il avait attaqué un centre militaire à Téhéran, l’avait incendié et y était entré à la recherche d’armes et de munitions. Mais derrière ces accusations fabriquées par le régime se cache une autre réalité : il s’agissait de jeunes hommes rebelles qui se sont dressés contre la tyrannie et ont payé le prix de la liberté de l’Iran.

Par ces exécutions, le régime cherche à intimider la société, mais le moment choisi pour ces crimes révèle que le pouvoir en place agit sous l’emprise de la faiblesse et de la peur. Reuters avait rapporté que le 23 mars, les autorités judiciaires iraniennes avaient annoncé que les peines prononcées dans les affaires liées aux manifestations de janvier étaient définitives et en cours d’exécution, et qu’il n’y aurait « aucune clémence ». Cela signifie que la récente vague d’exécutions n’est pas une série d’événements isolés, mais s’inscrit dans une stratégie politique et sécuritaire visant à étouffer la dissidence et à empêcher la reprise du soulèvement. Parallèlement, des rapports sur les droits humains font état d’une augmentation des exécutions, de la rupture des liens entre les prisonniers et leurs familles, et de l’instrumentalisation de la guerre et des crises pour dissimuler la répression.

Ces crimes ont suscité une condamnation unanime. Le 3 avril, Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, a exprimé sa vive inquiétude face au risque imminent d’exécution qui pèse sur Vahid Bani Amerian et Abolhassan Montazer. Elle a également indiqué recevoir régulièrement des informations faisant état d’exécutions, dans un contexte de guerre et de coupure d’internet. Par ailleurs, des personnalités politiques aux États-Unis et au Royaume-Uni ont mis en garde contre ces exécutions et le risque d’autres condamnations à mort.

Face à ce bain de sang flagrant, le silence de l’Union européenne est troublant. C’est honteux. L’Union européenne n’a fait aucune déclaration publique claire et indépendante concernant cette récente vague d’exécutions. Un tel silence, face à l’exécution de dix prisonniers politiques en si peu de temps, constitue un échec moral et politique. L’Union européenne ne peut se servir des « droits de l’homme » comme argument diplomatique tout en refusant de prendre position clairement lorsque six membres de l’opposition organisée et quatre jeunes manifestants sont pendus les uns après les autres.

Le régime clérical utilise les exécutions pour survivre – pour semer la terreur, étouffer la dissidence et gagner du temps. Mais tuer des prisonniers politiques ne sauvera pas une dictature en déclin ni ne dissimulera la vérité. Les dix prisonniers exécutés sont les symboles d’un peuple qui lutte pour la liberté et d’un régime terrifié par cette revendication. La communauté internationale, et l’Europe en particulier, doit agir : rompre le silence, traduire les responsables en justice et imposer des sanctions politiques et juridiques sévères à ces crimes. Une première étape consiste à fermer les ambassades du régime et à expulser ses diplomates terroristes d’Europe.