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Droit de réponse sur Libération

Libération, 11 juillet –  Votre journal a publié le 3 janvier 2007 un article intitulé « L’autre fanatisme iranien »,  sous la signature de M. Jean-Pierre Perrin. Ce texte met en cause l’Organisation des Moudjahidine du peuple [iranien, OMPI], dont je suis le représentant légal. C’est à ce titre que j’exerce le droit de réponse qui m’est ouvert  par l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881.

Cet article présente l’OMPI comme une organisation fanatique qui aurait participé au massacre des Kurdes. Malheureusement aucune des positions publiques de l’OMPI réfutant ces accusations n’ont été prises en compte, et  aucun contact en vue de les clarifier n’a été recherché avec les bureaux de l’OMPI ou du CNRI dont est membre cette organisation. En premier lieu, je tiens à rappeler que la Cour européenne de justice, dans sa décision du 12 décembre 32006, a admis que l’OMPI ne devait pas figurer sur la liste des organisations terroriste. D’autre part, la cour d’appel de Paris a levé l’ensemble des contrôles imposés aux membres de la résistance iranienne.

L’OMPI n’est pas un mouvement « fanatique » qui est « gouverné par la haine » de la république islamique. Ce mouvement a été fondé treize ans avant la formation de ce régime. La Cour européenne de justice a précisé dans son jugement que « l’OMPI, fondée en 1965, s’est donné pour but le remplacement du régime du chah d’Iran, puis celui des mollahs, par un régime démocratique ». La Cité d’Achraf, où vivent les Moudjahidine du peuple en Irak, n’est pas un lieu fermé. Les familles iraniennes et irakiennes fréquentent régulièrement ce lieu où les habitants correspondent également par courrier avec leurs proches. Des délégations parlementaires ou des citoyens européens sont allés librement à Achraf pour préparer des rapports d’étude ou pour visiter. L’ensemble de ces témoins peut attester qu’il n’y a eu aucun divorce forcé, aucun « réfectoire séparé », ni « stations-service distinctes », ou de « piscine » où l’on « se baigne tout habillés ».

Il est également frappant de constater que les accusations proférées par l’article de Libération reprennent la plupart des thèses utilisées par le gouvernement iranien pour répondre aux critiques politiques qui lui sont adressées par notre organisation.  En particulier, il doit être réaffirmé que l’OMPI n’a pris aucune part aux affaires intérieures irakienne et n’est intervenue à aucun titre dans les conflits qui divisent le peuple irakien, y compris contre les Kurdes Les plus hautes autorités Kurdes irakiennes ont témoigné officiellement dans ce sens. En juin 2006, plus de cinq millions d’Irakiens ont d’ailleurs manifesté leur soutien à la cause des Moudjahidine du peuple d’Iran. Ceux-ci luttent contre un régime dont une résolution récente de l’ONU a stigmatisé « le recours systématique à la torture et aux peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, tels que la flagellation et l’amputation ».  La même résolution a dénoncé « la persistance des exécutions publiques, y compris les exécutions collectives en public, de nombreuses autres exécutions au mépris des garanties internationalement reconnues et de condamnations à la lapidation ». Ces actes ne peuvent surprendre, compte tenus des dispositions de l’article 186 du code des châtiments islamiques du régime, toujours en vigueur et rédigé en ces termes : « Tout groupe ou association organisée qui déclenche une insurrection armée contre le  pouvoir islamique, tant que sa  direction subsiste, l’ensemble de ses membres et de ses sympathisants qui connaissent la position de ce groupe ou association et qui s’activent d’une manière ou d’une autre pour faire avancer efficacement ses objectifs sont considérés comme des personnes en guerre qu’ils soient dans la branche armée ou non ».

Mohammad Hossein Tutunchian