
La campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran », qui dure depuis longtemps, a atteint un tournant historique le 3 mars 2026, marquant sa 110e semaine consécutive. D’une grève de la faim localisée dans les prisons, elle s’est transformée en un vaste mouvement populaire qui a touché des dizaines de villes iraniennes. Malgré un black-out internet strict imposé par l’État pour étouffer l’information, des reportages et des images clandestines indiquent que le slogan « Non aux exécutions » est devenu un cri de ralliement central dans cette nouvelle vague de contestation nationale. Cette nouvelle escalade fait suite aux soulèvements tumultueux de janvier 2026 et intervient alors que des membres de la campagne affirment avec force que l’ère du pouvoir actuel touche à sa fin.
« Le début de la fin »
La déclaration commence par évoquer le bouleversement majeur du paysage politique iranien suite à l’annonce du décès du Guide suprême. Les prisonniers ont déclaré : « La campagne des mardis « Non aux exécutions en Iran » considère la mort du dictateur Ali Khamenei… comme le début de la fin du sinistre régime du Velayat-e Faqih et l’ouverture sur la démocratie. »
110th Week of #NoToExecutionTuesdays | March 3, 2026
Active in 56 prisons nationwide.
“In the past 12 days, executions have surpassed 65.”
The death sentence of political prisoner Peyman Farahavar has been confirmed again, placing his life in grave danger.
“We call on… pic.twitter.com/ic3w4Y9yJf— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 3 mars 2026
Se remémorant l’histoire du pays, les prisonniers ont souligné que malgré un siècle de hauts et de bas, l’Iran s’oriente vers un avenir prometteur, sans retour aux dictatures passées. Ils ont clairement indiqué l’origine de ce changement, affirmant que « la liberté de l’Iran sera conquise par le peuple… et non par des forces étrangères. »
Dans un contexte de tensions militaires persistantes et suite à une frappe de missile signalée aux abords de la prison d’Evin, les membres de la campagne ont exprimé leur profonde solidarité avec le peuple iranien, soulignant qu’ils « partagent sa douleur et ses souffrances » dans ces « conditions de guerre difficiles ».
Le manifeste adresse des demandes juridiques urgentes au système judiciaire du régime, exigeant notamment la mise en œuvre immédiate de la résolution 211. Ce protocole d’urgence, initialement conçu pour les situations de guerre, impose :
– La conversion immédiate des mandats de détention en libération sous caution.
– L’octroi d’une libération conditionnelle ou d’une permission de sortie temporaire afin de protéger la vie des détenus.
– L’évacuation urgente des prisonniers des zones de combat à haut risque.
Les prisonniers ont averti que la « machine à tuer » de l’État n’a pas ralenti malgré la crise nationale, citant plus de 65 exécutions perpétrées depuis le 20 février seulement.
Un réseau national de résistance
Malgré une coupure quasi totale d’internet en Iran, la campagne a documenté des slogans et des manifestations coordonnées dans plus de 20 grandes villes, de Tabriz à Qeshm. Les prisonniers ont décrit le mouvement comme une « structure en réseau » où « la voix des détenus est la voix de la liberté ».
🚨 Missile strike hits wall of Evin Prison in Tehran; prisoners’ lives now in immediate danger.
Early this morning a missile struck near #EvinPrison and part of the prison wall was destroyed. There is currently no verified information on the safety or condition of inmates,… pic.twitter.com/kSbPvguTq1
— IRAN HRM (@IranHrm) 3 mars 2026
Voici quelques slogans qui résonnaient dans les rues et les cellules : « Surkham Ghadaghan » (Il est interdit de s’incliner), soulèvement jusqu’à la victoire ! « Nous combattons, nous mourons, nous reprendrons l’Iran ! » « Le soulèvement de janvier est inarrêtable. »
En Iran, les prisonniers sont confrontés à des risques mortels dans un contexte d’escalade des attaques militaires. La surpopulation et le manque de protection rendent les centres de détention vulnérables.
Le rôle des familles et des « personnes en quête de justice »
Le communiqué attribue la survie et l’expansion du mouvement aux familles des personnes exécutées et aux mères « en quête de justice ». En « transformant leur douleur personnelle en revendication publique », ces familles ont permis au mouvement de rester un « mouvement social » et non une grève locale dans les prisons.
Iran’s prisoners face life-threatening risks amid escalating military attacks. Overcrowding and lack of protection make detention facilities vulnerable.
Implementation of Resolution 211 of Iran's Supreme Judicial Council is a legal obligation to protect detainees: temporary…— IRAN HRM (@IranHrm) 1 mars 2026
Présents dans 56 prisons à travers le pays, les détenus ont conclu leur 110e semaine de mobilisation par un message de détermination inébranlable : « Le silence n’est pas une option… nous ne craignons ni la prison, ni les chaînes, ni l’exécution. »

