AccueilActualitésActualités: Droits humainsLe courageux Moradi et Younesi rejettent la clémence du bourreau

Le courageux Moradi et Younesi rejettent la clémence du bourreau

Le courageux Moradi et Younesi rejettent la clémence du bourreau
Amirhossein Moradi et Ali Younesi, étudiants et prisonniers politiques iraniens

Dans le registre moral de la tyrannie, l’offre de « clémence » d’un régime qui a trempé ses potences dans le sang des innocents n’est pas de la compassion, mais du mépris. Le 12 mai 2026, deux étudiants brillants de l’Université de technologie Sharif, Amirhossein Moradi et Ali Younesi, prisonniers politiques accusés d’appartenance à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), ont remis des lettres dont l’écho résonnera longtemps après que l’encre sera sèche. Leurs mots ne sont pas des appels à la clémence ; ce sont des verdicts prononcés contre les bourreaux eux-mêmes.

Amirhossein Moradi, étudiant en physique et médaillé d’argent aux Olympiades nationales d’astronomie, écrit depuis la prison d’Evine :

« Les visages souriants de mes plus chers amis – Vahid, Pouya, Babak, Mohammad, Shahrokh et Abolhassan – au moment de leur séparation et de leur transfert d’Evine à l’abattoir de Ghezel Hesar, qui jusqu’à leur dernier souffle ont refusé de se soumettre à l’humiliation de votre régime abject, restent gravés dans ma mémoire… Je répète ce que j’ai dit clairement en septembre 2024 : je ne veux ni n’accepterai votre infamie. Face aux massacres sanglants de janvier et aux récentes exécutions criminelles, c’est nous, le peuple opprimé d’Iran, qui sommes en mesure de vous pardonner – mais sachez-le : nous ne pardonnons ni n’oublions.»

Ali Younesi, incarcéré à la prison de Ghezel Hesar, étudiant en ingénierie informatique et médaillé d’or aux Olympiades nationales d’astronomie, a reçu le 11 mai 2026 une notification d’amnistie du régime lui accordant les sept mois restants de sa peine. Sa réponse fut d’une logique implacable :

« Premièrement, je n’ai jamais demandé d’amnistie et je ne le ferai jamais. La liberté est un droit qui m’a été volé ; on ne mendie pas ce qui nous a été pris, on se bat pour le reconquérir.

Deuxièmement, j’ai des modèles : six codétenus fiers et courageux qui ont été pendus. Leur souvenir est vivant en moi chaque jour, à chaque instant… Ce serait une honte de marchander ma liberté alors qu’ils n’ont pas marchandé leur vie.

Troisièmement, Vahid Bani-Amerian a déclaré pour sa défense : « Est-ce à nous de nous défendre, ou à vous ? » Je réponds : « Est-ce à nous de pardonner, ou à vous ? »

» Le pardon et l’amnistie sont avant tout le droit des mères et des pères endeuillés. Aussi, ô mères et pères endeuillés, je vous demande pardon pour toute imperfection… Ce qui subsiste de l’emprisonnement, de l’exil et des épreuves n’est autre que le devoir. Nous combattons grâce à vos sacrifices, et dans ce combat, nous restons fermes. Lutter pour la liberté du peuple iranien n’est pas un motif de regret ou de chagrin ; c’est la plus grande source de fierté.

The Final Defense of Political Prisoner Vahid Bani Amerian

Ces voix ne sont pas isolées. Moradi et Younesi ont tous deux étés condamnés pour collaboration avec l’OMPI. Par ailleurs, le père d’Ali Younesi, Mir Yousef Younesi, a été arrêté début janvier 2023 et condamné à cinq ans de prison par le Tribunal révolutionnaire.

Les médias d’État et le ministère du Renseignement les ont explicitement accusés de « coopération avec l’Organisation des Moudjahidine du peuple » et de participation à un « réseau financier soutenant les équipes opérationnelles » de l’OMPI en Iran.

Ce seul cas suffit à déconstruire la propagande éculée des forces malveillantes qui prétendent que la Résistance iranienne est financée par des fonds étrangers. La vérité est plus simple et plus accablante : des milliers d’Iraniens à l’intérieur du pays – pères, mères, ingénieurs, commerçants – ont payé cette solidarité non seulement de leurs biens, mais aussi de leur liberté et, dans d’innombrables cas, de leur vie. Les tribunaux du régime ont eux-mêmes documenté les sources internes de la Résistance ; ils refusent simplement d’admettre que le peuple iranien lui-même alimente le mouvement.

Dans la lettre de Moradi, les six membres de l’OMPI exécutés – Vahid Bani-Amerian, Pouya Ghobadi, Babak Alipour, Mohammad Taghavi, Shahrokh Daneshvarkar et Abolhassan Montazer – apparaissent comme la preuve vivante (et désormais martyrisée) d’une génération qui a refusé de se soumettre. Transférés enchaînés au lieu d’exécution de Ghezel Hesar en mars et avril 2026, ils sont montés à la potence la tête haute, ne donnant jamais aux bourreaux la satisfaction de la soumission. Leur courage inébranlable adresse un message retentissant à une société explosive qui pleure encore ses fils et filles les plus braves après le soulèvement de janvier 2026 : la liberté n’est jamais acquise. Elle se paie au prix de nos êtres les plus chers.

Alors que le régime, profitant des conditions de guerre qu’il attendait et redoutait depuis longtemps, tente une fois de plus de réprimer les troubles et d’endiguer la dissidence par une nouvelle vague d’exécutions et de procès-spectacles, ces deux lettres sont significatives. Une société qui a enterré ses meilleurs fils et filles n’oublie pas. Elle ne pardonne pas. Et elle ne marchande pas avec le bourreau.

Les mollahs espéraient peut-être que la potence réduirait au silence la résistance. Au lieu de cela, chaque refus de leur clémence entachée est une nouvelle brèche dans l’édifice de la peur. L’histoire retiendra que le 12 mai 2026, deux jeunes Iraniens – des esprits brillants qui auraient pu choisir le silence et la sécurité – ont choisi de dire la vérité qui survivra à tous les tribunaux du régime et à tous les ordres d’exécution. Le régime regrettera bientôt ses actes. Le peuple, lui, ne les regrette pas.