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Des prisonniers iraniens entament une grève de la faim massive dans 58 prisons, marquant la 129e semaine de la campagne « des mardis contre les exécutions »

Des prisonniers iraniens entament une grève de la faim massive dans 58 prisons, marquant la 129e semaine de la campagne « des mardis contre les exécutions »
Janvier 2021 — Images de l’exercice militaire « Fajr 42 » à la prison du comté de Borujen, dans le centre de l’Iran.

Dans un acte de défi massif et coordonné contre le recours croissant de l’Iran à la peine de mort, des prisonniers politiques répartis dans 58 établissements pénitentiaires du pays ont entamé une grève de la faim conjointe le mardi 14 juillet 2026. Cette action marque la 129e semaine consécutive de la campagne « des mardis contre les exécutions », qui s’est désormais étendue aux détenus de la prison de Borujen, dans la province de Chaharmahal-et-Bakhtiari.

Cette grève de la faim survient dans un contexte que les militants qualifient de « vague effroyable » d’exécutions sous l’administration de Masoud Pezeshkian, incluant la récente pendaison d’une détenue dans la tristement célèbre prison d’Adelabad, à Shiraz.

Une augmentation « effroyable » de la peine capitale
Dans une déclaration percutante publiée mardi, les organisateurs de la campagne ont lancé un avertissement grave concernant l’accélération rapide des exécutions judiciaires par l’État, ciblant particulièrement les personnes arrêtées lors des manifestations nationales de décembre 2025.

« Dans le prolongement de ces exécutions et de la répression, nous assistons à des condamnations lourdes et à des exécutions de prisonniers, en particulier ceux détenus lors du soulèvement de janvier 2026 », indique le communiqué de la campagne.

Selon les organisateurs, l’ampleur des représailles judiciaires de l’État est sidérante : « Outre les dizaines de personnes déjà exécutées en lien avec le soulèvement, plus de 100 autres prisonniers politiques, dont les noms ont été rendus publics, se trouvent actuellement dans le couloir de la mort. Des condamnations à mort ont également été prononcées à l’encontre de 12 prisonniers liés à l’affaire dite de la « place Alikhani d’Ispahan » ».

Tensions croissantes et affrontements en prison
Le communiqué a également détaillé une série de répressions violentes survenues au sein de grandes prisons iraniennes au cours des dernières 48 heures.

Le dimanche 12 juillet 2026, les gardiens de la prison d’Evin auraient mené un raid violent dans le quartier des femmes politiques. L’assaut aurait été déclenché par des prisonnières protestant contre une surpopulation carcérale extrême. Par ailleurs, le lundi 13 juillet, à la prison de Ghezel Hesar, les détenus de l’unité 2 ont immédiatement entamé des mouvements de protestation et des grèves de la faim après le transfert soudain de six de leurs codétenus vers l’isolement — une mesure qui précède presque systématiquement une exécution imminente.

Une détermination inébranlable
Malgré les pressions systémiques, les sévices physiques et l’isolement, les organisateurs de la campagne ont souligné que leur détermination reste intacte après plus de deux ans de grèves hebdomadaires.

« Les prisonniers et les membres de la campagne « des mardis contre les exécutions » mènent des grèves et des actions de protestation sans interruption depuis 129 semaines, chaque mardi, pour dénoncer le crime perpétré quotidiennement par le régime dans les prisons… et ils n’ont jamais dévié de cette voie. »

La campagne s’est achevée par un appel urgent lancé à la communauté internationale et aux organisations de défense des droits humains, alertant sur des exécutions imminentes à Ghezel Hesar et exhortant le public à « se faire la voix des prisonniers condamnés à mort à la suite du soulèvement de décembre ».

L’ampleur du mouvement
Le mouvement de grève a pris une ampleur sans précédent, touchant 58 prisons à travers l’Iran, notamment celles d’Evin (quartiers des hommes et des femmes), de Ghezel Hesar, du Grand Téhéran, de Karaj, d’Adelabad (à Chiraz), de Zahedan, de Tabriz, d’Ourmia, de Sanandaj, ainsi que la prison de Broujen, qui a récemment rejoint le mouvement.

L’extension constante de ces grèves de la faim met en lumière un réseau de résistance hautement organisé au sein de certains des établissements les plus sécurisés du régime, témoignant de la détermination inébranlable du peuple iranien.