AccueilActualitésActualités: Droits humainsIran : des adolescents dans le couloir de la mort

Iran : des adolescents dans le couloir de la mort

Par Reza Shafa

CNRI – Avec l’arrivée d’une nouvelle vague d’adolescents dans les quartiers des condamnés à mort, la prison de Dastjerd dans la ville centrale d’Isfahan ne fait pas exception. Trois jeunes ont rendez-vous avec la potence. Ahmad Mortazavian né en 1981, arrêté en 1986; Reza Hezazi né en 1987, arrêté en 1993 et Iman Hachemi, né en 1981 et arrêté en 1994.

À l’heure actuelle, des adolescents attendent leur exécution dans les principales prisons d’Iran. 

Cependant, les nouvelles d’exécution arrivent parmi des mises en scène ridicules du chef de pouvoir judiciaire Mahmoud Hachemi Chahroudi. Dans son dernier coup la semaine dernière – comme s’il vivait sur une autre planète et pas dans l’enfer des mollahs – il a ordonné "qu’aucune exécution publique n’ait lieu en Iran sans son approbation préalable et a interdit la diffusion des photographies de ces exécutions." Le décret a paru dans la presse en Iran, y compris Hemayat, l’organe du pouvoir judiciaire.

Chahroudi ne s’est pas arrêté là, il a publié une autre décret : "Abstenez-vous de convoquer les gens sans en donner les raisons. Abstenez-vous de maintenir la population aux arrêts sans préciser les charges retenues. Abstenez-vous d’accorder la mise en liberté sous caution sans préciser les charges", rapportait le quotidien officiel Iran le 7 février.

"À cause de l’importance et de la nécessité de respecter et d’appliquer pleinement les règles de la poursuite judiciaire", explique le décret.

Que nous devons croire ? On dénombre cette années plus de 30 exécutions principalement effectuées en janvier, trois condamnation à la lapidation, la condamnation à mort d’un homme pour avoir bu de l’alcool, cinq amputations de mains et de pieds, des condamnations à être jeté dans un précipice. Ajoutez-y le meurtre tranquille de prisonniers politiques et d’étudiants, d’ouvriers et de femmes militantes.

Chahroudi pense qu’il fait face à un auditoire muet dans le monde quand il s’agit de blanchir ses crimes. Rien n’y fera. Le monde est tout à fait conscient et vigilant.