
Les manifestations en cours à travers l’Iran révèlent la profonde incapacité du régime clérical à gouverner. Le 5 août 2025, des petits villages arides aux grands centres urbains, les Iraniens sont descendus dans la rue, leurs revendications convergeant vers une puissante condamnation d’un système caractérisé par l’incompétence, la corruption et la brutalité. Les manifestations révèlent que le du gouvernement de Massoud Pezeshkian n’a pas pu apaiser les crises profondes causées par la théocratie du Guide suprême Ali Khamenei.
August 4—Tehran, Iran
Hundreds of electrical workers rallied outside the Ministry of Energy to protest stagnant wages and job insecurity.#IranProtests pic.twitter.com/qgL2i7KnFS— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 5 août 2025
L’effondrement des services de base
L’incapacité du régime à fournir les services les plus essentiels a poussé les citoyens au bord du gouffre. Dans une scène déchirante, dans le village de Badengan, à Dena, des enfants ont mené une manifestation, scandant de leurs voix douces : « Nous manifestons, nous avons besoin d’eau !» Leur manifestation contre le manque d’eau potable sous une chaleur estivale accablante est un symbole brutal de l’abandon du régime envers sa population.
Cette crise n’est pas isolée. À Lahijan, des habitants se sont rassemblés en colère devant le service local d’électricité suite à des coupures de courant soudaines et généralisées qui ont paralysé la vie quotidienne. Pendant ce temps, les habitants d’Abbasabad ont exprimé leur désespoir face aux conditions de vie désastreuses, déclarant que leur région ressemblait à un « pays sans maître » où aucun responsable n’est tenu responsable.
Paralysie économique et tromperie officielle
À Téhéran, la mauvaise gestion économique du régime était flagrante, les chauffeurs routiers poursuivant leur manifestation pour la quatrième journée consécutive. Rassemblés devant le ministère de l’Industrie, ils ont exigé la libération des camions importés, bloqués à la douane depuis des mois, un retard qui leur a causé de lourdes pertes financières.
Constatant avec stupéfaction l’échec bureaucratique du régime, l’Organisation de promotion du commerce a publié un communiqué reconnaissant la crise. Cependant, elle a cyniquement tenté de rejeter la responsabilité sur les importateurs et les chauffeurs eux-mêmes, qui auraient acheté des véhicules avant d’obtenir les permis. Tout en concédant qu’une solution juridique est à l’étude, le communiqué confirme que des milliers de chauffeurs ayant payé leurs véhicules sont pris au piège d’un vide juridique créé par l’incompétence du régime, sans solution immédiate.
Terreur d’État et défi national
Face à l’incapacité du régime à répondre aux besoins fondamentaux, il recourt de plus en plus à une répression brutale pour maintenir le contrôle. Pourtant, le peuple iranien réagit par une résistance organisée et courageuse. Le 5 août marquait la 80e semaine de la campagne « Les mardis non aux exécutions » dans 48 prisons du pays. Parallèlement, la population a exprimé sa solidarité avec cette campagne en organisant des mouvements de protestation dans plusieurs villes, notamment à Machhad, Sanandaj, Rasht, Lahijan et Téhéran.
August 5—Kashan, central Iran
Protest rally by applicants of the state-backed National Housing organization, which has failed to deliver their purchased homes for a long time.#IranProtestspic.twitter.com/S6ifuCkDTI— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 5 août 2025
Les manifestants brandissaient des pancartes arborant des slogans puissants, devenus la voix de la résistance : « À bas le gouvernement des bourreaux » et « Nous résisterons jusqu’au bout, je le jure sur le sang de nos camarades ». Leur défi le plus direct au régime était le slogan : « Ceci est le dernier message : si vous exécutez, il y aura un soulèvement !» À Rasht et Lahijan, les manifestants ont organisé des commémorations en mémoire des prisonniers politiques récemment exécutés Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani, tandis que les familles d’autres condamnés à mort se sont courageusement tenues en première ligne pour exiger la fin des exécutions autorisées par l’État.
La panique du régime : Arrestations massives pour écraser la dissidence
Face à la colère populaire croissante, le régime a déclenché une nouvelle vague de répression. Les forces de sécurité ont annoncé l’arrestation de 2 129 personnes à Téhéran, sous le prétexte habituel de réprimer les « voyous et les bandits ». Cette vaste opération est une tentative manifeste d’instiller la peur dans la population et de prévenir de nouveaux soulèvements. Faiz Jafari, officier du CGRI et commandant de la sécurité publique, a confirmé la répression, affirmant que 196 personnes avaient été « neutralisées » pour avoir résisté et que des armes avaient été saisies. Le régime utilise systématiquement de telles étiquettes et affirmations pour justifier l’arrestation arbitraire de militants politiques et de manifestants. Cette campagne coordonnée, amplifiée par les médias d’État, révèle la peur profonde de la théocratie envers son propre peuple et son recours à la force brute comme seule réponse à une nation exigeant le changement.
Les manifestations qui secouent l’Iran ne sont pas des incidents isolés de mécontentement. Elles sont les symptômes interconnectés d’un régime agonisant. La demande d’eau de l’enfant à Dena, la mobilisation du camionneur contre la corruption à Téhéran, la levée de boucliers nationale contre les exécutions et les arrestations massives dans la capitale s’inscrivent dans un même soulèvement populaire. Le peuple iranien manifeste.
Qu’ils voient au-delà des promesses creuses et des remaniements administratifs du régime. Leurs actions collectives montrent clairement que le problème ne réside pas dans une politique particulière, mais dans la théocratie illégitime dans son ensemble.

