mercredi, février 1, 2023
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Des opposants iraniens libérés de l’interdiction « perverse » de Jack Straw

Par Christophe Booker

The Sunday Telegraph, 2 décembre – Dans une rue adjacente de Chancery Lane de Londres vendredi, 400 Iraniens ont célébré la victoire d’un procès qui a mis le gouvernement britannique dans un double embarras profond. Non seulement il s’est avéré que des ministres ont agi dans l’illégalité en mettant hors la loi le principal groupe d’opposition iranien, les Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI), comme organisation terroriste; mais ils doivent maintenant affronter les questions de fond de leurs collègues de l’UE sur la raison pour laquelle ils ont à deux reprises incité le Conseil européen à un acte de défi sans précédent, celui d’ignorer un jugement de la Cour européenne de Justice.

Par Christophe Booker

The Sunday Telegraph, 2 décembre – Dans une rue adjacente de la Chancery Lane de Londres vendredi, 400 Iraniens ont célébré la victoire d’un procès qui a mis le gouvernement britannique dans un double embarras profond. Non seulement il s’est avéré que des ministres ont agi dans l’illégalité en mettant hors la loi le principal groupe d’opposition iranien, les Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI), comme organisation terroriste; mais ils doivent maintenant affronter les questions de fond de leurs collègues de l’UE sur la raison pour laquelle ils ont à deux reprises incité le Conseil européen à un acte de défi sans précédent, celui d’ignorer un jugement de la Cour européenne de Justice.

Au coeur de cette histoire honteuse se trouve une des énigmes les plus embarrassantes de la politique contemporaine : pourquoi notre gouvernement a-t-il agi à plusieurs reprises en infraction à la loi, pour plaire au régime meurtrier de Téhéran, qui a pour l’essentiel armé les insurgés qui tuent les troupes britanniques en Irak et en Afghanistan ?

Ce conte obscur remonte à 2001 quand Jack Straw, alors ministre de l’Intérieur, a catalogué l’OMPI, aux cotés d’Al-Qaïda, d’organisation terroriste. Comme l’a reconnu Straw lui-même en 2006, il l’a fait "sur ordre du régime de Téhéran". L’OMPI fait partie du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), soutenu par des millions d’Iraniens qui veulent voir leur pays transformé en Etat démocratique, laïc, libéré de la tyrannie des mollahs et des escadrons de la mort des gardiens de la révolution, qui ont tué, mutilé ou pendu plus de 100.000 partisans du CNRI depuis 1979.

En 2002, à l’instigation des Britanniques, l’UE a ajouté l’OMPI à sa propre liste de groupes terroristes, une décision qui en décembre dernier a  finalement été jugée "illégale" par la Cour européenne de justice. De manière sans précédent, en janvier, de nouveau à l’instigation des Britanniques, le Conseil de l’Union européenne a consenti à défier le jugement de sa propre cour, une décision confirmée en juin dernier – bien que jusque là, le ministère des Affaires étrangères ait admis que les Gardiens de la révolution aidaient activement les insurgés à combattre les forces britanniques en Afghanistan et en Irak.

En août, 35 députés et Lords, menés par d’anciens ministres, notamment Lord Waddington, ancien ministre de l’Intérieur, ont demandé au Comité d’Appel des Organisations Proscrites (POAC), une branche de la Cour Suprême, de décider de l’illégalité de la proscription de l’OMPI. Leurs avocats ont fourni une manne de preuves pour montrer que l’OMPI n’était pas une organisation terroriste. Le ministère de l’Intérieur n’a pu produire aucune preuve, montrant qu’elle n’était rien d’autre qu’un mouvement non-violent faisant campagne pour la démocratie.

Vendredi, les trois juges se sont prononcés en faveur de l’OMPI, constatant que le ministère de l’Intérieur avait ignoré des faits importants, mal interprété la loi et avait pris une décision "perverse". Il a signifié au ministre de l’Intérieur de présenter un ordre au Parlement pour retirer l’OMPI de sa liste. Le représentant du ministère de l’Intérieur, Tom McNulty, a mollement répondu que le gouvernement ferait appel.

Le jugement accroît l’embarras de la Grande-Bretagne en Europe, où elle par deux fois avec succès incité l’UE à s’opposer au verdict de sa propre cour. En juin, quand la Grande-Bretagne a persuadé le Conseil de maintenir sa décision précédente, cela s’opposait aux voeux de plus d’un millier de politiciens de tous les partis à travers l’UE, y compris 234 parlementaires italiens et danois.

Le fait d’avoir montré que notre gouvernement a agi illégalement sur toute la ligne pour plaire à un régime qui se glorifie de pendre ses adversaires politiques en public, devrait persuader le reste de l’UE  de reconnaître finalement de quelle manière grotesque ils ont été induit en erreur par des ministres britanniques et d’annuler son action honteuse pour l’aligner sur le jugement robuste d’un tribunal britannique. Un bon jour pour la justice britannique, mais un jour qui laisse M. Straw et ses collègues avec des questions très gênantes à répondre.

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