CNRI – La première session du Conseil des droits de lHomme des Nations Unies a commencé son travail le 19 juin avec la participation de centaines de délégués de différents pays ainsi que de représentants des organisations de défense des droits humains.
Sa demande dadhésion au Conseil ayant été rejetée, le régime clérical a envoyé le procureur général de Téhéran, Saïd Mortazavi, au sein de sa délégation à Genève.
Le CNRI et les représentants de la Résistance ont révélé la présence de Mortazavi au Conseil, ce qui a conduit certains pays membres et certaines organisations de défense des droits humains à protester vivement.
Dans une lettre au président du Conseil des droits de lHomme, lambassadeur Luis Alfonso de Alba, le président de la Commission des Affaires étrangères du CNRI, Mohammad Mohadessine, a fait part de son indignation et de son mépris devant à la présence de Mortazavi au Conseil, car elle viole les principes que le Conseil a entrepris de protéger.
« Mortazavi est coupable de crime contre lhumanité à tout point de vue », a écrit Mohadessine, ajoutant : « Son rôle direct dans létouffement de toutes les voix dissidentes en Iran est un fait connu. Pendant le mandat présidentiel de Mohammad Khatami, Mortazavi, en sa qualité de juge des médias, a fait fermer 80 journaux proches des réformistes et était directement impliqué dans tous les crimes commis ces dernières années contre les Iraniens. En automne dernier, il a donné lordre pour lapplication du vaste plan Zafar à Téhéran, dans le cadre duquel 2000 jeunes de différents quartiers de la ville ont été arrêtés puis jetés en prison. Durant lhiver 2006, il était à lorigine des mesures répressives énergiques contre les travailleurs des transports de Téhéran qui se sont mis en grève en raison de leurs salaires impayés ».
Mohadessine a ajouté : « Le 16 novembre 2003, le gouvernement canadien a tenu Mortazavi pour responsable de la mort de Zahra Kazemi. Cette photojournaliste irano canadienne a été violée puis tuée sous torture pendant sa détention à la funeste prison dEvine ».
Il a déclaré également : « Daprès ce que jai pu comprendre, en réponse à lindignation exprimée par les organisations et les défenseurs des droits humains, le ministère des Affaires étrangères suisse a cité le statut diplomatique de Mortazavi pour justifier son entrée en Suisse. Cest totalement inacceptable. Autoriser lentrée en Suisse dun bourreau sous couvert diplomatique est un fait qui tourmente profondément les Iraniens, dont certains des êtres chers ont été victimes de Mortazavi ».
« De telles conciliations nuisent à lensemble des valeurs et des principes sur lesquels lONU a été créée et constituent un affront au peuple suisse, a estimé M. Mohadessine. Au lieu dêtre reçu par les Nations Unies, je demande au Conseil des droits de lHomme dexpulser ce criminel et à la Justice suisse de lancer un mandat darrêt contre lui afin quil soit livré à un tribunal international compétent pour crimes contre lhumanité ».
Le ministre des Affaires étrangères canadien, Peter MacKay, a également délivré un communiqué exprimant son indignation : « La présence de M. Mortazavi au sein de la délégation iranienne montre que le gouvernement de lIran méprise totalement les principes des droits de la personne reconnus à léchelle internationale. Le gouvernement du Canada est outré que lIran ait choisi dintégrer une telle personne à sa délégation auprès de ce nouvel organe de lONU, qui vise à promouvoir les normes les plus rigoureuses sur le plan du respect des droits de la personne. ».
«Par la présence de M. Mortazavi au sein de sa délégation, lIran cherche à discréditer le Conseil et à le détourner de son objectif qui vise le respect accru des droits de la personne.»
« Le Canada a fait part de lévaluation qu?il a faite de limplication du gouvernement de lIran dans lassassinat de Zahra Kazemi et du rôle de M. Mortazavi dans cette affaire, au président du Conseil, aux représentants du gouvernement hôte de la Suisse et au Haut Commissariat aux droits de lhomme. Il a par ailleurs appelé les autres délégations présentes à la réunion du Conseil des droits de lhomme à condamner la présence de M. Mortazavi.» »
La campagne du CNRI et des représentants de la Résistance à Genève a forcé Mortazavi à quitter Genève pour Téhéran. Afin détouffer cette retraite honteuse, le régime des mollahs a annoncé dans la hâte que Mortazavi nétait pas membre de sa délégation au Conseil.

