
Exécutions le 1er août 2007 en Iran (Archives/AFP)
45eNord.ca – Le Canada a exprimé cette semaine par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, John Baird, ses préoccupations devant la recrudescence des exécutions en Iran et son mépris pour les droits de l’homme, alors que le pays tente d’améliorer son image sur la scène internationale.
«Le Canada est profondément troublé par les informations selon lesquelles les exécutions en Iran auraient connu une forte augmentation. Au moins 50 exécutions ont été signalées au cours du mois de janvier 2014. L’an dernier, l’Iran a exécuté plus de 600 personnes», a déclaré le ministre.
À la mi-janvier, Amnesty International faisait état d’au moins 40 exécutions depuis le début de l’année 2014.
Depuis, selon le Conseil national de la résistance iranienne, qui fédère cinq organisations d’opposition iranienne à l’étranger, dont l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien, une vague d’exécutions a continué de balayer les villes d’Iran et le nombre de pendaisons du 6 au 28 janvier atteindrait désormais les 74.
«La brusque augmentation du nombre d’exécutions depuis le début de l’année en Iran est extrêmement préoccupante, avait déjà déclaré pour sa part le mois dernier Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Les efforts des autorités iraniennes pour modifier leur image sur la scène internationale sont vains si parallèlement le nombre d’exécutions ne cesse de croître.»
L’ONG déplore notamment qu’en Iran «les affaires liées aux stupéfiants sont jugées devant les tribunaux révolutionnaires, qui ne respectent pas les normes internationales en matière d’équité des procès».
Les procès qui ont lieu devant les tribunaux révolutionnaires se déroulent souvent à huis clos et, dans certaines affaires, souligne Amnesty International, les juges ont la possibilité de limiter les entretiens entre les avocats et leurs clients au cours de l’information judiciaire.
De plus, dans le cas de rebelles qui menacent sa sécurité, l’Iran n’hésite pas à pendre sans procès. Ainsi, en octobre dernier, 16 rebelles avaient été pendus en représailles après une attaque dans la nuit contre un poste-frontière dans une région montagneuse à la frontière avec le Pakistan.
Le ministre canadien des Affaires étrangère a ajouté pour sa part cette semaine que «Le Canada déplore le mépris persistant de l’Iran pour l’application régulière de la loi ainsi que les violations des droits de la personne qu’il commet contre son peuple. Le peuple iranien mérite la dignité, le respect et la liberté qu’il s’est vu refuser depuis trop longtemps.»
«Nous jugerons l’Iran sur la foi de ses actions et non seulement de ses paroles. Au rythme actuel, l’Iran est en voie de se classer, encore une fois, parmi les pays ayant les plus hauts taux d’exécutions dans le monde», a poursuivi John Baird, soulignant que «Malgré les promesses électorales faites par le président Hassan Rouhani d’améliorer leurs conditions de vie, les Iraniens continuent de vivre dans la crainte des détentions arbitraires, de la torture et des exécutions pratiquées par le régime religieux».

