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Date de l’exécution fixée pour un prisonnier iranien

Date de l’exécution fixée pour un prisonnier iranienPar Alison Langley

FRANCFORT, 30 mars (IPS) – Un groupe d’opposition iranien exilé dit avoir reçu des informations selon lesquelles un des sept prisonniers politiques détenus à la prison de Gohardacht a appris qu’il allait être exécuté en mai.

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), coalition basée à Paris regroupant des groupes dissidents, et Amnesty International, organisation de défense des droits humains située à Londres, pensent que cette exécution a été décidée par l’Iran pour se venger du fait que son dossier nucléaire a été renvoyé devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

Valiollah Feyz-Mahdavi, 28 ans, aurait été arrêté en 2001 et condamné à mort après avoir été accusé de moharebeh (guerre contre Dieu), terme souvent employé pour les personnes accusées de résistance armée contre l’Etat, a déclaré un responsable d’Amnesty International à Londres. Feyz-Mahdavi aurait été jugé par un tribunal révolutionnaire, mais n’a pas eu droit à un avocat, a-t-il ajouté.

Un haut responsable du CNRI à Paris a déclaré que son organisation à Téhéran avait été informée par Feyz-Mahdavi que sa sentence serait exécutée le 6 mai. Kate Willingham, une des responsables d’Amnesty International dit avoir reçu des informations selon lesquelles Feyz-Mahdavi allait être exécuté le 16 mai.

Feyz-Mahdavi est un des sept membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) qui est quant à lui le membre le plus important du CNRI. En août 2002, le CNRI a remis à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique des documents secrets indiquant que l’Iran poursuivait des programmes nucléaires clandestins.

Willingham a déclaré plus tôt ce mois-ci que selon elle, la mort imminente de Feyz-Mahdavi et l’exécution de février ont été décidées pour se venger du rôle du CNRI dans la livraison de ces documents à l’AIEA.

En février, Hodjat Zamani, membre de l’OMPI accusé d’avoir placé une bombe devant le tribunal révolutionnaire à Téhéran en 1998, a été pendu dans la prison de Gohardacht, située juste à la sortie de Téhéran.

Amnesty affirme que les sept prisonniers risquent d’être pendus par mesures de représailles en raison des révélations du CNRI.

En plus de Feyz-Mahdavi, Amnesty International pensent que les hommes suivants risquent également d’être exécutés : Saïd Masouri, membre de l’OMPI détenu en isolement cellulaire dans la prison d’Evine depuis 2004, Khaled Hardani, Farhang Pour Mansouri et Shahram Pour Mansouri, tous trois impliqués dans un détournement d’avion en 2001, Gholamhossein Kalbi, également membre de l’OMPI et Alireza Karami Khairabadi.

Le CNRI a remis à l’AIEA des documents détaillant le programme de 18 ans et de 10 milliards de dollars de Natanz, Arak et Ab-e-Ali. Les documents, preuves de l’existence d’un programme d’enrichissement d’uranium secret, indiquaient pour la première fois au monde que l’Iran travaillait sur un programme nucléaire.

En 2003, l’AIEA a confirmé l’existence d’un programme d’enrichissement d’uranium en Iran. Le gouvernement iranien affirme que son objectif est de produire de l’énergie nucléaire. Les responsables de l’AIEA s’inquiètent toutefois que le gouvernement tente aussi de développer des armes nucléaires.

Amnesty pense que le gouvernement iranien fait un lien entre l’OMPI et le conflit nucléaire. En raison de ce lien, d’après Willingham, les prisonniers  membres de l’OMPI disent avoir été informés qu’ils seraient exécutés si l’Iran était renvoyé devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies en raison de son programme nucléaire.

L’Iran a été renvoyé devant le Conseil de Sécurité plus tôt cette année. Ce dernier doit encore s’entendre sur la formulation d’une déclaration ou la condamnation du pays.

Aucun des sept prisonniers nommés par le CNRI et Amnesty International n’auraient joué un rôle dans l’affaire des documents secrets.

Les informations sur l’exécution de Feyz-Mahdavi proviennent de Shahine Gobadi, un membre exilé du CNRI à Paris. Feyz-Mahdavi a reçu une lettre l’informant que sa sentence serait exécutée le 6 mai, selon Gobadi. Feyz-Mahdavi a informé les membres du CNRI qu’il avait été aussi menacé de mort par Ali Mohammadi, responsable de la prison de Gohardacht, a ajouté Gobadi.

« Il est évident que le régime iranien est préoccupé par ce renvoi devant le Conseil de Sécurité », a déclaré Gobadi. « Ils s’en prennent au CNRI parce qu’ils ont divulgué au monde leur programme nucléaire. Mais gardez bien en tête que les exécutions en Iran ont lieu tout le temps. »

Le CNRI a consigné 21000 exécutions de prisonniers politiques par le régime iranien depuis son arrivée au pouvoir en 1981, selon Gobadi. Mais son organisation pense que le chiffre réel est beaucoup plus élevé, a-t-il ajouté.

(Le CNRI souhaite confirmer la date du 16 mai pour l’exécution, celle-ci ayant été mentionnée dans le communiqué de son secrétariat publié hier.)