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Iran : Le nucléaire éclipse la situation des droits de l’homme (Mgr Jacques Gaillot)

Iran : Le nucléaire en Iran la situation des droits de l’hommeCNRI – Le 14 septembre se tenait à Paris une réunion à la mémoire de Valiollah Feiz-Mahdavi, prisonnier politique Moudjahidine du peuple exécuté à la prison de Gohardacht près de Téhéran le 6 septembre dernier par le régime des mollahs. Des familles de victimes des exécutions politiques, Mgr Jacques Gaillot, Me Patrick Beaudouin président d’honneur de la FIDH, Me Reza Rohani, avocat et président de la commission des minorités du CNRI, étaient venus apporter leurs témoignages sur la situation des droits de l’homme en Iran et rendre un dernier hommage à ce grand résistant.

 

Une bande son a été diffusée avec la voix de Valiollah qui avait réussi lors d’un appel téléphonique depuis sa prison a faire connaître le sort qui lui était réservé et les tortures dont il était  victime. Cependant, son message essentiel était de résister quoi qu’il advienne.

Mgr Gaillot est intervenu immédiatement après, nous vous proposons de découvrir sa réaction :

Nous sommes dans le silence et le recueillement après ce témoignage. Il m’est difficile de prendre la parole après Feiz Mahdavi. Quel courage ! Quelle force ! Pour nous donner ce témoignage. Quelqu’un qui va jusqu’au bout (…) je pense vraiment que ce combat qu’il a mené n’est pas perdu et que sa voix ne s’est pas éteinte. Je pense que son chemin est un chemin qui ouvre des sources.

Je me trouvais en montagne cet été et j’aimais à entendre un torrent. Le chant du torrent. Et je me disais, qu’est-ce qui fait chanter l’eau du torrent ? Eh bien ce sont les pierres qui sont des obstacles et c’est grâce à ces obstacles que l’eau chante. Ainsi en est-il de nos vies, de nos épreuves, nous pouvons transformer ces obstacles comme l’a fait si bien Feiz Mahdavi.

Ce qui me frappe aussi c’est qu’aujourd’hui les projecteurs sont braqués sur le nucléaire. Tout le monde parle dans les médias de ce qui se passe en Iran pour le nucléaire, de ces discussions qui n’en finissent pas d’aboutir et on oublie les droits de l’homme, la dégradation des droits de l’homme en Iran. Personne n’en parle.

Il est temps aujourd’hui qu’on fasse entendre une autre voix pour montrer que ce qui se passe est inadmissible. On ne laisse pas de jeunes hommes en prison avec ce traitement dégradant qui leur est donné et cette mort qui leur est infligée. Ce n’est pas possible qu’on ne puisse élever la voix et protester et s’indigner.

Je croix qu’on laisse dans l’ombre tout ce qui se passe en Iran pour parler du nucléaire. Notez que il y a quatre mois c’était l’exécution de Hodjat Zamani, aujourd’hui c’est celle de Feiz Mahdavi. Et il y en a tant d’autres qui sont encore  en prison.

Nous sommes là pour protester, nous sommes là pour dire notre indignation, notre solidarité avec tous les résistants iraniens. Feiz Mahdavi a dit : « nous irons jusqu’au bout ». Il ne dit pas « j’irai jusqu’au bout ». Il a bien conscience de faire partie d’une organisation, d’un peuple de résistants à travers le monde. « Nous irons jusqu’au bout ».

Alors me semble-t-il, il faut tirer une fois de plus la leçon de sa vie et de sa mort. On regarde son portrait avec ces lumières qui sont autour. Il nous passe le flambeau, c’est à nous de continuer, le combat se poursuit, et il faudra le gagner. Les épreuves ne sont pas le dernier mot. Alors je dirai que ce qu’a fait si bien Feiz Mahdavi par son courage et sa détermination, nous le ferons. Et la meilleure manière de faire mémoire de ce qu’il a vécu jusque dans sa mort, c’est de reprendre son combat et de le continuer à notre manière, là où nous sommes. A chaque fois qu’il y a un martyr de la résistance, c’est à nous de continuer la route.

Ce n’est pas pour se tourner vers le passé, mais se tourner vers l’avenir, afin que la mort de ces martyrs ne soit pas un vain mot. Je crois que la victoire de ces résistants c’est de penser que le point final n’est pas mis, à leur mort et que ça continue. J’ai en vie de remercier tous ces jeunes résistants, ces jeunes martyrs qui nous invite à vivre pleinement et à aller jusqu’au bout comme eux avec courage sans avoir peur des bourreaux. Merci.